GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 4 Décembre
Lundi 5 Décembre
Mardi 6 Décembre
Mercredi 7 Décembre
Aujourd'hui
Vendredi 9 Décembre
Samedi 10 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Science

    Espace: ExoMars en route pour la planète rouge

    media Le décollage de la fusée Proton, en direction de Mars, le 14 mars 2016. RFI/Simon Rozé

    Le satellite Trace Gaz Orbiter (TGO) et l’atterrisseur Schiaparelli ont été lancés avec succès, ce lundi 14 mars, depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Cette mission conjointe entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et son homologue russe, Roscosmos, a de grandes ambitions : apporter un début de réponse à la grande question de la vie sur Mars.

    15h31, lundi 14 mars, cosmodrome de Baïkonour, Kazakhstan. Un bruit retentissant vient troubler l’immense steppe kazakhe. La fusée Proton qui est chargée de mettre le satellite TGO en route vers Mars vient d’allumer ses puissants moteurs, avant de s’élever dans le ciel et disparaître derrière l’épaisse couche nuageuse. La première partie de cette mission, la plus critique, est un succès, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de gagner la planète rouge.

    La suite de l’histoire s’écrit au TSUP, le centre de contrôle moscovite. C’est de là que les paramètres des segments russes de la Station spatiale internationale sont gérés. C’est également de ce bâtiment au charme soviétique que les opérateurs de vol suivent avec attention les phases successives pour ajuster la trajectoire du satellite. Cela passe par quatre allumages plus ou moins longs du dernier étage de Proton, le Breez-M. Chacun de ces burn, comme on dit dans le jargon, ayant pour but d’allonger à chaque fois l’ellipse que suit TGO, en augmentant son apogée, jusqu’à obtenir une trajectoire permettant de s’arracher définitivement à la gravité terrestre et s’élancer pour de bon vers Mars.

    « Un soulagement »

    Neuf heures après le lancement, après une longue attente quelque peu stressante tant la manœuvre orbitale était complexe, c’était fait, et le satellite envoyait pour la première fois un signal après s’être séparé du Breez-M et être entré en phase de navigation. « C’est plus qu’un soulagement. Je me suis toujours battu pour que l’on fasse ces missions d’exploration. C’est ce qui inspire les plus jeunes générations », lâche dans un sourire Jan Woerner, le directeur général de l’ESA.

    → A (ré)écouter : Espace : de l’eau sur Mars…

    Il faudra désormais un peu moins de sept mois à la sonde pour relier la planète rouge, qu’elle rejoindra à la mi-octobre. C’est le 16 de ce mois qu’elle devra entamer ses manœuvres de mise en orbite, tout en larguant dans le même temps le module d’atterrissage Schiaparelli. Ce dernier va alors mettre trois jours à parvenir jusqu’à la surface de Mars, après une procédure compliquée, puisque la planète rouge sera alors en pleine saison des tempêtes. Il faudra que dans un premier temps ses parachutes tiennent le coup, puis que ses rétro-fusées le fassent ralentir suffisamment avant de s’éteindre à environ 2 mètres d’altitude. Schiaparelli finira le trajet en chute libre, pour s’écraser sur son pare-choc.

    Analyser les poussières martiennes

    Pour Thierry Blancard, responsable du bouclier de Schiaparelli, « c’est la première fois qu’on tente un atterrissage sur Mars, dans des conditions si difficiles. Le but, c’est préparer les missions à venir ». L’homme, qui a travaillé sur l’atterrisseur Huygens qui s’est posé sur Titan, une lune de Saturne, est confiant : « une fois Schiaparelli à bon port, il aura ensuite entre trois ou quatre sols [jour martien ndlr] pour faire son travail scientifique ».

