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    Science

    France: l’espoir de voir bientôt disparaître la dengue à Nouméa

    media Le moustique «Aedes Aegypti». CC

    Au début de l’année 2018, la ville de Nouméa va mettre en œuvre une méthode dite innovante pour éradiquer le virus de la dengue, aussi appelé « fièvre tropicale ». Depuis le mois de décembre, 163 cas ont été recensés en Nouvelle-Calédonie. Et depuis quelques jours, l’alerte épidémie est déclenchée sur l'île.

    Bientôt la fin du virus de la dengue à Nouméa ? C’est en tout cas ce qu’espèrent les autorités municipales. « Il était vraiment important de trouver cette solution », avoue Tristan Derycke, adjoint au maire de Nouméa, chargé de l’hygiène et de la santé environnementale. Avec l’appui de la Direction des affaires sanitaires et sociales (DASS) et l’Institut Pasteur, la ville a annoncé vouloir mettre en place une méthode innovante, « complètement écologique », dans l’objectif d’éradiquer le virus de la dengue.

    La méthode en question, au point depuis six ans, a fait ses preuves dans plusieurs pays comme l'Australie, la Colombie, le Brésil et dans certains quartiers de Jakarta, en Indonésie. Elle consiste à introduire de la bactérie Wolbachia dans les moustiques de type Aedes Aegypti, vecteurs des arboviroses, autrement dit de maladies virales. Selon l’université Monash de Melbourne en Australie, partenaire du projet avec son programme « Eleminate Dengue », cette bactérie est présente de manière naturelle dans « plus de 60% des insectes et animaux, dont certains moustiques ». « On va cultiver ces moustiques, qui vont se reproduire entre eux, et cette bactérie sera alors transmise de génération en génération », explique Tristan Derycke. Il ajoute : « Au bout de quelques mois, il n’y aura plus que des moustiques Aedes Aegypti contenant de la bactérie Wolbachia ».

    La phase d’insémination des moustiques commencera en début 2018. « Selon les scientifiques de l’université Monash, en six mois, toute la ville de Nouméa sera traitée », affirme Tristan Derycke. « Cela ferait de Nouméa la première ville de France à avoir éradiqué les arboviroses de son territoire ». Mieux encore, grâce à la mise en place de cette méthode, « à l’horizon 2019, on pourrait venir à bout des arboviroses en Nouvelle-Calédonie », à savoir aussi le Chikungunya et Zika. Selon Anna-Bella Failloux, entomologiste et directrice de recherche à l’unité Arbovirus et insectes vecteurs à l’Institut Pasteur, « l’avantage avec une île, c’est que l’on peut contrôler l’entrée et la sortie des moustiques et que le nombre d’espèces présentes est limité ». Cette méthode, si elle s’avère efficace, pourrait être alors une « vitrine pour les autres îles du Pacifique ».

    Le virus de la dengue encore bien présent dans certains pays

    D’avril à juillet 2016, Nouméa a fait face à une épidémie de dengue. Après une trêve d’environ quatre mois, cette dernière a refait surface il y a quelques semaines et aujourd’hui la ville est en alerte épidémie. « On comptabilise plus de 20 cas par semaine, rien qu’à Nouméa », témoigne Tristan Derycke. « Et par expérience, on sait que ça grimpe de façon exponentielle », ajoute-t-il, en précisant que 27 personnes en sont décédées depuis les trois dernières épidémies, sur une période de dix ans.

    Ailleurs aussi le virus sévit et fait des dégâts. En Afrique, le Burkina Faso fait face à une épidémie de dengue, dont les premiers cas ont été recensés il y a quatre mois. Selon l’OMS, 1 061 cas ont été recensés entre le 5 août et le 12 novembre dans le pays et 15 personnes en sont mortes.

    Plus récemment encore, selon un rapport émis par la ville de New Delhi, 4 393 cas de dengue ont été comptabilisés au 24 décembre dernier, dont 10 décès.

    « Plus de 35% de la population mondiale menacée »

    Comme le mentionne l’Université Monash sur son site, « plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde, c’est-à-dire plus de 35% de la population mondiale dans plus de 100 pays sont menacées par la dengue ». « 20 000 à 30 000 personnes meurent chaque année de la dengue hémorragique », évalue Anna-Bella Failloux. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la dengue sévit dans les régions tropicales et subtropicales de la planète. « Surtout en Asie du Sud-Est, car on distingue quatre sérotypes responsables du virus de la dengue », confirme Anna-Bella Failloux.

    Les symptômes de la dengue apparaissent 3 à 14 jours après la piqûre du moustique et vont d’un « syndrome fébrile bénin » à, entres autres, une forte fièvre, des douleurs musculaires et articulaires, selon le type de dengue. Elle est alors mortelle si elle prend une forme hémorragique. A ce jour, un seul vaccin, le Dengvaxia, mis au point par Sanofi Pasteur, a été homologué dans onze pays. La majorité se situant en Amérique du Sud.
    Ailleurs, de nombreuses campagnes de prévention ont vu le jour, notamment au Sri Lanka. Cette méthode dite du « Wolbachia » pourrait alors donner espoir à bon nombre de pays victimes de la présence de ces moustiques nocifs sur leur sol. Mais pour Anna-Bella Failloux, « certains endroits sont trop difficiles à contrôler, car il y en a où d’autres espèces de moustiques prendront le dessus ». Elle poursuit : « De plus, certains pays n’ont pas de quoi financer des infrastructures pour capturer les moustiques. »

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