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Conférence climat COP21: seulement 33 pays annoncent leur contribution

media «Paris Climat 2015: Make it work» est un projet mené par les étudiants français de Science Po. www.cop21makeitwork.com

A la conférence de Lima sur le climat, les parties - pays ou groupes de pays - s’étaient engagées à produire leurs propres contributions nationales à la lutte contre le changement climatique avant le 31 mars 2015, pour avancer sur la construction de l’accord climat qui remplacera le protocole de Kyoto. Seule une minorité l’a effectivement fait.

1ère étape des contributions nationales

Pour préparer la Conférence Paris Climat 2015 (COP 21) qui devrait déboucher sur un accord contraignant visant à maintenir le réchauffement global de la planète sous les 2°C d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, les membres de la Convention de l’ONU sur le climat se sont engagées à préciser et quantifier leurs efforts et objectifs en matière de réduction d’émission de gaz à effet de serre pour après 2020.
Cette étape doit permettre de faire un bilan, qui permettra d’évaluer le fossé existant entre la réalité et les objectifs, et donc de produire un accord en phase avec ces mêmes objectifs.

Quelques « bons élèves »

Pour les pays industrialisés, la date butoir était le 31 mars. Sur les 195 pays ou parties de la convention climat, seuls 33 ont à ce jour annoncé leur contribution en temps et en heure.

Parmi les bons élèves : la Suisse, l’Union européenne, la Norvège et le Mexique. Les Etats-Unis (2e plus gros émetteur derrière la Chine) et la Russie (5e derrière l’Union européenne et l’Inde) l’ont communiquée mardi in extremis. En revanche, des pays très émetteurs de gaz à effet de serre, comme la Chine (plus de 25% des émissions), le Japon, le Brésil, le Canada et l’Australie, n’ont pas respecté l’échéance.

Un exercice difficile

L’annonce d’un objectif climatique par les pays implique notamment de prévoir la transition énergétique vers des énergies non émettrices de CO2. C’est une démarche complexe qui nécessite un exercice de prospective économique et technologique, que les pays doivent planifier en termes de coûts et d’investissements. Et tous n’ont pas ces capacités, raison pour laquelle les pays en développement ou émergents bénéficient d’un délai jusqu’en juin prochain.

Qui fait quoi

L’Union européenne (12% des émissions) a été la première à annoncer ses contributions début mars : une baisse de 40% des gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990, en s’engageant au niveau domestique. La Norvège a pris des engagements similaires sans toutefois quantifier l’effort domestique.

La Suisse vise 50% de réduction des émissions d’ici 2030.

La Russie annonce une réduction de 25 à 30% de ses émissions par rapport à 1990, en s’appuyant principalement sur la gestion des forêts (25% des ressources forestières mondiales, dont 70% de forêts boréales) avec un certain flou sur la comptabilité des émissions.

Pour les Etats-Unis, la contribution reprend l’annonce faite en novembre dernier lors de l’accord avec la Chine : une réduction de 26 à 28% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2025 par rapport à 2005.

Quant au Mexique (,4% des émissions mondiales), premier pays émergent à faire son annonce, il vise un pic d’émission à 2026 et une réduction de 22% des gaz à effet de serre et des polluants à vie courte d’ici 2030 basée sur l’évolution actuelle.

Un premier bilan insuffisant

Selon le Groupe intergouvernemental des experts sur l’évolution du climat (Giec), les émissions de gaz à effet de serre n’ont pas cessé d’augmenter alors qu’elles devraient être réduites de 40% à 70% d’ici 2050 pour contenir l’augmentation de température au-dessous des 2°C d’ici la fin du siècle. Les contributions annoncées, qui représentent environ un tiers des émissions mondiales, ne sont donc pas à la hauteur des besoins.

Pour l’ONG Réseau Action Climat, ce retard dans les annonces de contribution plombe l’ensemble du processus en prévision de la COP21 car « plus les pays prennent du retard, moins ils seront incités à comparer leurs engagements avec d’autres et donc à les rehausser ». Pour WWF, « les contributions nationales communiquées par les pays développés sur leurs niveaux d’équité et d’ambition sont insuffisantes ».

Des difficultés d’évaluation

On constate que les déclarations au 31 mars sont donc non seulement insuffisantes, mais disparates : les années de référence et les moyens de réduction, comme l’évaluation et la quantification, varient suivant les annonces des pays. Les travaux préparatoires de la COP21 devront donc trouver un dénominateur commun et construire une grille d’évaluation équitable. Or, plus les contributions tardent à être annoncées, plus le délai se restreint, rendant cette construction compliquée.

Une seconde chance

Alors que la prochaine échéance pour les annonces de contributions nationales, à la fin du premier semestre, concernait à l’origine seulement les pays en développement, les annonces des grands pays que sont la Chine, l’Australie, l’Inde, le Japon et le Brésil, sont maintenant attendues pour cette même date, au deuxième round de négociations pré-COP, à Bonn (Allemagne), du 1er au 11 juin 2015.
Mais d’ici-là, les annonces pourraient se succéder plus rapidement, et le 1er avril 2015, le secrétariat de la Convention de l’ONU sur le changement du climat salue le Gabon, le premier pays africain à transmettre son nouveau plan d’action climatique.

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