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    Science

    Pourquoi il faut faire des salades de la laitue spatiale

    media La laitue romaine rouge qui a fini dans l’estomac des trois astronautes. Nasa

    La Nasa s’en vante : c’est une petite bouchée pour l’homme mais une pousse de géant pour l’humanité. Pour la première fois, trois astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS) ont mangé de la laitue cultivée sur place, dans l’espace. Présenté ainsi, cela semble anodin, mais c’est en fait très intéressant dans l’optique de futurs voyages lointains.

    Vue comme ça, c’est une simple laitue romaine rouge, semblable à celle que l’on trouve sur tous les étals de marchés. Pourtant, VEG-02, de son nom de code, est la première asteraceae à avoir été cultivée et mangée dans l’espace. L’événement, a priori anodin, a pourtant été retransmis sur le site internet de la Nasa, où les visiteurs ont pu regarder en direct les Américains Scott Kelly et Kjell Lindgren, ainsi que le Japonais Kimiya Yui, goûter le premier légume spatial.

    Pourquoi tant d’emballement pour une vulgaire feuille verte ? Parce qu'il marque un jalon important dans ce que l’Agence spatiale américaine appelle son « Journey to Mars », son voyage vers Mars. Une telle mission, prévue à l’horizon 2030, durera au minimum un an, probablement le double. Compliqué, dans ces circonstances, de prévoir suffisamment de nourriture pour un si long périple. Il faut donc que les astronautes soient capables de faire pousser eux-mêmes ce qu’ils mangeront.

    Pousser sans gravité

    Déjà, sur Terre, pour qui n’a pas la main verte, réussir à faire sortir quelque chose du sol nécessite du travail. Dans l’espace, c’est forcément encore plus compliqué. Bien sûr, dans l’ISS, il n’y a ni insectes ni parasites susceptibles de réduire à néant vos efforts. Mais il n’y a pas non plus ni gravité, ni lumière naturelle. Il a donc fallu mettre au point un système expérimental à même d’être utilisé à 400 kilomètres d’altitude. Celui-ci, de la taille d’une valise, s’ouvre par l’arrière pour le transformer en serre. Equipée de LED dont la lumière est précisément réglée, elle comprend des sacs de terreau enrichi d’engrais. C’est à l’intérieur de ceux-ci que les astronautes ont semé les graines de salades.

    Un concept de la Nasa représentant une serre installée sur le sol de Mars. Nasa

    L’arrosage a également nécessité toute une mécanique complexe : en impesanteur, impossible d’utiliser un arrosoir classique, l’eau ne se verserait pas ou flotterait au beau milieu de tout le monde. C’est pour cette raison qu’un système d’irrigation a été mis au point.

    Le système avait été rodé auparavant, comme son nom l’indique VEG-02 n’est que le deuxième plant de salade spatial. Son aîné, VEG-01, avait été renvoyé sur Terre pour études et s’assurer qu’il était bien comestible. De même, d’autres tentatives de pousses ont déjà eu lieu dans l’espace. Entre 2002 et 2011, la Russie avait étudié dans une sorte de serre la croissance de différents types de plantes, dont des pois. La Nasa et son homologue européenne, l’ESA, avaient étudié la culture de l’arabette des dames.

    Choux-fleurs martiens et petit pois de l’espace

    L’enjeu est en effet important. En dehors du réconfort moral pour le personnel à bord de la Station – c’est toujours plus agréable de manger des légumes frais plutôt que le contenu de sachets lyophilisés – c’est également une question d’argent. Ravitailler l’ISS coûte cher : chaque kilogramme envoyé à bord revient à plusieurs milliers d’euros. On comprend dès lors l’intérêt de produire sur place une partie de la nourriture.

    Cette pratique va prendre de plus en plus d’importance lorsque l’on quittera l’orbite basse de la Terre. Le problème de la nourriture sera de plus en plus prégnant à mesure que l’on se rapprochera et que l’on restera sur la Lune, puis Mars. Les végétaux, de manière générale, auront leur rôle à jouer dans le futur de la conquête spatiale : de grandes plantations pourraient ainsi participer, par exemple, au renouvellement de l’atmosphère d’un vaisseau spatial, ou d’une future colonie.

    Et notre laitue dans tout ça ? Assaisonnée d’une vinaigrette, Scott Kelly, Kjell Lindgren et Kimya Yui l’ont trouvée très bonne.

    Vidéo de la dégustation (source : Nasa)

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