COP21: une courte histoire des négociations sur le climat - Science - RFI

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COP21: une courte histoire des négociations sur le climat

media Un manifestant avec une pancarte où est inscrit «La nature ne doit pas être compromise», lors de la manifestation à Copenhague, le 12 décembre 2009. REUTERS/Bob Strong

Depuis la découverte du réchauffement climatique en cours sur notre planète et de la grande part de la responsabilité humaine dans ce phénomène, les hommes tentent de mettre en place une stratégie pour atténuer ce processus, à défaut de pouvoir l’arrêter. Mais pour pouvoir agir efficacement, il faut une implication de tous, car aucun pays ne peut à lui seul avoir une action suffisante pour inverser cette tendance. Cette histoire courte de la négociation climat retrace les grandes étapes de cette aventure collective portée par les Nations unies pour faire face aux changements climatiques.

Depuis la nuit des temps l’homme observe le ciel et tente de décrypter les phénomènes climatiques et météorologiques qui l’entourent. Les agriculteurs ou les navigateurs par exemple ont tenté de comprendre cette mécanique et la récurrence de certains phénomènes pour s’en protéger ou pour pouvoir en tirer parti. Mais pendant très longtemps, nous n’avions aucune idée de ce qui se passait en même temps sur l’ensemble de notre planète, car les premières prises de mesures scientifiques sont assez récentes. Nous n’avions surtout pas assez de recul dans le temps pour tirer des enseignements sur d’éventuelles tendances planétaires.

La découverte de notre histoire climatique

Les premiers éléments de réponse sur l’histoire du climat de notre planète vont venir de glaciologues qui analysent des bulles d’air piégées dans de la glace à différentes époques. L’analyse des prélèvements réalisés dans des couches de glace, de plus en plus anciennes, vont permettre aux scientifiques de reconstituer l’histoire climatique de la Terre, en remontant à de très longues périodes. Et ce qu’ils observent, outre des ères glacières ou inter-glacières, dont on connaissait déjà l’existence, c’est une variation moyenne des températures entre des périodes plus chaudes et plus froides, avec des pics plus ou moins marqués certaines années, qui se met à décrocher vers les années 1880 (le début de l’ère industrielle) pour commencer une ascension croissante vers des températures de plus en plus chaudes. Les scientifiques constatent alors que la planète est en train de se réchauffer et ils tirent le signal d’alarme.

La création du Giec

Face à ce constat, qui pourrait être lourd de conséquences pour les êtres vivants, la communauté internationale décide d’affiner sa compréhension du phénomène. En 1988, deux institutions des Nations Unies - l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) - créent le Giec, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, pour réaliser une synthèse de la connaissance mondiale dans ce domaine.
Le Giec, depuis sa création, a réalisé cinq rapports qui servent de base scientifique de référence pour les acteurs des négociations sur le climat. Les cinq rapports qui affinent cette connaissance, confirment le développement du réchauffement climatique par un phénomène d’effet de serre planétaire et la responsabilité humaine dans ce changement climatique dû à nos importantes émissions de gaz à effet de serre depuis le début de l’ère industrielle. Les conclusions du Giec sont formelles : depuis 1880 la température du globe s’est élevée de 0,85° en moyenne (pratiquement +1° Celsius au cours du siècle dernier en France et +2° à +4°C dans les régions polaires).

La Convention sur le climat

Pour agir, les Nations Unies organisent en 1992 le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro au Brésil et rassemblent tous les pays du monde pour les informer et les inciter à trouver des solutions face aux problèmes de dégradations de l’environnement que confirment de nombreux rapports scientifiques. Pendant le Sommet trois conventions sont créées : la Convention sur la biodiversité biologique (CDB) ; la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD) et la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNULD/UNFCCC). Cette dernière, qui est ratifiée par 196 pays du monde, a pour objectif ultime de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau évitant toute perturbation dangereuse. Mais la Convention ne reste qu’une intention tant qu’elle n’a pas trouvé un modèle d’action concret pour agir sur le climat.

Le Protocole de Kyoto

Ce modèle d’action pour mettre en œuvre la lutte contre le réchauffement climatique dans le cadre de la convention prend forme en 1997 et entre en vigueur en 2005 : c’est le Protocole de Kyoto. Considérant que ce sont les émissions de gaz à effet de serre qui sont responsables du problème, il est demandé aux pays « historiquement responsables du phénomène » de réduire leurs émissions par rapport à une année de référence qui est 1990. Il est décidé pour chacun d’entre eux un objectif de réduction obligatoire à atteindre pour une première période d’engagement fixée de 2005 à 2012. Un marché de quotas est créé pour permettre aux pays de faire des réajustements entre eux afin d’atteindre leurs objectifs. L’idée étant que ces pays doivent montrer l’exemple et que le système sera ensuite étendu aux autres pays du monde. Mais le Protocole de Kyoto fonctionnera sans les Américains qui refusent d’y participer alors qu’ils sont à ce moment-là les plus gros pollueurs du monde.

Copenhague, la conférence de la dernière chance

La Convention qui a décidé de réunir tous les ans ces pays membres (les parties), organise sa 15e Conférence des parties (COP) en 2009 à Copenhague dans l’espoir de pouvoir étendre le modèle de Kyoto à l’ensemble des pays pour avoir cette fois une action mondiale efficace contre le réchauffement climatique. Mais ce grand rendez-vous que l’on avait appelé à l’époque la « conférence de la dernière chance » est un échec. Le modèle de Kyoto est rejeté par de nombreux pays et la Convention se retrouve sans stratégie d’action et sans un nouvel accord de mise en œuvre internationale.

L’après Copenhague

Après l’échec fracassant de Copenhague qui a anéanti tout le travail engagé par la Convention depuis 1992, les pays s’aperçoivent que la Convention des Nations unies est encore le meilleur outil pour reconstruire quelque chose car le climat continue de se réchauffer et le monde n’a pas d’autre alternative que de se remettre autour de la table pour tenter de mettre en place une nouvelle stratégie. Petit à petit les pays vont manifester leur intention de participer à un nouveau projet et on va faire le bilan du passé pour cocher les bonnes idées que l’on pourrait garder. Et de cette reconstruction naît une nouvelle fenêtre d’opportunité, une nouvelle proposition d’accord internationale, qui va se jouer à la COP21 de Paris en 2015.

Le rendez-vous de Paris

Paris qui dit avoir tiré les leçons de Copenhague, propose de faire les choses autrement. Au lieu d’amener tous les pays à souscrire à un modèle imposé (comme le fut le Protocole de Kyoto), Paris a demandé à tous les pays de communiquer leurs intentions (INDC) de développement pour la période 2020/2050 pour rejoindre un objectif commun qui permettrait de ne pas dépasser 2°C de réchauffement à la fin du siècle. L’objectif est d’impliquer tout le monde dans un processus évolutif, dont on pourra affiner régulièrement les ambitions et le mode opératoire.

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