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    Science

    Tsunami de 2004: un «électrochoc pour la communauté internationale»

    media Depuis le tsunami de 2004, des mesures de prévention ont été prises à travers toute la planète. Creative commons/debaird

    C'était il y a dix ans : une catastrophe naturelle qui allait, des semaines durant, sidérer le monde. Un séisme au large de Sumatra, le tsunami, la désolation après le passage de la vague meurtrière de 17 mètres. Une décennie après, François Schindelé, responsable du centre d’alerte tsunami en Méditerranée et en Atlantique (Cenalt), répond pour RFI aux questions que l'on se pose sur les enseignements de cette catastrophe.

    RFI : Qu'est-ce que ce grand tsunami a changé pour la prévention ?

    François Schindelé : Le tsunami catastrophique de 2004 a été finalement l'électrochoc pour la communauté internationale. Les Nations unies se sont mobilisées immédiatement pour mettre en place des systèmes d’alerte. Ils ont installé des systèmes de surveillance, des réseaux de mesure du niveau de la mer. Dès avril 2005, un système provisoire était déjà en place dans l’océan Indien, géré par les centres d’alerte au tsunami du Pacifique d’Hawaï et du Japon, qui existaient depuis les années 60. Les Etats membres de l’océan Indien avaient déjà nommé ce qu’on appelle des points focaux pour recevoir les messages d’alerte en cas d’évènements.

    Depuis, il y a eu plusieurs cas d’alerte au tsunami. On se souvient de ce qui s’est passé au Japon, également sur les côtes de l’Amérique latine. Il y a plusieurs configurations et justement dans quels cas, cette prévention est-elle plus efficace ?

    Il y a plusieurs facteurs qu’il faut prendre en compte. D’une part, les caractéristiques du séisme, il faut des séismes de magnitude importante. La prévention est finalement assez facile en champ lointain, à plusieurs milliers de kilomètres de l’épicentre, parce qu’on a le temps de vérifier si un tsunami se propage, et quel pourrait être l’impact sur les différentes côtes. Les systèmes ont surtout été mis en place pour détecter et prévenir en champ lointain. Par contre dans la région de l’épicentre, c’est plus compliqué et c’est finalement le séisme en tant que tel qui est le précurseur du tsunami. Dès que des personnes ressentent un fort tremblement de terre, elles doivent s’éloigner immédiatement du rivage.

    Sans refaire l’histoire avec ce qu’il s’est passé il y a dix ans, aujourd’hui, quels rivages pourraient être davantage épargnés ?

    Aujourd’hui, des systèmes ont été mis en place dans tous les bassins portant un risque. Dans l’océan Indien, il y a plusieurs centres. En Australie, en Inde et en Indonésie, on a mis en place des centres qui préviennent tous les Etats membres de la région. Certains, comme la Thaïlande, le Sri Lanka, l’Inde seraient prévenus environ une heure maximum après le tremblement de terre. Mais cela est également le cas en Méditerranée, où justement le centre français surveille la Méditerranée occidentale et l’Atlantique nord-est. La Grèce et la Turquie ont en outre mis en place des centres pour surveiller la Méditerranée orientale, la mer Noire, la mer de Marmara et la mer Egée.

    La plupart des bassins sont donc maintenant surveillés par des centres d’alertes. Il y a également les Caraïbes qui sont surveillées toujours par le centre d’Hawaï des Etats-Unis. Donc la plupart des pays seraient prévenus en cas d’un évènement majeur qui pourrait impacter leurs côtes.

    Y a-t-il eu des exercices de prévention, des simulations d’évacuation massives ?

    Justement, dans tous ces différents bassins, tous les deux à trois ans, il y a au moins un exercice organisé. En Méditerranée par exemple, il y a eu un en 2012 et en 2014, et dans les Caraïbes à ce jour, il y a un exercice tous les ans, organisé au mois de mars, pour que justement tous les Etats membres - les pouvoirs publics, mais également la population - soient sensibilisés au fait qu’un tsunami peut toujours impacter n’importe quand le long de leurs côtes.

    Malgré tout, peut-on dire que tous les riverains des côtes sont égaux devant le risque ?

    D’une part la population n’est pas forcément consciente du risque tsunami. Pour en revenir sur la Méditerranée, on ne s’attend pas à des vagues énormes le long des côtes françaises. Ce seront par exemple des vagues de 50 cm, 1 m, peut-être 2 m maximum, mais il faut savoir que ces vagues peuvent emporter tout sur leur passage, sur les plages, dans les ports, etc.

    Donc le risque est très différent suivant les côtes, si elles sont proches des épicentres, proches de grands séismes ou non. Il faut continuer cette sensibilisation parce que tous les bassins peuvent être impactés par ce type de vague et tous les bassins ne sont pas équipés de façon similaire, il est vrai. Certains Etats membres ont beaucoup investi beaucoup. À nouveau, la France, qui est présente dans tous les bassins, a investi dans l’océan Indien, dans les Caraïbes, en Méditerranée, ou encore dans le Pacifique, où le système est le plus ancien. Il vit là-bas depuis une cinquantaine d’années, mais ce travail doit continuer sur le long terme.

    Et justement dans ce cadre, les commémorations comme celle de ce vendredi, peuvent avoir un véritable rôle pédagogique ?

    Il faut toujours reprendre en compte ce qu’il s’est passé par le passé pour resensibiliser, avoir un rôle pédagogique pour ne pas oublier ces évènements majeurs et pour éviter toutes nouvelles catastrophes importantes.

    A-t-on eu assez de moyens financiers pour cette prévention ?

    Il peut toujours avoir des investissements complémentaires. La Méditerranée par exemple, n’est pas équipée à ce jour de capteurs sous-marins au large, qui permettraient de détecter très rapidement les tsunamis, ce qu’on appelle des tsunamimètres. Et d’autres endroits dans le monde, par exemple au large de Java et de Sumatra pourraient être encore équipés de ce type de capteurs. Les Etats membres doivent aussi encore investir dans l’aspect alerte descendante, c'est-à-dire que toute l’alerte pour prévenir la population sur place, par des moyens : des sirènes, des panneaux signalisateurs, une cybernalisation adaptée, etc qui nécessite encore des investissements sur le long terme.

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