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    Science

    Alimentation et climat: l'urgence des choix de nouveau pointée par le GIEC

    media Un champ de soja près de Santa Fe, en Argentine. Getty Images/Silvina Parma

    Le GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat publie ce jeudi un nouveau rapport spécial. Dans ce document, des préconisations pour réduire le réchauffement climatique et changer en profondeur la gestion des terres, la production agricole et l'alimentation. Le temps est compté, alors que le réchauffement des terres émergées atteint déjà 1,53°C (océans compris). Dès 2°C de réchauffement global, les crises alimentaires d'origine climatique seront plus sévères et plus nombreuses, selon le GIEC.

    Les scientifiques préconisent notamment une refonte totale de l'usage des terres et une réduction de la consommation de viande. L'élevage intensif se traduit par un déboisement drastique au profit de plantes fourragères pour nourrir le bétail. On pense à l'abattage massif de forêts au Brésil ou encore dans le Chaco paraguayen et argentin.

    C'est ce cercle vicieux que mettent en lumière les experts du GIEC dans leur document. Pour nous nourrir, nous dégradons les sols avec l'agriculture et l'élevage intensifs. Une fois dégradés, ces sols accélèrent le réchauffement climatique : le carbone que ces sols n'absorbent plus se retrouve dans l'atmosphère et contribue donc au réchauffement des températures !

    « Nous, les humains, avons un impact sur 70 % des terres libres de glace et un quart de ces terres sont en mauvais état, a lancé en ouverture de la présentation du rapport la climatologue Valérie Masson Delmotte, co-présidente du GIEC. La façon dont nous produisons notre nourriture contribue au déclin des écosystèmes et de la biodiversité et quand les sols sont dégradés, ils absorbent moins de carbone ».

    Le rapport du GIEC note également que l’approvisionnement en viande par habitant a plus que doublé en moyenne depuis 1961, alors même que 820 millions de personnes souffrent de la faim et que près de 2 milliards d’adultes sont en surpoids ou obèses.

    Notre alimentation et les modes de production intensifs qu’elle nécessite ont des conséquences dévastatrices sur l’environnement.  Selon le rapport du GIEC, l’agriculture, l’exploitation forestière et d’autres activités liées à l’utilisation des sols représentent sur la période 2007-2016 quelque 23% des émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine. En y ajoutant les industries de transformation des aliments, cette part monte même à 37%.

    Nourrir 11 milliards d’êtres humains

    L’autre inquiétude des experts du GIEC concerne notre capacité à nourrir une population qui pourrait atteindre les 11 milliards d’êtres humains avant la fin du siècle. En engendrant de plus en plus d’épisodes de canicules, de sécheresses ou au contraire de précipitations intenses, le réchauffement risque de perturber la production agricole mondiale en réduisant les rendements. D’ici à 2050, les experts du GIEC préviennent que le prix des céréales devrait connaître une augmentation médiane de 7,6% avec des conséquences immédiates pour la sécurité alimentaire des populations les plus pauvres.

    Consommer moins de viande !

    Pour limiter au maximum l’impact de notre alimentation sur le réchauffement climatique, le GIEC préconise de réduire drastiquement notre consommation de viande. Pour sortir de cette surconsommation, il appelle à réduire de 50% nos aliments carnés, avec des baisses encore plus importantes de l’ordre de 70 à 90% dans les pays d’Europe de l’Ouest ou d’Amérique du Nord, qui comptent parmi les plus gros consommateurs de viande.

    Il nous faut aussi privilégier les aliments à base de plantes, tels que ceux basés sur les céréales secondaires, les légumineuses, les fruits et légumes, les fruits à coque et les graines et des aliments d’origine animale produits dans des systèmes résilients, respectueux de l’environnement. Enfin, les experts du GIEC invitent chacun d’entre nous à limiter au maximum le gaspillage alimentaire, et rappellent que chaque année, 25 à 30% de la production agricole mondiale est perdue ou gâchée.

    Les délégations des 195 pays membres du GIEC étaient réunies depuis vendredi, pour examiner ce document spécial des experts des Nations unies (ONU) pour le climat consacré au « changement climatique, à la désertification, à la dégradation des sols, à la gestion durable des terres, à la sécurité alimentaire et aux flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ».

    À lire aussi : La lutte contre le réchauffement passe par nos assiettes, à la Une de la revue de presse

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