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    Deux Français comparaissaient ce lundi devant un tribunal de Bagdad, au lendemain de la condamnation inédite de trois autres ressortissants français à la peine capitale. Mustapha Merzoughi, 37 ans, a été condamné à la pendaison. Le procès de Fodhil Tahar Aouidate a été renvoyé au 2 juin.

    Science

    Le syndrome du choc toxique

    media  
    Tampon hygiénique pixaby.com/CCO/EME

    Caroline Paré : Aujourd’hui, c’est jeudi, et comme tous les jeudis, Dr Solano, vous êtes là pour nous parler de sexualité, et vous allez nous parler du syndrome du choc toxique. Qu’est-ce que c’est que ce choc toxique ?

     

    Dr Catherine Solano, sexologue : Il s’agit d’un problème de santé dont les femmes ont généralement entendu parler en lisant la notice des tampons hygiéniques, ces protections que l’on insère dans la zone vaginale au moment des règles. Sur les notices, il y a des alertes sur le choc toxique.

    Caroline Paré :  Et ce problème, c’est quoi exactement ?

    Dr Catherine Solano : Le problème, c’est que porter des tampons augmente le risque que des bactéries appelées staphylocoques dorés se multiplient à l’intérieur du vagin. En elles-mêmes, ces bactéries ne sont pas si dangereuses, mais le problème c’est qu’elles produisent une substance très dangereuse, une toxine qui est responsable du choc toxique. Cette toxine, si elle passe dans le sang, vous rend très malade et peut même être mortelle dans environ 3 % des cas. Mais heureusement, c’est quelque chose de très rare, puisqu’on estime qu’il y a environ 1,4 cas par an pour 100 000 femmes réglées.

    Caroline Paré : Même si c’est rare, si cela peut être mortel, il vaut mieux que les femmes en soient informées ! Concrètement, une femme qui a un début de choc toxique, que ressent-elle ?

    Dr Catherine Solano  : Elle commence par avoir brutalement une montée de température avec une fièvre élevée au dessus de 38°8. Et puis, des vomissements, des maux de gorge, une diarrhée, des douleurs musculaires, des étourdissements, et même une sensation qu’elle va s’évanouir quand elle est debout, et d’ailleurs, il peut y avoir une perte de connaissance. Et puis, il peut aussi y avoir une peau qui devient rouge comme s’il y avait un coup de soleil

    Caroline Paré  : Et que doit faire une femme si elle observe un ou plusieurs de ces signes ?

    Dr Catherine Solano : Elle doit tout de suite retirer le tampon et appeler le médecin ou se rendre aux urgences de l’hôpital.

    Caroline  Paré: Est-ce que les tampons sont seuls en cause ?

    Dr Catherine Solano : Non. Le moment après l’accouchement ou après l’IVG sont des périodes à risque plus élevé de choc toxique. Et tous les dispositifs placés à l’intérieur du vagin peuvent être en cause, comme par exemple la coupelle menstruelle.

    Caroline Paré : Qu’est-ce qu’une coupelle menstruelle ?

    Dr Catherine Solano  : C’est un tout petit récipient souple en silicone qu’une femme place à l’intérieur du vagin pour recueillir le sang des règles.

    Donc la coupelle vaginale augmente également le risque de choc toxique. Mais il existe d’autres dispositifs qui peuvent être en cause comme les capes cervicales ou les diaphragmes qui servent pour la contraception et que l’on introduit en intravaginal, également les éponges spermicides contraceptives, et les anneaux vaginaux contraceptifs. Tout ce qui est introduit dans la zone vaginale peut augmenter le risque de choc toxique.

    Caroline Paré: Et les rapports sexuels favorisent-ils ce choc toxique alors ?

    Dr Catherine Solano : Non ! En fait, c’est la durée longue que le dispositif passe à l’intérieur du vagin qui entraîne un risque. La durée associée au traumatisme de la paroi vaginale. Or, le pénis ne passe que peu de temps dans le vagin, et il est très doux, étudié par la nature pour ne pas blesser le vagin !

    Caroline Paré : Et comment soigne-t-on ce choc toxique ? Vous avez dit qu’il peut être mortel. Est-il souvent aussi grave ?

    Dr Catherine Solano  : On commence par ôter le dispositif en cause. On place une perfusion à la femme pour passer du liquide. Parce que le problème du choc, c’est la fuite de liquide hors des vaisseaux qui est dangereuse et il faut la compenser. Et, bien sûr, on donne des antibiotiques adaptés et l’on désinfecte la zone atteinte, ici la zone vaginale. La femme doit parfois être mise en service de réanimation pour un traitement très agressif si le choc est grave.

    Caroline Paré  : Peut-on prévenir ce choc toxique ?

    Dr Catherine Solano : Oui, on peut en tout cas en diminuer le risque. Déjà, quand une femme a déjà eu un choc toxique, il ne faut pas qu’elle utilise de dispositif intravaginal parce qu’elle est à risque de récidive assez élevé. Ensuite, il ne faut pas garder un tampon ou une coupe menstruelle plus de 4 heures dans la journée idéalement et au grand maximum 6 heures. Il vaut mieux éviter d’en porter la nuit, et préférer des serviettes ou alors les placer juste avant de dormir et les ôter au réveil.

    Et surtout, bien se laver les mains au savon avant de toucher un tampon que ce soit pour le mettre en place ou pour l’ôter.

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