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    Science

    Les végétaux: vers une alternative aux plastiques?

    media «Cactus nopal», Mexico. Omar TORRES / AFP

    Face à l’urgence climatique et à la toxicité de certaines matières plastiques, les ressources végétales s’immiscent de plus en plus dans nos produits du quotidien.

    La chercheuse mexicaine Sandra Pascoe Ortiz, de l'Université de la vallée d'Atemajac, a mis au point un substitut au plastique, réalisé à base de jus de cactus. C’est dans une démonstration accordée à la BBC le 4 juin 2019 que la chimiste a montré la transformation du végétal en un matériau élastique.

    En mixant le jus des feuilles de cactus et en ajoutant des composés chimiques non toxiques, le résultat a l’apparence du plastique et peut être plus ou moins rigide selon le résultat escompté. Il se dégrade entre dix jours (s'il est dans l'eau) et un mois, ce qui réduit de manière considérable son impact sur l'environnement lorsqu'il se détériore.

    Ce plastique végétal présente un avantage : il est comestible. Ce qui signifie qu'il peut être ingéré sans causer de risques, ni pour l’homme, ni pour l’animal. En extractant seulement le jus des feuilles, la base du cactus continue de vivre, donc cela n'altère pas la flore locale.

    Les industriels à l’assaut du règne végétal

    Outre le Mexique, la France aussi se tourne davantage vers les bienfaits des végétaux. Pour Mariane Flamary, déléguée générale de l’Association Chimie du Végétal (ACDV), face à la crainte de la raréfaction du pétrole, les industriels qui se lancent dans la chimie verte veulent« structurer une nouvelle filière industrielle tout en promouvant des produits issus de matériaux végétaux ».

    C’est une « innovation industrielle de rupture » avec des composants moins toxiques, qui se biodégradent plus rapidement dans la nature. Ils intègrent la composition des peintures, des cosmétiques mais aussi du bitume.

    La chimie du végétal permet des produits dits « biosourcés », c’est-à-dire obtenus à partir de matières premières renouvelables issus de la biomasse. Certains produits peuvent se composter et/ou se recycler. Mais tous les produits biosourcés ne sont pas tous biodégradables et vice versa.

    Aujourd’hui, la chimie du végétal attire aussi bien de grands groupes industriels comme des start-up tournées intégralement vers la filière. Parmi les biomasses les plus couramment utilisées, on retrouve le blé, la betterave sucrière, l’huile de ricin, le bois ou encore les algues.

    Des innovations de niche

    Interrogé sur la biodégradabilité du plastique, Boris Eyheraguibel, chercheur à l’Institut de chimie de Clermont-Ferrand, estime que « le terme de "biodégradable" regroupe beaucoup de choses, il est parfois utilisé à tort et à travers. Dans la plupart des cas, ce terme désigne le temps que prend un matériau pour se décomposer dans la nature. Mais en réalité tout se dégrade, juste à des rythmes différents, influencés par leur environnement (comme la température, le taux d’humidité, ndlr). Alors, vanter les mérites d’un matériau biodégradable n’a pas de sens, puisqu’en soi, ils le sont tous ».

    « Ces innovations en matière biodégradalité sont évidemment souhaitables, puisqu’on remplace le plastique par des composants naturels et renouvelables. Mais le développement de cette filière profite aussi au greenwashing (stratégie de communication d'une entreprise auprès du public en utilisant l'argument écologique, afin de se donner une image éco-responsable, ndlr), sans oublier que c’est un secteur de niche face à l’industrie du plastique.  »

    Et pour cause, l’équivalent de 11,38 tonnes de plastiques sont produites toutes les secondes dans le monde, alors que l’essor de la chimie du végétal est assez récente, puisqu’elle date des années 2000.

    Un enjeu de société

    Si ces alternatives aux plastiques sont une réelle avancée, il est encore « inenvisageable de les utiliser pour tous les types de produits, notamment ceux nécessitant des résistances mécaniques particulières, comme le pare-chocs d’une voiture », explique Boris Eyheraguibel.

    « Aujourd’hui, nous faisons face à un diagnostic qui est alarmant, la production de plastique ne cesse d’augmenter avec un chiffre record de 350 millions de tonnes produites dans le monde en 2018. »À titre de comparaison, 320 millions de tonnes avaient été produites en 2015, la production ne cessant d'augmenter.

    « Nous ne pouvons pas non plus ignorer que nous n’avons pas encore toutes les connaissances nécessaires pour résoudre les problèmes environnementaux. Les alternatives au plastique ne sont pas assez considérables en comparaison avec le pourcentage de plastique qui entre sur le marché ». Boris Eyheraguibel considère que l’enjeu autour du plastique peut se voir à quatre niveaux différents : politique, industriel, scientifique et sociétal. « La plasturgie pèse lourd, c’est ce qui explique sa complexité, car beaucoup de secteurs d’activité en dépendent ».

    « La vraie solution dépend des politiques et consisterait à réduire la quantité de plastique produite et mise sur le marché », préconise le chercheur de l'Institut de chimie de Clermont-Ferrand.

    Les composants végétaux permettent de réduire l’empreinte carbone des industriels tout en utilisant des ressources renouvelables, mais « il serait illusoire de croire que les végétaux pourraient remplacer complètement les matières plastiques », considère la déléguée générale de l’ACDV. « La chimie végétale ne peut pas concurrencer la production de plastique pour le moment. »

    À l’heure actuelle, 3% seulement des produits chimiques fabriqués dans l’Union européenne sont des produits biosourcés, soit 4,7 millions de tonnes de produits par an.

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