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    Science

    Rosetta découvre de l’oxygène dans l’atmosphère de Chury

    media Première image panoramique de la comète «Chury». ESA/Rosetta/Philae/CIVA

    La sonde européenne Rosetta, qui orbite autour de la comète 67P - Tchourioumov Guérassimenko, ou Chury, a découvert de l'oxygène dans son atmosphère. Une découverte publiée ce jeudi 29 octobre dans la revue Nature.

    L'oxygène détecté par l’instrument Rosina de Rosetta se trouve sous une forme bien précise : du dioxygène. Il s’agit d’une molécule composée de deux atomes d’oxygène liés ensemble. Une molécule que l’on trouve aussi dans l’atmosphère terrestre.

    Le dioxygène n’est cependant pas très stable. Un rayon de lumière énergétique peut le briser en deux atomes séparés. Ceux-ci peuvent ensuite se recombiner avec une autre molécule de dioxygène. On obtient donc l’O3, l’ozone. Ils peuvent également se lier avec deux atomes d’hydrogène. Cela donne H2O, de l’eau.

    C’est parce que cette molécule n’est pas stable que Matt Taylor, le responsable de la mission Rosetta, et les autres scientifiques de la mission ont été si surpris de découvrir du dioxygène dans l’atmosphère de Chury. Ils en ont par ailleurs détecté de relativement grandes quantités s’échappant de façon continue de la comète.

    Il n’y a a priori qu’une seule explication à ce phénomène : ce gaz était déjà présent dans la nébuleuse proto-solaire et s’est retrouvé prisonnier dans la comète au moment où celle-ci s’est formée. Là où les choses se corsent, c’est que les modélisations que l’on faisait de cette nébuleuse ne permettaient pas d’obtenir autant de dioxygène, il faut donc changer quelque chose, car seules des conditions bien précises de température et de pression peuvent expliquer ces observations. Mais on entre là dans un débat de spécialistes.

    La naissance du Système solaire

    Cela fait maintenant plus d’un an que la sonde Rosetta orbite autour de Chury. Avec tous ses instruments, elle nous a déjà beaucoup appris sur ce qui compose cette comète : vapeur d'eau, glace, poussières, monoxydes et dioxydes de carbone, et même ce qu'on appelle des éléments organiques, c'est-à-dire des composés chimiques complexes à base de carbone.

    Toutes ces observations nous renseignent sur l'histoire et sur la naissance du Système solaire. Les comètes passent en effet la plus grande partie de leur vie très loin du Soleil, là où les températures avoisinent -270 degrés. Elles n'ont ainsi presque pas évolué depuis leur formation il y a 4,7 milliards d'années. Elles constituent en ce sens de très bons témoins de cette époque.

    A cette époque, on trouve ce que l'on appelle la nébuleuse proto-solaire. Un nuage de gaz et de poussières gigantesque, si grand que sa propre gravitation le fait s'effondrer sur lui-même. En conséquence, le gaz qui le compose est de plus en plus comprimé, de plus en plus dense, ce qui a pour effet de le chauffer. La température va tellement s’élever que des réactions de fusion nucléaire vont s’enclencher. Le Soleil s’allume.

    Autour de lui, les poussières s’agglomèrent et forment les planètes, les astéroïdes et les comètes. Ces dernières se trouvent en périphérie du Système solaire, au-delà de Neptune, dans la ceinture de Kuiper, et même plus loin encore, dans le nuage d’Oort. Elles passent alors des milliards d’années dans ce réfrigérateur spatial, sans que leur composition n’évolue. Elles peuvent ainsi nous renseigner sur la composition de la nébuleuse proto-solaire.

    Connaître en détail l’histoire et la naissance du Système solaire revêt une importance majeure. Rosetta et son robot Philae qui s’est posé sur Chury nous ont par exemple déjà appris que des éléments chimiques indispensables à la vie avaient été apportés sur Terre par des comètes il y a des milliards d’années. Mieux connaître le Système solaire, c’est également savoir s’il est unique dans l’Univers ou si au contraire il est plutôt banal. La question est intéressante, car s’il n’a effectivement rien de spécial, et que pourtant la vie y est apparue, dès lors, pourquoi n’apparaîtrait-elle pas ailleurs ?

    Vue de la comète «Chury» à 40 mètres. ESA/Rosetta/Philae/ROLIS/DLR

     

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