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COP21: objectif + 2°Celsius

media RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE L'enjeu pour l'avenir : diminuer les émissions de gaz à effet de serre GETTYIMAGE

Depuis la Conférence de Copenhague en 2009, la stratégie internationale de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique propose que l’objectif global d’atténuation du réchauffement climatique soit fixé à +2°Celsius pour la fin du siècle. Un seuil aujourd’hui qualifié de « ligne de défense » à ne pas dépasser pour ne pas entrainer trop loin la planète dans des perturbations climatiques aux effets dévastateurs.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui est chargé de faire une synthèse mondiale des connaissances dans ce domaine, a produit cinq rapports qui servent de documents de référence scientifique pour tous ceux qui travaillent sur les changements climatiques.

En substance, le Giec confirme le réchauffement climatique et la grande part de la responsabilité humaine dans le développement de ce phénomène. Car depuis le début de l’ère industrielle, nous émettons en très grosse quantité des gaz qui engendrent un réchauffement croissant de la planète par le développement d’un véritable effet de serre planétaire.

L’impact climatique

Plus précisément, ce que les rapports du Giec nous disent, et en particulier le cinquième rapport, sorti en 2013 et 2014, c’est que de 1880 à 2012, la température moyenne du globe a augmenté de 0,85°C, et qu’elle est pratiquement de + 1° aujourd’hui. Ces chiffres qui peuvent paraître anodins sont obtenus en faisant une moyenne globale de l’ensemble des températures du globe (océans et terres émergées).

Ce sont des valeurs qui traduisent des changements extrêmement importants qui localement peuvent être considérables. La dernière ère glaciaire, qui a recouvert de glace une très grande partie de la planète, correspondait à une température moyenne du globe de – 4°. Or le Giec nous dit que si nous n’agissons pas, nous pourrions à la fin du siècle connaître une augmentation de la température globale du globe de + 4°C, voire plus.

Nous observons déjà les effets des changements climatiques en cours (fonte des glaces, sécheresses, le niveau moyen des mers s’est déjà élevé de 19 cm entre 1901 et 2010…). « Nous relâchons dans l’atmosphère plus de gaz à effet de serre que n’en absorbent les océans et les plantes… Depuis les années 1970, le capital naturel de la Terre se détruit plus vite qu’il ne se reconstitue » écrit l’ancien ministre français délégué au Développement, Pascal Canfin, dans un récent ouvrage intitulé « Climat 30 questions pour comprendre la Conférence de Paris ». Et nous savons que si nous laissons filer le thermomètre vers des températures de plus en plus chaudes, nous allons vers des situations désastreuses de moins en moins gérables, qui peuvent devenir irréversibles.

La bonne nouvelle, c’est que comme nous sommes en grande partie responsables de cette situation, nous pouvons donc agir. Si nous transformons nos sociétés, en sortant par exemple des énergies fossiles très polluantes, nous pouvons réduire nos émissions de gaz à effet de serre et ainsi arrêter d’entretenir cette hausse du thermomètre. Mais pour cela, il faut une stratégie planétaire avec un objectif réaliste de diminution des émissions de gaz à effets de serre : c’est tout l’enjeu de la négociation climat qui se jouera à la Cop21 de Paris.

L’objectif à atteindre, +2°C : un objectif politique

Dans les derniers jours de la Cop 15 à Copenhague en 2009, la délégation européenne a proposé que l’objectif global d’atténuation soit fixé à +2° ? C’est un chiffre qui circulait dans des discussions internes des Etats membres et qui paraissait réaliste et atteignable. C’était une valeur médiane sur une échelle de +1° à +4° qu’annonçait le GIEC, mais ce n’était pas fondé sur une évaluation scientifique des risques : cette valeur de +2° était à l’époque politique.

Elle était présentée comme un bon cap pour mener la négociation. Même si certain, comme le groupe des petits Etats insulaires, le considérait déjà comme trop élevé. Car pour ce groupe, constitué de petites îles basses du Pacifique et de l’Océan indien, un réchauffement estimé à +1,9°C entrainerait une élévation du niveau de la mer qui les condamnerait à disparaître. Raison pour laquelle ils continuent de se battre pour que l’objectif global d’atténuation ne dépasse pas +1,5°.

Dans l’accord de Paris qui sera sur la table à la Cop21, l’un des principaux points du traité concerne cet objectif global d’atténuation, toujours en discussion entre 1,5° et 2°. Mais pour réaliser cet objectif de 2°C , il faut que « le pic d’émissions mondiales de gaz à effet de serre soit atteint vers 2020. Avant une réduction de 50 % en 2050 par rapport à 1990 », rappelle la Stratégie nationale de transition écologique vers un développement durable 2015-2020.

En d’autres termes, « pour limiter le réchauffement planétaire à 2°C au-dessus des niveaux préindustriels, les émissions de gaz à effet de serre devront être réduites de 40 à 70 % en-dessous des niveaux actuels d’ici 2050 et être nulles, voire négatives, à la fin du 21e siècle », selon la déclaration adoptée par la communauté scientifique, le 10 juillet 2015 à Paris.

De plus, pour que le réchauffement se stabilise à + 2°C, cela suppose aussi que les émissions cumulées de gaz à effet de serre n’excèdent pas 800 gigatonnes (milliards de tonnes). Or, 531 Gt ont déjà été relâchées dans l’atmosphère depuis 1870.

Dans cette perspective, il a été demandé à chaque pays de communiquer ses intentions (INDC) pour la période 2020-2050, mais si l’on fait la somme des efforts annoncés pour la Cop 21, le compte n’y est pas et la planète est sur une trajectoire de réchauffement plus proche de +3° que de +2°C.

La pertinence de l’objectif de +2°C

La Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CNUCCC) a demandé récemment à des scientifiques si ce seuil de +2°, fixé par les politiques, pouvait nous préserver de graves problèmes liés au réchauffement climatique. La réponse de la communauté scientifique a été négative, car les effets peuvent ne pas être linéaires.

C'est-à-dire que les dégradations induites par le réchauffement climatique ne suivent pas forcément la progression des températures, car il peut y avoir des « effets de seuil » qui peuvent être franchis n’importe quand et qui peuvent avoir des conséquences irréversibles. Exemple : on ne sait pas à partir de quand le Groenland va rentrer dans une phase irréversible de fonte de sa calotte glacière. Peut-être que le phénomène a déjà commencé, peut-être pas, cela peut prendre des siècles mais nous ne le saurons que lorsque nous le constaterons. Mais l’on sait que quand le Groenland franchira ce seuil, il fondra définitivement et la fonte de la totalité de sa glace entrainera une élévation des océans de près de sept mètres.

Une chose est certaine : plus la température augmentera, plus nous risquerons d’être confrontés à des phénomènes aux conséquences catastrophiques. Pourtant ne pas dépasser +2°C reste un objectif difficile à atteindre.

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