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    Science

    Egalité homme-femme: mieux vaut que maman travaille!

    media Les filles dont les mères travaillent accèdent en général mieux à l'emploi, ont de meilleurs salaires et plus souvent des postes à responsabilité que celles de mères au foyer, selon une étude de la Harvard School Business, rendue publique en mai 2015. Getty Images / Mlenny

    Les filles dont les mères travaillent ont plus de chances, en général, d’avoir un emploi, d’occuper un poste à responsabilité et d’avoir un meilleur salaire que les filles de mères au foyer. Les garçons des « working moms », eux, seront souvent plus attentifs à leur famille et participeront plus aux tâches ménagères, selon une étude de la Harvard Business School, réalisée grâce aux données statistiques de 24 pays développés. La professeur Kathleen McGinn, l’une des auteurs, espère que les résultats de l’étude aideront à respecter et valoriser les choix de chacun, femmes et hommes, au travail comme au foyer.

    « Cela ne devrait pas être surprenant pour la plupart des gens qu’une fille qui a vu sa mère travailler fasse de même, mieux encore et que cela soit normal pour elle d’accéder à des postes à responsabilités. Mais ce n’est pas toujours le cas. Cette étude est importante par rapport aux discours visant à culpabiliser les mères qui travaillent. Elle prouve que les mères qui travaillent ne blessent pas leurs enfants », explique la professeur Kathleen McGinn de la Harvard Business School, auteur de l’étude « Mums the Word! Cross-national Effects of Maternal Employment on Gender Inequalities at Work and at Home » (Les effets transnationaux de l’emploi maternel sur les inégalités de genre au travail et au foyer), rendue publique en mai 2015, cosignée par les chercheuses Mayra Ruiz Castro de la même école et Elizabeth Long Lingo du Worcester Polytechnic Institute.

    Au contraire, les filles qui ont pour modèle une mère travaillant, même à temps partiel, ont 4,5 % de chances de plus d’exercer un emploi à l’âge adulte que les filles élevées par des mères au foyer. Ces dernières sont 25 % à accéder à des postes à responsabilité tandis que les filles des « working moms » sont 33 % à y parvenir. Aussi, les filles de femmes actives gagnent sensiblement plus que les autres. Les mères qui travaillent favorisent ainsi par leur action, et souvent sans le savoir, l’autonomie future de leurs filles, leur engagement dans la société... et donc une société plus égalitaire. « Les parents sont des modèles très importants. Une précédente étude montrait que les filles travaillaient à peu près le même nombre d’heures que leurs mères ou les amies de leurs mères », souligne Kathleen McGinn.

    Les enfants reproduiraient souvent le modèle parental. Mais « l’essentiel est de se sentir à l’aise avec les choix que l’on fait pour sa propre vie. Si une femme veut être mère au foyer, qu’elle ne croit pas qu’elle ampute forcément les chances de carrière professionnelle de sa fille. Il faudra juste qu’elle lui présente des femmes qui ne sont pas dans des rôles traditionnels, qui travaillent, que sa fille puisse avoir le spectre le plus large possible de choix de vie sous les yeux, afin de faire le sien en connaissance de cause, et non parce qu’elle se sent obligée, tenue de jouer tel ou tel rôle », ajoute la professeur.

    Des hommes plus investis au foyer

    Si l’étude porte uniquement sur l’impact du travail des mères sur les devenirs des enfants, c’est parce qu’il n’existe pas de données statistiques concernant les pères et leur investissement au foyer (des modèles dits « non-traditionnels »). Mais la gente masculine n’est pas en reste. Ainsi l’analyse de données récoltées sur dix ans (de 2002 à 2012), dans 24 pays développés, dont une quinzaine d’Europe de l’Ouest, démontre que les garçons élevés par des mères actives, une fois adultes et pères, s’occupent plus des membres de leur famille et participent plus aux tâches ménagères. « Sûrement parce que les femmes qui travaillent veulent que leurs enfants s’investissent plus à la maison, les aident plus que ne le font ceux des femmes aux foyers. Mais ça, notre étude ne l’établit pas », précise Kathleen McGinn.

    Corinne Fortier, anthropologue française spécialiste des questions de genre au Collège de France, douche vite l’enthousiasme qui pourrait naître quant au partage égalitaire des tâches ménagères. « Même si le garçon a aidé sa mère lorsqu’elle travaillait, et même s’il va, homme, partager les tâches ménagères avec sa compagne qui souvent travaille aussi et n’a pas tout son temps pour les tâches ménagères, les enquêtes montrent que les hommes passent toujours beaucoup moins d’heures que les femmes à ces travaux domestiques », assure l'universitaire. « Cela évolue doucement. Il faudra encore plusieurs générations pour que les hommes et les femmes soient égaux face à ça ! Et il en va de même pour l’éducation des enfants, à l’exception des pays du nord de l’Europe. La faute est partagée. Les hommes doivent occuper ces espaces, et les femmes leur laisser la place », préconise-t-elle.

    Les pays du nord de l’Europe à la pointe

    Les fils des « working moms » ne font pas obligatoirement de meilleures carrières que les autres. L’activité professionnelle des mères n’a presque pas d’incidence sur celles de leurs fils plus tard. « Ce que l’on attend traditionnellement des hommes dans la plupart des cultures européennes, c’est qu’ils ramènent de l’argent au foyer, et donc travaillent », commente Corinne Fortier.

    Kathleen McGinn et ses consœurs ont classé les 24 pays dont les données ont été étudiées selon leur degré d’ouverture par rapport aux rôles traditionnels des femmes et des hommes. La Russie, le Chili et le Mexique sont les pays les plus conservateurs. Les Etats-Unis stagnent dans leur avancée pour l’égalité homme-femme. Et les pays du nord de l’Europe, la Norvège, la Suède, sont considérés les plus libéraux et les plus engagés, tout comme la France.

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