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    Europe

    COP24: comment financer les pertes et dommages dus au changement climatique?

    media La violence de l'ouragan Maria a ravagé les Caraïbes, en 2017. RFI / Anne Corpet

    En matière de climat, le sujet des pertes et dommages dus au changement climatique est rarement abordé. Personne ne semble prêt à en porter la responsabilité et, donc, à payer. Il s’agit pourtant de dommages terribles. Les ouragans qui ont sévi ces dernières années sur la planète en sont un des nombreux exemples.

    Avec notre envoyée spéciale en Pologne,

    A Katowice, le sujet n’est pas abordé de façon concrète. Savoir « qui paye et pourquoi » est une question qui fâche, et les pays les plus atteints par le changement climatique - principalement des pays pauvres - ne peuvent pas être satisfaits.

    Pourtant, les conséquences sont dramatiques. Avec seulement un degré de plus en moyenne, des évènements météorologiques et climatiques extrêmes se produisent de plus en plus souvent, avec de graves conséquences. La Dominique, par exemple, ne s’est toujours pas remise du cyclone Maria en 2017, qui a dévasté les îles des Caraïbes.

    Or, si les pays vulnérables ont réussi à faire créer, en 2013, à Varsovie, un mécanisme international pour les pertes et dommages dus au changement climatique, puis à faire intégrer dans l’accord de Paris, en 2015, un chapitre dédié, aucun mécanisme de financement rapidement accessible n’a été encore mis en place.

    Propositions d’ONG

    Des ONG font donc cette semaine une proposition en ce sens, et elles ont produit un rapport, qui propose de créer une taxe pour les dommages climatiques. « On en a besoin parce qu’on a déjà vu l’impact du changement climatique », nous explique Saleemul Huq, directeur du Centre international sur les changements climatiques et le développement au Bangladesh.

    « On n’a pas réussi à l’empêcher, et maintenant on voit qu’il y a des pertes et des dommages partout dans le monde, et en particulier dans les pays pauvres comme le mien, le Bangladesh. Il est maintenant clair que le rôle de l’humain dans le changement climatique est fondamental. Nous avons plus d’inondations graves, de cyclones, il y en avait déjà avant mais pas aussi graves que maintenant. Et les gens perdent leur mode de vie, quelquefois leur vie, et les infrastructures, et il faut que quelqu’un paye pour ça. Alors ce qu’on demande maintenant c’est que le principe du pollueur-payeur soit appliqué aux entreprises qui ont causé ces dommages. Il y en a une petite douzaine dans le monde, elles font des milliards de dollars de profit de la pollution et des dommages qu’elles nous causent, elles devraient payer ! »

    Prélèvement auprès des entreprises

    Cette taxe pourrait être prélevée directement à la source, auprès des pollueurs, c’est-à-dire les entreprises responsables de l’effet de serre. Exxon, Total et les autres entreprises pétrolières devraient s’acquitter d’une taxe directement indexée sur l’extraction des fossiles. La taxe serait versée dans les fonds verts.

    Et pourrait, à termes, rassembler une coquette somme, selon les calculs de Julie Anne Richards, de l’ONG Stamp Out Poverty, à l’origine de cette proposition. « Notre nouveau rapport calcule que si l’on commençait à faire payer une taxe globale pour les dommages climatiques à un faible taux, 5 dollars la tonne de CO2, - ce qui est plus faible que ce que l’Union européenne fait payer actuellement sur le marché du carbone - ; si l’on commençait à un faible taux et qu’on augmente tous les ans de 5 dollars jusqu’en 2030, puis qu’on l’augmente ensuite de 10 dollars par an, on devrait récolter un montant substantiel. On pourrait lever jusqu’à 300 milliards de dollars par an pour aider à payer les pertes et dommages, 300 milliards de dollars de financement pour les pays les plus pauvres qui sont en première ligne du changement climatique. Donc nous pourrions récolter un montant d’argent significatif en partant d’un faible taux, mais qui augmenterait régulièrement. »

    Aider les pays pauvres

    Les ONG proposent qu’une partie de ces montants soit aussi consacrée à aider les pays les plus pauvres à faire une juste transition écologique, en les aidant à sortir des énergies fossiles, et à transformer les emplois pour construire une nouvelle économie verte.

    Les ONG envisagent de proposer cette solution aux Nations unies dans le cadre des négociations climat, l’ONU ayant déjà l’architecture et la gouvernance qui pourraient gérer cette taxe pour les dommages climatiques.

    en illustration des effets du changement climatique, (ré)écoutez le Grand reportage: Les Peuls M’Bororo du Tchad face aux changements climatiques

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