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Dernière ligne droite avant la COP21, la politique en action

media Une soixantaine de ministres de l'Environnement, sur les 196 parties prenantes de la convention climat, s'est réunie pendant deux jours et demi à la demande de Laurent Fabius, ici avec son homologue péruvien. Reuters

Une soixantaine de ministres de l'Environnement, sur les 196 parties prenantes de la convention climat, s'est réunie pendant deux jours et demi à la demande de Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et futur président de la COP21, pour une « pré-COP ». Cette réunion intervient à un moment plutôt critique.

Les mauvaises nouvelles tombent quotidiennement en ce moment, et à plusieurs niveaux. Localement, d’abord, avec le weekend dernier, un 2ème cyclone au large du Yémen, ce qui est très inhabituel, il s’agit d’un phénomène extrême qui dénote d’un réchauffement important de l’océan.

Et au niveau mondial, lundi 9 novembre, deux seuils importants et symboliques ont été franchis ou vont l’être incessamment : le premier, annoncé par l’Office britannique du climat (MET Office) : l’évolution des températures sur le globe depuis le début 2015 montre que nous allons dépasser pour la première fois la barre du réchauffement de 1°C depuis l’ère pré-industrielle.

Quant au franchissement du second seuil, annoncé par l’Organisation météorologique mondiale, il est imminent : nous devrions dépasser la proportion de 400 parties par millions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, or c’est un des gaz à effet de serre et ce niveau de concentration n’a jamais été atteint depuis 3 à 5 millions d’années. Pour Michel Jarraud, secrétaire général de l’OMM, « la machine s'emballe à un rythme effrayant ».

Des ministres plus consensuels

Tout le monde a été enchanté de voir le Canada revenir à la table des négociations en la personne de Catherine Mc Kenna, la nouvelle ministre de l’Environnement, alors que le pays était jusqu’ici dans les mauvais élèves de la convention.

Sur l’accord, on note des avancées sur les cycles de révisions des engagements des pays tous les 5 ans, à partir de 2020, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est une idée qui avait été émise au sortir du sommet franco-chinois en octobre, et cette idée fait plus ou moins consensus maintenant. D’autant que ces révisions doivent déboucher sur une augmentation des efforts, avec impossibilité de retour en arrière sur les engagements.

Ne pas attendre 2020

L’accord qui sera signé à Paris prendra effet en 2020, mais d’ici-là, des actions devraient être prises. On parle notamment de créer un système d’alerte précoce, météo et climat pour les pays du Sud, qui sera lancé officiellement le 1er décembre, avec un financement de 100 millions d’euros à la clé. On part du constat que, d’une part, ce sont les pôles et les pays tropicaux qui sont les plus violemment touchés par le réchauffement, et que d’autre part, 80% des pays les plus vulnérables ne sont pas couverts par un système de prévisions météo et qu’il faut y remédier.

D’un côté, les agriculteurs seront prévenus des tendances météo, ce qui leur permettra de choisir les semences en connaissance de cause, de l’autre, l’arrivée d’un cyclone par exemple sera, lui aussi, prévisible, ce qui fait la différence entre une catastrophe massive ou pas. Comme aux îles Vanuatu avec l’arrivée du cyclone PAM, au printemps dernier. Si le système d’alerte n’avait pas fonctionné, le nombre de morts aurait été encore plus élevé.

Un optimisme sobre

Si Laurent Fabius et Christiana Figuéres, secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies pour le Climat, ont clairement dit que le compte des efforts n’est pas encore bon, au regard de l’accélération du processus de réchauffement, ils ont affiché leur optimisme pendant la conférence de presse.

Les quelque 70 ministres et envoyés spéciaux présents ont admis que pour certaines régions – les petites îles du Pacifique, notamment -, un maximum de 1,5° d’augmentation globale de la température était vital. Les USA et le Canada, qui refusaient jusqu’ici de considérer leur responsabilité dans le financement des pertes et dommages dus au réchauffement, ont reconnu l’importance du sujet, mais sans toutefois s’engager à financer des compensations.

Quant aux financements, de manière plus générale, le sujet qui fâche sera probablement traité à la fin de la réunion de négociation qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 12 décembre 2015.

►En savoir plus :

- Convention des Nations unies pour le climat
- Organisation météorologique mondiale
- MET Office
- COP21
 

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