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    Science

    Apollo - Soyouz: quarante ans après, qu’en reste-t-il ?

    media Image de synthèse représentant la capsule soviétique Soyouz rencontrant la capsule américaine Apollo, en juillet 1975. NASA / AFP

    Le 17 juillet 1975, une poignée de main a eu un retentissement planétaire. Dans l’espace, à 225 kilomètres au-dessus de nous, le Soviétique Alexei Leonov et l’Américain Thomas Stafford se saluaient à l’occasion de la première mission de coopération entre les deux blocs, marquant ainsi la Détente.

    Après des années d’affrontement dans la course à la Lune, les Américains et les Russes s’apprêtent à lancer une mission commune, inimaginable quelques années auparavant. Nous sommes en octobre 1970, à Moscou.

    Des représentants de la Nasa et de l’agence spatiale russe se réunissent pour évoquer pour la première fois la possibilité d’une mission spatiale conjointe. L’objectif est de mettre au point un dispositif d’arrimage et de désarrimage des vaisseaux Apollo et Soyouz en orbite, afin de faciliter des opérations de sauvetage et de tester la capacité des cosmonautes et astronautes à réaliser des transferts inter-véhiculaires.

    Il faudra néanmoins attendre presque deux ans, en mai 1972, pour que le président américain Richard Nixon et le président du conseil des ministres soviétique Alexeï Kossyguine n’apportent leur accord définitif. La mission est alors prévue pour juillet 1975.

    Un ballet diplomatique

    250 millions de dollars de budget sont prévus et la préparation va connaître quelques-unes des plus belles joutes diplomatiques de l’histoire. Dès 1973, des cosmonautes russes se familiarisent à l’anglais ainsi qu’aux méthodes de travail américaines, au Johnson Space Center de Houston. Des astronautes de la Nasa font de même, mais à la Cité des étoiles de Moscou.

    Trois années de développement et de préparation sont nécessaires. En effet, les deux vaisseaux sont très différents dans leur conception et de nombreux ajustements sont à développer. Ainsi, les systèmes d’arrimages russe et américain sont très différents : il faut donc en développer un nouveau. Celui-ci doit originellement comporter une partie “mâle” et une partie “femelle”. Mais ces termes sont forcément exclus : quelle nation sera la “mâle” et l’autre la “femelle” ?

    On décide alors de développer un système hermaphrodite de colliers d’arrimage possédant les deux caractéristiques. De la même façon, si les Américains sont plutôt enclins à réaliser un transfert important de technologies, ils vont se buter aux réticences russes : le programme spatial soviétique est alors très lié au programme militaire.

    Liés pour 24 heures

    Puis vient enfin le 15 juillet 1975. A 05h20 (heure locale), la fusée R3 décolle du port spatial de Baïkonour avec à son bord le vaisseau Soyouz 19 et deux cosmonautes : Alexei Leonov et Valery Kubashov. 7 h 20 plus tard, à 03h50 (heure locale), c’est une fusée Saturn 1B qui décolle du Kennedy Space center en Floride, avec Apollo 18, et trois astronautes : Thomas Stafford, Donald Slayton et Vance De Voe Brand. Les deux lancements sont retransmis dans le monde entier.

    Placés en orbite à 225 kilomètres d’altitude, les deux vaisseaux mettent deux jours d’un ballet orbital pour se mettre en position correcte. Le 17 juillet à 12h09, l’arrimage est réussi, l’événement est diffusé en direct à la télévision. Entre les deux équipages, toutes les communications se sont faites dans la langue de l’auditeur, c’est-à-dire que les Américains s’adressaient en russe à l’équipage soviétique et inversement.

    Les écoutilles s’ouvrent alors, et s’en suivra l’une des poignées de mains les plus célèbres entre Leonov et Stafford à l’issue de laquelle les deux équipages recevront les félicitations de Leonid Brejnev et de Gerarld Ford, devenu président des Etats-Unis.

    Les deux vaisseaux vont rester ainsi arrimés durant 24 heures, les 5 membres des deux équipages se mêlant pour réaliser des expériences scientifiques en commun. Puis ils se séparent, restent chacun quelques jours supplémentaires en orbite, faisant des expériences de leur côté, et retournent sur Terre, où ils sont accueillis comme des héros.

    En pleine guerre froide, le succès de cette mission est retentissant. Techniquement tout d’abord : c’est depuis Apollo-Soyouz que les systèmes d’arrimage orbitaux sont devenus universels. Mais l’impact est avant tout politique : premier signe de la Détente, les Russes et les Américains viennent de montrer au monde qu’ils pouvaient travailler ensemble.

    Et maintenant ?

    40 ans plus tard, qu’en reste-t-il ? Apollo n’a plus jamais revolé. Il a fallu attendre six ans et la fin du développement de la navette pour revoir des Américains dans l’espace. Soyouz, lui, vole toujours, il embarque même régulièrement des astronautes américains à destination de la Station spatiale internationale depuis l’arrêt, justement, du programme américain de navette spatiale.

    Ensuite, c'est seulement en 1996 que ce type d’expérience s'est renouvelé, avec la visite de la navette à la station russe Mir. Depuis, les deux pays continuent à collaborer au sein de la Station spatiale internationale dont ils sont les deux principaux contributeurs.

    Malgré les tensions géopolitiques actuelles liées notamment à la crise ukrainienne, les Russes et les Américains ont annoncé qu’ils souhaitaient prolonger ce programme jusqu’en 2024. Alexei Leonov et Thomas Stafford, eux, le confient bien volontiers : ils sont depuis 40 ans maintenant les meilleurs amis du monde.

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