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    Culture

    Patrimoine: les serres du jardin du Luxembourg ouvrent leurs portes au public

    media Les vergers conservatoires du Luxembourg préservent des variétés de pommiers et de poiriers oubliés. Emmanuelle Lacheny/RFI

    À Paris, les Journées européennes du Patrimoine donnent accès à des lieux surprenants. Les 21 et 22 septembre, dans le 6e arrondissement de Paris, le jardin du Luxembourg fera visiter ses serres d'orchidées, d'ordinaire fermées au public. Les visiteurs pourront également découvrir les vergers conservatoires.

    Entre le Quartier latin et Montparnasse, le jardin du Luxembourg entoure le Sénat. Non loin de l'hémicycle, des pommiers et poiriers anciens se succèdent sur l’équivalent de deux terrains de foot, soit 2 200 km carrés. Les vergers conservatoires préservent une diversité végétale importante, héritée du XVIIe siècle. Franck Delaleix, responsable des vergers conservatoires, connaît chaque arbre et ses secrets. « À l’époque, les producteurs de la liqueur de poire WIlliams installaient directement la bouteille sur le poirier, puis le fruit poussait dans la bouteille ». L’homme, accompagné de son équipe, prend soin des 230 variétés de poires et 330 variétés de pommes.

    Pour pouvoir identifier les arbres et retracer leur généalogie, le jardinier peut compter sur des catalogues d’époque, édités et dessinés. Devenue obsolète avec l’arrivée de l’analyse génétique, la science est venue compléter et enrichir les données préexistantes. « On travaille en collaboration avec l’Inra, l’institut national de la recherche agronomique. Ils nous aident à établir des relations génétiques entre les arbres. »

    Perpétuer le patrimoine

    Les arbres fruitiers ont une durée de vie assez longue, environ une centaine d’années. Les greffes réalisées au jardin du Luxembourg permettent de garder une trace de ce patrimoine végétal. « C’est important de préserver cette diversité, on oublie trop souvent qu’il y a d’autres variétés que ce que peuvent nous proposer les supermarchés », explique le jardinier.

    Les feuilles des arbres ont blanchi sous l’effet de l’argile pure, une alternative aux produits phytosanitaires. Ici, pas de molécules de synthèse, mais des recettes de grands-mères pour entretenir les plants. Des décoctions de prêle et d’ortie sont pulvérisées sur les plantes, l’ail et sa décoction soufrée font fuir les insectes. « La nature se débrouille très bien toute seule, on fait assez peu de traitements ou de travail de la terre ». Rare intervention humaine, les fruits sont emmaillotés dans des sachets blancs pour éviter de perdre toute la récolte en laissant les perruches vertes les grignoter.

    Les fruits récoltés sont ensuite triés. Certains ne sont pas comestibles crus et doivent mûrir avant d’être consommée. Une partie se consomme tapée, c’est-à-dire desséchée. Une fois prêts, ils rejoignent d’autres collections ou sont donnés aux Restos du coeur du 6e arrondissement.

    Des fleurs rares

    Quelques centaines de mètres plus loin, dans un endroit reculé, quatre serres se succèdent. Dans l’une d’entre elles, une collection de fleurs particulières y est préservée. Les pieds dans l’eau, mardi, jour d’arrosage oblige, Baptiste Étienne déambule à travers les orchidées détrempées. Responsable de la collection d’orchidées, il veille au bon maintien de ces plantes. Installées dans un coin éloigné du grand public, au jardin du Luxembourg, les 628 espèces bénéficient des soins d’une dizaine de jardiniers. Souvent inodores, certaines ont pourtant des parfums distinctifs, des odeurs de vanille ou de clou de girofle.

    Pour préserver ces variétés anciennes, âgées de plus d’une centaine d’années, les multiplications se font grâce aux croisements. Baptiste Étienne dénombre aujourd’hui 745 hybrides. Les noms qui leur sont attribués font souvent référence à des doyens de facultés. En 1911, Mabel Sanders a ainsi donné son nom à un croisement.

    C'est un passionné de la botanique, Achille Ricard, directeur de la faculté de Pharmacie, qui commence en 1800 sa collection d'orchidées. Très vite, il lie des relations privilégiées avec les explorateurs et les navigateurs, qui lui ramènent des plantes des quatre coins du monde. Les fleurs particulières aux formes animales l’intriguent. Aucune vertu médicinale ne leur est attribuée, mais la collection du directeur s’agrandit petit à petit. À l’époque, rares et précieuses, synonymes d’exotisme, les plantes attisent la curiosité. Sa collection prend un nouvel essor, grâce à un jeune étudiant brésilien de passage à Paris. Une fois rentré au Brésil, il lui propose de lui envoyer régulièrement des plantes.

    En 1860, c'est dans la panique que les orchidées sont relogées au jardin du Luxembourg. Achille Ricard voit sa serre frappée d'alignement. Les grands chantiers de Paris débutent avec les travaux Haussmann et la capitale française prend l'apparence qu'on lui connaît aujourd'hui. Les quatre serres lumineuses du jardin du Luxembourg ont été construites pour les accueillir. Plus tard, des orchidées asiatiques sont venues compléter la collection, comme les cymbidiums, moins fragiles.

    Originaires d'Asie, ces fleurs poussent au Japon et en Chine. Emmanuelle Lacheny/RFI

    Un écosystème en péril

    Originaires de Guyane française, d’Amérique Centrale ou des contreforts de l’Himalaya, les orchidées poussent partout dans le monde. Plantes intelligentes, elles se servent de leurs racines pour s'agripper à un arbre ou un rocher en hauteur, de façon à pouvoir capter la lumière et créer leur photosynthèse. À l’exception des pôles et des déserts, elles s'épanouissent partout. « Les orchidées ont eu la capacité de s’adapter à tous les milieux, contrairement aux idées reçues, qui les pensent fragiles », précise Baptiste Étienne. « Cela dit, elles peuvent mettre quatre à cinq ans pour donner leur première fleur, il faut être patient », s’amuse-t-il. Pour reproduire au mieux leur condition naturelle, les orchidées sont cultivées dans des substrats composés d’écorces de pin et de terre ou dans des mousses imbibées d’eau.

    « Le travail avec le vivant est délicat, on perd parfois des espèces. Donc notre but premier reste la sauvegarde d’espèces ». Pour cela, tout un réseau est mis en place. Les plantes cultivées peuvent être envoyées à des collectionneurs ou à des sanctuaires. L’utilisation des produits phytosanitaires n’a plus cours depuis une dizaine d’années, ce qui aide à avoir des plantes saines, mais parfois abîmées par les insectes. « Cette lutte biologique est la solution la plus saine qu’on ait trouvée ».

    « Cette plante vient des Comores, explique le jardinier en pointant une orchidée blanche au long éperon. Les paysans font leur brûlis sur les terres où elles poussent. Le problème, c’est l’impact sur l’écosystème, puisqu’elle nourrit le papillon sphinx », déplore-t-il d’un ton amer. Dans les serres du jardin du Luxembourg, un espace presque sanctuaire, elles sont préservées des incendies et des déforestations. Un trésor végétal auquel les jardiniers veillent.

    L'orchidée originaire des Comores est une espèce en voie d'extinction. Emmanuelle Lacheny/RFI
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