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France

Vaccin contre le cancer du col de l’utérus remboursé à 65%

par Dominique Raizon

Article publié le 12/07/2007 Dernière mise à jour le 12/07/2007 à 15:58 TU

Le remboursement du Gardasil «<em>pourrait atteindre 100 millions d'euros par an</em>», estime le ministère.(Photo : AFP)

Le remboursement du Gardasil «pourrait atteindre 100 millions d'euros par an», estime le ministère.
(Photo : AFP)

Les jeunes françaises vont désormais bénéficier de la prise en charge du vaccin Gardosil de Sanofi Pasteur MSD par la caisse nationale de l’assurance-maladie. Ce vaccin, déjà disponible sur le marché français depuis novembre dernier, vise à protéger les pré-adolescentes et les adolescentes contre le papillomavirus, un virus responsable de lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus. Jusqu’à présent, le coût élevé de ce produit totalement innovant a freiné les prescriptions. «Le remboursement de ce vaccin est une grande avancée pour la santé des femmes», déclare la ministre de la santé Roselyne Bachelot.

Le cancer de l’utérus est la deuxième cause de mortalité par cancer avec quelque 3 000 décès par an aux Etats-Unis et 300 000 dans le monde. Il devrait désormais devenir moins ravageur car, suite à l’avis favorable du Comité technique des vaccinations, rendu public le 9 mars 2007, la sécurité sociale remboursera désormais le vaccin Gardosil, dont ont déjà bénéficié plus de trois millions de jeunes filles dans le monde -notamment aux Etats-Unis, au Canada et en Allemagne. Si, en France, l’accueil réservé au vaccin a été frileux, c’est en raison de son coût, les trois injections nécessaires étant facturées 165 euros la dose.

La vaccination devrait contribuer à réduire la morbidité liée à cette infection par le papillomavirus, sexuellement transmissible, à condition que les jeunes filles soient vaccinées avant d’entamer une vie sexuelle. «Il est clairement utile de les vacciner avant l’âge de 14 ans. Pour les plus âgées, le vaccin peut être proposé encore entre 15 et 23 ans, à condition qu’elles n’aient pas eu de partenaires sexuels, en tout cas pas plus d’un au cours de leur vie», souligne le docteur Michel Rosenheim, membre du Comité technique des vaccinations. Le vaccin n’apportant pas une protection totale contre toutes les souches du virus, les médecins préconisent de continuer à utiliser des préservatifs tant que la vie sexuelle n’est pas stabilisée, et insistent sur le maintien du dépistage régulier du cancer de l’utérus.

Le cancer du col de l'utérus met au minimum sept ans à émerger

Le cancer est causé par une infection virale provoquée par le virus du papillome humain (VPH). Hommes et femmes sont tous deux porteurs du virus, mais il fait davantage de ravage chez les jeunes femmes, dont le système immunitaire est moins développé. Environ 80 % des femmes sexuellement actives sont infectées par un VPH, contracté lors de relations intimes. Elles l’ignorent car il n'y a aucun symptôme apparent de celui-ci chez ses porteurs, mais près de 10 % des femmes infectées développeront une anomalie au col de l'utérus, comme des lésions ou des cellules précancéreuses.

En France, le cancer du col de l'utérus tue encore près de mille femmes chaque année. Jusqu’à présent, on ne disposait pour lutter contre ce type de cancer que de tests de dépistage, appelés «frottis». Le cancer du col ne naît jamais sur un col sain; il est toujours précédé de lésions inflammatoires, virales (condylome) ou dysplasiques (modification de l'architecture cellulaire) qui ont toutes pour caractéristique de modifier la forme ou l'architecture cellulaire. Des modifications cellulaires qui peuvent être reconnues grâce au frottis.

Le cancer du col de l'utérus met au minimum sept ans à émerger, mais il lui faut généralement 20 à 30 ans pour se développer. La détection par un frottis de ces lésions, généralement présentes dix à quinze ans avant le développement d'un cancer, permet d'intervenir pendant cette période de latence. Décelé à ses débuts, le cancer de l’utérus, qui est statistiquement le plus meurtrier des cancers féminins, se traite facilement, avec un taux de succès de 100 %. Pris trop tard, en revanche, il se traite mal et avec peu de succès.