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    Science

    France: des tombes musulmanes du Moyen-Âge découvertes à Nîmes

    media Sépultures musulmanes. Fouille du parking avenue Jean-Jaurès, Nîmes. © Patrice Pliskine, Inrap

    Trois tombes musulmanes ont été découvertes lors de fouilles archéologiques à Nîmes, dans le Sud de la France. Ces sépultures ont été révélées en 2006 mais l'information vient d'être publiée dans la revue scientifique américaine Plos One. Elles attestent de la présence de communautés musulmanes entre le VIIe et le IXe siècle. C'est la plus ancienne preuve matérielle d'une occupation musulmane aux premiers temps du Moyen-Âge.

    Trois squelettes, couchés sur le flanc, le regard orienté vers la Mecque. Ces trois tombes découvertes lors de la construction d'un parking souterrain à Nîmes correspondent à un rite funéraire musulman.

    Des analyses ADN sur les dents et les os indiquent qu'ils étaient d'origine nord-africaine et qu'ils seraient morts entre le VIIe et le IXe siècle. Âgés d'environ 20, 30 et 50 ans, ils pourraient être, selon les anthropologues, des soldats du califat d'Omeyyades qui a mené la conquête arabe de la péninsule ibérique.

    C'est la plus ancienne preuve matérielle d'une occupation musulmane du Sud de la France. Jusqu'à maintenant, seules des pièces de monnaie et des fragments de céramiques attestaient d'échanges commerciaux. Mais rien de plus.

    Impossible en revanche de connaître la taille de ces communautés musulmanes dont la présence est aussi racontée dans des textes anciens.

    Signe d'une possible coexistence entre musulmans et populations autochtones, les trois tombes étaient proches de sépultures chrétiennes et se trouvaient à l'intérieur d'une même enceinte romaine. Ainsi les chercheurs ont avancé l'hypothèse que les populations locales ont pu accepter une sorte de protection des armées musulmanes et, en échange, préserver leurs lois et leurs traditions.

    Cela donne un éclairage nouveau sur la multitude et la policulturalité, si on peut dire, de ce haut Moyen-Âge.
    Catherine Richarté archéologue, chargée de recherche à l'Inrap 26/02/2016 - par Laurence Théault Écouter

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