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    France

    Hydroélectricité: ONG et peuples indigènes alertent sur l'impact des barrages

    media L'installation du méga-barrage brésilien de Belo Monte a notamment impliqué la défroestation de 6—000 kilomètres carrés de forêts. Mauro Pimentel / AFP

    Jusqu’au 16 mai, Paris accueille le Congrès mondial de l'hydroélectricité, organisé par l'International Hydropower Association (IHA), la plateforme la plus importante de l'industrie pour les méga-barrages.

    Les barrages, et surtout ceux situés dans les forêts tropicales, ne vont pas sauver le climat, bien au contraire, estiment les défenseurs de l'environnement. « Les grands barrages ont une empreinte carbone énorme, rappelle Gert-Peter Bruch de l'ONG Planète Amazone. Déjà, vous devez déforester. Prenons exemple sur le cas [du barrage] de Belo Monte : 6 000 kilomètres carrés de forêts. C’est gigantesque. Et la deuxième chose, c’est que quand vous inondez le barrage alors qu’il y a encore des arbres dedans qui n’ont pas été coupés, ça pourrit à l’intérieur du réservoir et là vous émettez massivement du méthane. C’est un gaz qui est 23 fois plus puissant comme gaz à effet de serre que le CO2. »

    Un constat partagé par Hervé Assossa Soumouna Ngoto, leader du peuple Pygmée au Gabon. Les barrages construits dans son pays à partir des années 70 ont un impact néfaste sur son peuple et ses conditions de vie, explique-t-il.

    « Il y a parfois des inondations qui envahissent toutes les rivières, une fois que le barrage est plein. Ça va jusque dans les rivières d’eau douce. C’est déjà un impact pour la population parce que, nous, on n’a pas de marché. Nous, notre marché, c’est la pêche dans les rivières d’eau douce, puis un peu de la forêt. La forêt est menacée aussi, il y a des inondations. Si ça couvre les plantations, la banane, le manioc sont dans l’eau. Et quand c’est dans l’eau, ça pourrit. »

    Mais les inondations ne sont pas le seul problème, rappelle le représentant pygmée. « On ne peut pas vivre, on ne peut pas manger et nourrir notre petite famille. Il y a de la pollution. La rivière est sale, il y a des débris, il y a des trucs qui quittent des usines et ça va s’infiltrer dans les rivières. On est obligé de boire cette eau et ça nous rend malades. Et il ne faut pas qu’on pense seulement à nous-mêmes, il faut qu’on pense à la génération future. »

    Venus du Brésil, les dirigeants du peuple indigène Munduruku lancent un appel aux sociétés françaises, comme EDF et Engie, pour qu'elles arrêtent de construire ces barrages. « C'est surtout notre santé qui est affectée, témoigne Candido Waro Munduruku. Nous attrapons beaucoup de maladies depuis la construction de ces barrages puisqu'elle engendre une pollution du fleuve. Or, nous nous baignons dans le fleuve ! Nous buvons son eau et nous tombons malades aussitôt. »

    Mais protester est dangereux. Selon les ONG, des dizaines de personnes se font tuer chaque année en Amérique du Sud en raison de leur opposition aux barrages.

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