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    Science

    La Nasa affirme avoir découvert de l’eau liquide sur Mars

    media Sur cette image de la Nasa on peut voir des traces d'écoulement sur des terrains en pente, qui peuvent faire jusqu'à quelques centaines de mètres de long sur cinq mètres de large. NASA/JPL/University of Arizona

    L’Agence spatiale américaine a l’art de susciter la curiosité. En annonçant sur le réseau social Twitter qu’elle ferait une annonce importante au sujet de la planète rouge, elle a alimenté toutes les spéculations. La réponse a été donnée ce lundi dans un article paru dans la revue Nature Geoscience : il y a aujourd’hui, de l’eau liquide à la surface de Mars.

    Elle prend la forme de coulées de saumures le long des cratères et canyons martiens. Ces coulées sombres étaient connues depuis quelques années déjà, elles allaient et venaient au rythme des saisons, sans qu’on n’en comprenne bien la cause. Un « mystère martien » enfin résolu, c’est de l’eau qui humidifie un substrat fait de chlorate et perchlorate de magnésium et de perchlorate de sodium. En somme, celui-ci s’assombrit, ce qui trahit la présence d’eau liquide, un peu à la manière d’une dalle de béton qui serait arrosée.

    Un indice de vie ?

    On savait déjà qu’il y avait de l’eau à la surface martienne, mais sous forme de glace, au niveau des pôles. La présence d’eau liquide, si elle était envisagée, est une réelle découverte. Dès lors, peut-elle être source de vie ? A priori, non. Ces saumures de chlorates ne seraient pas viables pour des organismes, en fonction de ce que l’on sait de la biologie terrestre. Même si celle-ci ne cesse de nous surprendre par son adaptabilité, et notamment ce qu’on appelle les extrêmophiles, des organismes qui, comme leur nom l’indique, survivent dans des endroits tellement hostiles que les scientifiques ne comprennent pas toujours comment.

    Cependant, il faut bien que cette eau vienne de quelque part. Il y a là deux possibilités : en haut ou en bas. L’atmosphère martienne est trop sèche et aride pour être à l’origine de cette eau, quoique la composition exacte de la basse atmosphère martienne doit encore être précisée. Un phénomène aussi simple que la rosée du matin n’est donc pas à exclure. Mais l’hypothèse la plus probable, c’est celle du sol.

    On a de fortes raisons de penser que dans son passé, Mars a été très humide, avec des océans et des fleuves. Aujourd’hui, cette eau s’est soit évaporée dans l’espace ou s’est transformée en glace au niveau des pôles. Il n’est cependant pas inenvisageable que le sous-sol martien renferme toujours des poches d’eau souterraine, un peu à la manière des nappes phréatiques terrestres.

    Des observations à affiner

    Il s’agit là d’autant de pistes à aller explorer. Le rover Curiosity de la Nasa se trouve aujourd’hui dans ce qu’on appelle le cratère Gale, non loin de l’une de ces coulées. Malheureusement, il n’a pas été suffisamment stérilisé : la Nasa craint qu’il n’ait pu embarquer avec lui des microbes terrestres qui pourraient contaminer le site. Se pose donc la question de l’opportunité de le dévier de sa route pour aller y voir d’un peu plus près. « Le sujet fait encore l’objet de discussions », explique Catharine Conley, qui est défenseur planétaire à la Nasa. Son travail consiste à s’assurer que les objets envoyés depuis la Terre sur d’autres mondes ne les contaminent pas.

    Il y a enfin la prochaine mission de l’Agence spatiale européenne à destination de la planète rouge. Nommée ExoMars, elle enverra un rover équipée d’une foreuse de deux mètres de long à la surface martienne. Lancement prévu en 2018.

    Sur cette image prise en janvier 2011, les scientifiques avaient déjà observé des lignes qui apparaissent seulement pendant les saisons chaudes, s'allongent puis disparaissent quand les températures chutent. REUTERS/NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

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