    Le module a en effet pour mission de récolter le plus de données possible sur son périple, avant d’analyser l’atmosphère martienne, et notamment ses poussières. Pour se faire, Schiaparelli a dû passer par une étape indispensable : la protection planétaire. Il s’agit, en principe, de s’assurer que tout objet que l’humanité envoie sur un autre monde ne le contamine pas avec des organismes ramenés depuis la Terre. Car on a eu la surprise de constater que certains d’entre eux sont assez résistants pour survivre au voyage. Pour une mission martienne ayant trait à la recherche de traces de vie, les exigences en la matière sont donc très élevées. C’est pourquoi Thalès Alenia Space, l’industriel premier responsable du projet, a du mettre au point de nouveaux protocoles de protection planétaire inédits jusqu’à présent.

    Aéro-freinage

    Plus haut, beaucoup plus haut, en orbite autour de la planète, TGO aura une mission similaire, et beaucoup plus ambitieuse. Le satellite va devoir tout d’abord adopter son orbite de travail : à son arrivée, celle-ci était très allongée, il faut la réduire pour la rendre circulaire. Pour ce faire, la sonde va devoir tester une technique encore inédite sur Mars, l’aéro-freinage, qui consiste à utiliser le haut de l’atmosphère martienne pour ralentir la sonde de façon contrôlée. Ceci dit, les pilotes de l’Agence spatiale européenne ont déjà un semblant d’expérience en la matière, puisqu’en 2015, ils avaient fait plonger la sonde Venus Express, alors en fin de vie, dans l’atmosphère de Vénus avant de la faire remonter, pour comprendre comment leur engin se comporte dans cette situation.

    → Ecouter aussi : ExoMars: l'Europe marche-t-elle sur les plates-bandes américaines?

    Une fois TGO en place, il pourra alors commencer à remplir sa mission. Comme son nom l’indique, le Trace Gaz Orbiter doit étudier les gaz de l’atmosphère martienne dont on ne détecte que des traces. C’est par exemple le cas du méthane, dont la présence est non seulement presque imperceptible, mais aussi intermittente à la fois spatialement autour de Mars et dans le temps.

    Ceci veut donc dire plusieurs choses : le méthane martien peut « s’évaporer » pour ne plus être détectable, et dans le même temps, il y a également des sources qui en émettent de façon ponctuelle. Quelles sont ces sources ? C’est à la mission ExoMars de répondre à cette question et celle-ci est d’importance puisqu’on sait que sur Terre par exemple, le méthane est émis quasi-exclusivement par des mécanismes biologiques. Peut-il en être de même sur la planète rouge ? Aujourd’hui, même si on ne peut certainement pas exclure des mécanismes géologiques, TGO doit apporter des éléments de réponses. Le satellite aura également d’autres expériences à mener. Il est par exemple capable de détecter et cartographier la présence d’eau dans le sous-sol martien.

    La grande question de la vie sur Mars

    Ce satellite aura enfin une dernière mission d’importance, il servira de relais lors de la deuxième phase d’ExoMars : l’envoi en 2018 ou 2020 d’un rover sur le sol de Mars. Comme en 2016 il s’agit d’un partenariat ESA / Roscosmos avec une fusée qui décollera de Baïkonour, et un robot qui atterrira sur le site d’Oxia Planum, dans l’hémisphère nord de notre voisine. Comme ses confrères américains Curiosity, ou Opportunity, il sera capable de se déplacer à la surface, mais il aura en plus une capacité unique : forer des trous allant jusqu’à deux mètres de profondeur dans le sous-sol, pour analyser des échantillons qui y ont été prélevés.

    Là-aussi, le but de cette mission est d’apporter quelques éléments de réponse à la grande question de la vie sur Mars. Le site d’Oxia Planum n’a en effet pas été choisi au hasard. Horizontal et plat pour des commodités d’atterrissage, il est très riche en argile, ce qui indique qu’il a été sous l’eau pendant une longue période durant la jeunesse de Mars. Enfin, il n’a géologiquement pas bougé depuis et a donc été très peu modifié. Aller forer à deux mètres de profondeur dans un tel sol sera très intéressant, puisqu’à cette profondeur, les énergétiques rayons bombardés par le Soleil n’ont plus d’effet. Ils cessent de brûler et détruire tout ce qu’ils frappent. Ce sont donc des couches géologiques datant de plusieurs milliards d’années, à l’époque ou Mars était riche en eau, que l’on pourra analyser telles quelles.

    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.