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Nos forêts victimes du réchauffement climatique

media Une forêt finlandaise. Getty Images/Simon Bates

Dans un numéro spécial paru vendredi 21 août 2015, la revue scientifique Science évoque les conséquences de l’activité humaine sur les forêts. Face au réchauffement climatique qui s’accélère, les terres boisées ont bien du mal à suivre le rythme.

Elles représentent près d’un tiers des terres émergées. Tropicales, tempérées, artificielles ou boréales, les forêts sont capitales pour la santé de notre planète. Selon le ministère français de l’Ecologie et du Développement durable, un palissandre vieux de 30 ans stocke 5,4 tonnes de CO2, soit l’équivalent d’un vol de 600 kilomètres en Airbus A320. Et pourtant, les scientifiques qui ont participé à ce numéro de Science s’accordent à dire que si les forêts sont aujourd’hui altérées, l’homme en est le principal responsable.

Une déforestation à vive allure

Petit à petit, l’exploitation forestière grignote la surface des forêts. Selon Simon Lewis (University College of London), l’un des auteurs de ce numéro de Science, 100 millions d’hectares de forêts tropicales ont été transformés en surface agricole entre 1980 et 2012. D’après le scientifique, moins d’un quart de ces forêts tropicales est aujourd’hui intact. « Les trois autres quarts ont été soit transformés en exploitations agricoles, en particulier pour l’huile de palme et le soja, soit elles ont été dégradées. Dans ce dernier cas, les forêts sont toujours présentes, mais une bonne partie des arbres ont été coupés pour l’exploitation forestière », analyse Jérôme Chave, chercheur au CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

Ces changements ne sont pas sans conséquence. Plus les forêts tropicales grandissent, plus elles absorbent du dioxyde de carbone. A l’inverse, les parcelles détruites relâchent le CO2 qu’elles contenaient. « La déforestation a eu et continue d’avoir des impacts sur les émissions de carbone dans l’atmosphère », relève Jérôme Chave. « Aujourd’hui, cela contribue entre 10 % et 20 % des gaz à effet de serre », ajoute le chercheur. A terme, les auteurs de l’étude publiée dans Science estiment que le réchauffement climatique contraindra les terres boisées à « s’adapter, se déplacer, ou mourir ».

La sécheresse, ennemie n°1 des forêts tempérées

En Europe et en Amérique du Nord aussi, le couvert sylvestre souffre, selon les coauteurs de ce numéro de Science. Pour les forêts tempérées, le réchauffement climatique est éprouvant. Durant l’été 2015, la sécheresse a été responsable de violents incendies en Californie. Fin juillet dans le sud-ouest de la France, les flammes ont ravagé plus de 600 hectares de la forêt des Landes. « Si les immenses feux se multiplient à l’avenir, les risques de voir repousser de nouveaux types de forêts ou de la végétation qui ne soit pas forestière vont s’accélérer », écrivent Constance Millar, de l’office américain des forêts et Nathan Stephenson, écologiste.

A l’avenir, la sécheresse pourrait également inverser le rôle que jouent les forêts en matière d’absorption du dioxyde de carbone. Une situation déjà vécue par la France, lors de la canicule de l’été 2003. « A cette époque, les forêts de France sont devenues des sources de CO2 », explique Paul Leadley, professeur d’écologie à Paris. Pour ce scientifique qui travaille sur les impacts du réchauffement climatique sur les écosystèmes terrestres, si les températures ressenties il y a 12 ans devenaient plus fréquentes, ce scénario pourrait se généraliser. « A ce moment-là, il est évident que les forêts ne seraient plus des puits de CO2 mais bien des sources de CO2 ».

Les hommes dépendent pourtant des forêts. Amazonie, Afrique, Asie... Elles sont considérées comme les poumons de notre planète. Et selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), elles sont « à la base de la subsistance d’un milliard de personnes ». Un enjeu de taille, qui devrait se retrouver au cœur des négociations climatiques de la COP 21, prévue à Paris en décembre 2015. En attendant, les scientifiques préconisent d'établir un suivi des terres boisées les plus vulnérables. Ils encouragent aussi les Etats à mener une politique globale de gestion des forêts.

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