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COP21: les contributions des Etats esquissent une autre vision du monde

media Logo de la COP21 de Paris. AFP

Pour que la négociation internationale sur les changements climatique aboutisse à un accord universel à Paris lors de la COP21, il a été demandé à tous les pays de communiquer leurs intentions (en anglais : INDC) en termes de contributions nationales pour lutter contre le dérèglement climatique. Cette mobilisation internationale sans précédent engage chacun des Etats de la planète dans un processus de transformation important qui doit contribuer à l’effort collectif pour lutter contre le réchauffement climatique.

Au lendemain de l’échec de la COP15 à Copenhague, de nombreux pays qui avaient rejeté le modèle de Kyoto ont exprimé leur désir de revenir autour de la table de négociation et d’agir pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. De ce constat est né la volonté de reconstruire un autre modèle d’accord international, en s’y prenant autrement. Comme on n’avait pas pu imposer le précédent modèle de Kyoto à tout le monde, l’idée était de profiter de ce nouvel élan post-Copenhague pour d’abord chercher à rassembler tous les pays membres de la convention cadre des Nations-Unies sur des engagements de réduction.

Une mobilisation internationale sans précédent

Avant la conférence de Copenhague, seuls les pays industrialisés (à l’exception des Etats–Unis) avaient des objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Après Copenhague, de nombreux pays en développement, dont les grands émergents (Chine, Brésil, Afrique du Sud…) ont eux aussi pris des engagements. C’est ce qu’on a appelé « les engagements de Cancun ». Et dans la perspective de la mise en place d’une nouvelle proposition d’accord international cette année à Paris, il a été demandé à chaque pays de publier sa contribution nationale (INDC), pour faire connaître à la COP21 de Paris les objectifs que s’est fixé le pays en terme de transformations sur la période 2020 à 2050 pour participer à l’effort international de limitation du réchauffement climatique fixé à +2°Celsius.  Mi-novembre, 161 pays ont fait connaître leurs intentions (INDC) à la COP21.

Un monde nouveau se dessine

Pour pouvoir annoncer son intention nationale, chaque pays a dû faire un important travail sur lui-même pour évaluer ses capacités de transformations et voir jusqu’où il pourrait s’engager. Cet effort que chaque pays a dû faire a permis de stimuler la réflexion et le débat en interne sur l’enjeu climatique. Le Pérou, par exemple, a sollicité treize ministères, 300 experts pour établir sa contribution. La Colombie a même fait valider ses intentions par son Parlement. Plus de soixante pays ont organisé des réunions publiques ou des consultations en ligne pour consulter la société civile. Tous se sont interrogés sur leur transition vers des modèles de développement faiblement émetteurs de gaz à effet de serre. D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’ensemble des intentions contribuerait à fournir 70% d’énergie non carbonées (contre 34% en 2014). Plusieurs Etats comme le Vanuatu, le Cap Vert, Samoa et la Papouasie Nouvelle-Guinée envisagent d’atteindre le « 100% renouvelable » dans les quinze prochaines années.
Enfin, les efforts ne portent pas uniquement sur l’atténuation : pour beaucoup de pays pauvres et faiblement émetteurs de gaz à effet de serre, les contributions prévoient de nombreuses actions dans le domaine de l’adaptation pour mieux se préparer aux impacts des changements climatiques. Cinquante pays souhaitent par exemple se doter d’un système d’alerte performant pour mieux protéger leurs populations des perturbations climatiques (sécheresses, inondations, cyclones..).

Un tournant dans la lutte

Beaucoup font remarquer que si l’on fait la somme des efforts annoncés par les contributions nationales, qui sont des engagements volontaires, le compte n’y est pas si l’on veut arriver à un objectif global de limitation du réchauffement climatique à +2°Celsius. La somme des contributions est insuffisante et nous entraine vers +3° Celsius voir plus. Ce qui est malgré tout bien mieux que le scénario actuel qui nous mène vers +4° ou +5°Celsius à la fin du siècle si personne ne fait rien. D’autre part, la COP21 de Paris envisage de discuter de la mise en place d’un cadre pour pouvoir réajuster les méthodes et les ambitions en cours de route, par exemple tous les cinq ans.
Mais pour certains experts, le changement est déjà en cours. Les INDC ont obligé les pays à s’engager autrement vers l’avenir et avec quelques réglages, l’objectif de +2° serait atteignable.

La Chine par exemple, qui est aujourd’hui le plus gros émetteur au monde de gaz à effet de serre, a annoncé qu’elle continuerait à être un gros pollueur avec l’usage du charbon jusqu’en 2030, mais que ce sera un pic après lequel elle enclenchera une diminution de ses émissions pour rejoindre l’objectif collectif, notamment par la transformation de ses ressources énergétiques qui deviendront principalement renouvelables. Catastrophe pour certains observateurs qui considèrent que la Chine va entraîner le monde dans un bilan carbone beaucoup trop élevé. Bonne nouvelle pour d’autres qui se disent que quelques années en arrière, cette position chinoise était inimaginable, mais que cette fois avec cet INDC on est sur un vrai engagement de transformation.

Les INDC des pays sont difficilement comparables : les années de référence ne sont pas toujours les mêmes, les efforts de transformations ne reposent pas sur des scénarios et des réalités comparables, même si, de toute évidence certains semblent beaucoup plus ambitieux que d’autres. Mais quelque chose a changé dans la méthode, ce qui donne de l’espoir aux négociateurs pour obtenir un accord à Paris. Les INDC sont le dynamisme de cet accord et quoi qu’il advienne, ils auront contribué à l’élaboration d’une autre vision du monde.

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