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    Afrique

    La voûte nubienne au Sénégal: le retour à la terre

    media Une mosquée construite en voûte nubienne sur une aire d'autoroute au Sénégal. RFI/Agnès Rougier

    La construction de terre crue est une pratique qui a été traditionnelle en Afrique de l’Ouest, mais qui s’est perdue, en particulier au Sénégal, avec l’arrivée du béton, des parpaings et de la tôle ondulée. Pourtant, construire des bâtiments en voûte nubienne nécessite seulement de l’eau et de la terre pour fabriquer des briques, du soleil pour les sécher, et un peu de savoir-faire. Une solution efficace, peu coûteuse à la fois financièrement et en émissions de gaz à effet de serre.
     

    La construction en voûte nubienne est une technique qui date d’il y a 3 500 ans dans la région du Haut-Nil, en Nubie. Une voûte nubienne, c’est un bâtiment dont la toiture est réalisée en voûte, sans coffrage, et dont le matériau principal est la terre crue (ou banco, ou encore adobe). Après avoir piétiné la terre pour la mélanger avec de l’eau, on en remplit des moules pour fabriquer de grosses briques que l’on laisse sécher au soleil.

    Les portes et fenêtres sont fabriquées également en voûte - des voûtains -, formées de briquettes de terre. Les bâtiments dont l’association Voûte Nubienne fait la promotion mesurent 3,30 m de large - dimension optimale pour une simplicité de construction - et ce qu’on veut en longueur. Mais on peut juxtaposer plusieurs voûtes ou construire un premier étage. C’est donc une technique souple, adaptée à la construction d’une simple chambre comme d’une crèche ou d’un bâtiment administratif.

    Ce qu’il ne faut pas rater

    Le premier point important, ce sont les fondations, en général des pierres qui devront soutenir un poids conséquent, car des murs de 60 cm voire 80 cm d’épaisseur s’il y a un premier étage, pèsent très lourd. Ensuite, le choix de la terre pour fabriquer les briques est fondamental. Certains bancos sont plus sableux, d’autres plus argileux, et ils ne sont pas tous utilisables tels quels ; il faut parfois aller chercher la terre plus loin. Les enduits nécessitent aussi une technique particulière. En terre ou en ciment, ils doivent être assez fins pour s’accrocher aux murs, sous peine de tomber, comme nous l’avons constaté dans une maison de Toubab Dialaw, où les ouvriers ne maîtrisaient visiblement pas la maçonnerie en terre.

    Et enfin, la mise hors d’eau et l’évacuation sont importantes pour protéger le bâtiment, car l’eau est l’ennemie de la voûte nubienne ; il est donc impératif de construire pendant la saison sèche.

    Jolie dehors, confortable dedans

    Extérieurement, la maison en voûte nubienne peut être couverte d’un enduit en terre ou en ciment, peint ou laissé aux couleurs de la terre originale, et le toit est en terrasse. En entrant à l’intérieur, contrairement à l’air chaud qui envahit les maisons en parpaings et tôle ondulée, on remarque en premier la fraîcheur, avec en plus un léger courant d’air si des ouvertures ont été intelligemment placées en haut des murs pignons - soutenant la voûte à chaque bout - qui se font face à face.

    Ce qui est également frappant et très agréable à l’œil, c’est qu’il n’y a pas d’angles, mais uniquement les formes arrondies de la voûte qui fait plafond, ainsi que des fenêtres et portes, arrondies elles aussi. Dans l’épaisseur des murs, on creuse généralement des étagères et des placards : une économie de mobilier supplémentaire.

    Une construction participative

    Au Mali et au Burkina Faso, les clients fabriquent jusqu’aux trois-quarts du bâtiment, ils forment le gros de la main-d’œuvre non qualifiée et cela fait d’énormes économies. Au Sénégal, et en ville en particulier, le client a tendance à commander une maison sur plans, puis à attendre de la voir terminée, en déléguant l’ensemble des travaux. Mais, avec la voûte nubienne, il faut si possible avoir dès le départ une plus grande implication du client. Si le plan est simple (une voûte), le maçon, seul avec le client, pourra s’occuper de la conception, mais si le plan est plus compliqué, la présence d’un architecte sera alors requise pour faire le dessin technique.

    Un nouveau métier

    Au Sénégal, les maçons sont formés à la construction en ciment, mais ne connaissent pas les spécificités du travail bien particulier de la terre. Actuellement, ce sont des maçons burkinabè et maliens qui viennent construire les voûtes nubiennes au Sénégal, mais pour faire face à la demande croissante, la formation de maçons sénégalais est indispensable.

    L’association Voûte Nubienne propose donc un plan de formation précis, à la fois pour les maçons traditionnels qui voudraient ajouter une corde à leur arc et pour des débutants. Après leur formation, les maçons « voûte nubienne » pourront créer leur entreprise, formelle ou informelle, puis former à leur tour des équipes et de nouveaux maçons. Car la finalité de l’association est de disparaître quand la « dynamique voûte nubienne » sera installée durablement dans les territoires.

    Une construction adaptée au Sahel

    On ne peut pas construire partout en voûte nubienne. Les zones trop sableuses, ou sujettes à l’érosion, ne sont pas favorables à ce genre de construction. Il en est de même pour les endroits où la terre est très argileuse. En revanche, la voûte nubienne est particulièrement adaptée au climat sahélien, à l’intérieur des terres.

    La simplicité et la rapidité de construction, le coût très faible des matériaux et de la main-d’œuvre, le confort et la fraîcheur des bâtiments dans des régions où la saison chaude dure tous les ans un peu plus longtemps, ainsi que leur durabilité dans le temps (n’oublions pas que des voûtes d’il y a plus de 3 000 ans sont toujours debout !), en font une solution d’avenir dans les villages comme en villes.

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