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    ISS: après six mois dans l’espace, comment va Thomas Pesquet?

    media Le spationaute Thomas Pesquet à Karaganda avec le chapeau traditionnel du Kazakhstan sur la tête. © REUTERS/Shamil Zhumatov

    De retour de la Station spatiale internationale (ISS), le Français Thomas Pesquet et le Russe Oleg Novitski sont arrivés sur Terre vendredi 2 juin, après 196 jours passés en orbite. Suite aux longues missions dans l’espace en impesanteur, les hommes sont souvent sujets à des séquelles dues à la gravité terrestre. Explications.

    De notre envoyé spécial en Allemagne,

    Il y avait foule dans le hall du Centre européen des astronautes (EAC) à Cologne en Allemage. Vendredi 2 juin, une bonne partie de l’équipe au sol de la mission de Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale regardent sur l’écran géant installé pour l’occasion le retour sur Terre de leur astronaute. Et c’est une salve d’applaudissements qui accueille l’atterrissage du vaisseau Soyuz du Français et du Russe Oleg Novitski dans les steppes du Kazakhstan.

    Anne Mottet, la compagne de Thomas Pesquet, confie avoir été « un peu stressée ». Une tension vite oubliée puisqu'elle a pu lui parler au téléphone quelques minutes après l’atterrissage : « C’était assez émouvant. La connexion n’était pas terrible, mais il va bien ! Il m’a dit que ça allait. Je trouvais qu’il parlait bizarrement, mais il m’a expliqué que c’était parce qu’il y avait plein de monde autour de lui. On a dû raccrocher assez vite car le signal n’était pas très bon. Mais il se sent bien, donc tout va bien ! »

    Thomas Pesquet et Oleg Novitski à leur arrivée sur Terre, le 2 juin au Kazakhstan. REUTERS/Shamil Zhumatov

    « Nous, Terriens, on ne se rend pas compte de la gravité »

    Quelques heures seulement après avoir atterri, l’astronaute partait directement pour l’EAC. Un atterrissage depuis l’espace, c’est violent. Oleg Novistski et Thomas Pesquet se sont donc vite dit au revoir, direction leurs camps de bases respectifs, la Cité des étoiles de Moscou pour le Russe, Cologne pour le Français. Le but étant la prise en charge la plus rapide possible par leurs équipes médicales. Et après six heures de vol supplémentaires, c’est un Thomas Pesquet affaibli qui est sorti de l’avion, soutenu par deux personnes.

    Rien d'anormal selon sa médecin, Brigitte Godard : « Quand ils sont restés longtemps dans l’espace, il y a ce passage de l’absence de gravité au retour de la gravité qui est compliqué. Quand j’entends les astronautes, ce qui me frappe le plus, c’est à quel point ils insistent sur le fait que nous, Terriens, on ne se rend pas compte de ce qu’est la gravité. Pour nous, lever le bras, c’est quelque chose de banal, alors que pour eux, cela devient un véritable effort. C’est pour cette raison qu’on est très prudent à leur retour. Leurs muscles sont très faibles car ils ne sont plus adaptés à la gravité. »

    « Un équipage sur Mars, il n’aura pas toute cette aide »

    Quelques jours après son retour, Thomas Pesquet semble cependant s’être complètement habitué à la pesanteur terrestre. Ce n’est pas plus mal, car son programme est encore très chargé : il va servir de cobaye pour de nombreuses expériences scientifiques. Frank de Winne, le patron de l’EAC et ancien astronaute lui-même, s’en souvient : « C’est très pesant, car on pense que la mission est terminée et que l’on va pouvoir se reposer. Mais en fait, l’emploi du temps qu’il va avoir maintenant est plus lourd que celui qu’il avait dans la Station. Il va plus travailler dans le mois qui vient que dans l’espace. »

    La mission Proxima de Thomas Pesquet n’est donc pas encore terminée. Elle ne se limite pas aux six mois passés dans l’espace, et ne se terminera qu’à la fin de l’année, le temps de finir toutes les expériences scientifiques, de physiologie notamment. Il s’agit en effet de voir comment son corps s’est modifié durant cette période passée en impesanteur, et comment les choses reviennent à la normale. « On a compris que le corps humain s’adapte très rapidement et très profondément à l’impesanteur, explique Lionel Suchet du CNES, l’agence spatiale française. Les scientifiques continuent d’étudier cette adaptation. Ce sera très important pour l’exploration future. Quand les astronautes arrivent au Kazakhstan après leur mission, ils sont immédiatement pris en charge par de nombreuses personnes, car ils sont trop faibles. Un équipage qui partira sur Mars, il n’aura pas toute cette aide ! Il faut donc qu’ils soient dans un état complètement autonome. C’est quelque chose sur lequel il faut encore travailler. »

    Thomas Pesquet à son arrivée en Allemagne le 3 juin, soutenu par deux personnes. Roberto Pfeil / afp

    Changement physique, mais également psychologique

    En attendant un voyage vers Mars dans les prochaines décennies, Thomas Pesquet, lui, doit apprendre à nouveau comment vivre sur Terre. Anne Mottet, sa compagne, a déjà constaté quelques changements : « On a été prévenus que les muscles, que la masse osseuse pouvaient changer. » Et du point de vue psychologique ? « On s’est parlés tous les jours, je l’ai vu un peu changer au fur et à mesure. Il a beaucoup plus de recul, c’est impressionnant. Sa vision de la Terre, sa vision des événements qui nous affectent tous les jours… il appréhende ça avec beaucoup plus de recul. »

    « C’est quelque chose que j’ai vu grandir en lui au cours de la mission. C’est impressionnant de voir quelqu’un qu’on connaît aussi bien changer », ajoute Anne Mottet, alors que Thomas Pesquet se dirige désormais vers de longues semaines, voire de longs mois de réadaptation à la vie terrestre. Les choses semblent cependant aller vite pour lui, puisqu’il a d'ores et déjà quitté le Centre européen des astronautes et a regagné son domicile.

    Le retour de Thomas Pesquet fait la Une ce mardi, dans Appels sur l'actualité

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