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    Science

    L'excision et les mutilations sexuelles en baisse en Afrique

    media A l'occasoin de la journée mondiale contre l'excision, un colloque international a été organisé le 6 février 2014 à Paris, en partenariat avec l’UNICEF France. unicef.fr

    Selon une enquête de la revue British Medical Global Health, le nombre des mutilations sexuelles baissent en Afrique et particulièrement chez les enfants de moins de 14 ans. Ces résultats se basent sur le dernier rapport de l’Unicef qui estime que 200 millions de femmes et d’enfants ont subi des mutilations sexuelles à travers le monde. Des chiffres encourangeants, mais à relativiser.

    L'étude menée à partir des données de l'Unicef fait état d'une baisse encourageante de ces pratiques mutilantes en Afrique de l'Est (-7,3% par an entre 1995 et 2014). En revanche, le rythme de déclin de ces pratiques est plus lent en Afrique du Nord (-4,4% par an entre 1990 et 2015) et en Afrique de l'Ouest (-3% par an entre 1996 et 2017).

    C'est une bonne nouvelle pour ce continent dont on rappelle régulièrement qu’il faut stopper ces pratiques ancestrales. Pourtant, malgré ces bons résultats dus en partie aux campagnes de sensibilisation, plus de trois millions de fillettes courent encore le risque, d’être excisées chaque année. Comme au Mali d’abord, en Mauritanie, en Gambie ou encore en Guinée Bissau, à Djibouti et au Soudan, ils sont au nombre de 4 enfants sur 10 à subir ces mutilations alors que l’on constate dans certains pays comme le Togo, le Bénin ou le Ghana une très faible prévalence aujourd’hui.

    [Infographie] En 2017, toujours 200 millions de femmes victimes d'excision

    L’étude évoque donc la nécessité de poursuivre l’information et convaincre les populations d’abandonner ces pratiques dangereuses qui mutilent celles qui les subissent. Les risques sont nombreux, tant sur le plan de la santé physique, comme les risques d’infection par exemple liés à des conditions d’hygiène insuffisantes voire inexistantes ou de mortalité à l’accouchement ; mais également psychologique, en portant atteinte au plaisir sexuel, avec en toile de fond une mainmise totale sur la sexualité des femmes.

    La prudence s’impose

    Dans la plupart des pays, l’excision est illégale mais la forte pression sociale reste une vraie difficulté pour un problème de santé publique toujours préoccupant. D’autant qu’un nouveau constat fait état de mutilations plus tardives, souvent à la veille du mariage, et qui n’entrent donc plus dans ces statistiques…

    Enfin, il pourrait y avoir des sous-déclarations de la part des populations dans des pays où les mutilations sont interdites, de peur d'une sanction. Les progrès sur ce déclin observé statistiquement sont donc à relativiser.

    Mais si l’on parle autant de l’excision sur le continent africain, c’est que les pays ont décidé de coopérer en permettant d’interroger leurs populations sur la prévalence de l’excision et d’autres formes de violences faites aux femmes et aux enfants. Ainsi, les statistiques permettent de constater les progrès en la matière.

    En Asie

    Ce n’est malheureusement pas le cas en Asie où la prévalence est beaucoup plus importante. En Indonésie notamment, le nombre des victimes est estimé à 70 millions.

    Ailleurs, aucune donnée scientifique bien sûr, seuls des témoignages de femmes viennent d’être signalés au sud de la Thaïlande. D’autres régions comme au Dhagestan et en Tchétchénie s’ajoutent à la liste des pays pratiquant l’excision.

    Une des ONG qui s’intéressent au sort de ces femmes et jeunes filles, Sayo, vient de révéler des cas émanant de la diaspora Bohra d’Inde et du Pakistan. Un phénomène à grande échelle qui s’étend jusqu’en Angleterre et aux Etats-Unis.

    → RELIRE : L'excision en Inde, un secret bien gardé

    Au Proche-Orient

    Pour tous les chercheurs qui s’intéressent aux mutilations sexuelles, le Proche-Orient est la région du monde où l’inquiétude reste de mise car aucune statistique n’est possible. Seuls les témoignages de certaines ONG qui accompagnent ces femmes traduisent la terrible réalité.

    Au Yémen, les chercheurs sociologues s’accordent à dire que les mutilations sexuelles sont établies avec une prévalence de 70%, un chiffre toujours estimé, en l’absence de statistiques. Wadi, une ONG allemande a découvert des cas d’excision au Kurdistan irakien et en Iran. D’autres précisent même que des courants musulmans recommandent l’excision en la comparant tout simplement à la circoncision masculine.

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