par Dominique Raizon (avec AFP)
Article publié le 01/02/2008 Dernière mise à jour le 01/02/2008 à 10:41 TU
Plus de vingt millions de Français ont été vaccinés entre 1994 et 1998 contre le virus de l’hépatite B, maladie à l'origine de cirrhoses ou de cancer du foie. Mille trois cents d'entre eux ont subi des effets secondaires neurologiques, dont un millier de scléroses en plaques, selon certaines estimations. Lancée en 1994 par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, la campagne nationale de vaccination contre l’hépatite B a été suspendue en 1998. A partir de 1997, plusieurs plaintes pénales ont été déposées, aujourd'hui instruites par une juge. Le dossier compte 29 parties civiles dont 5 représentent des victimes décédées.
Les responsables du laboratoire britannique SmithKline Beecham, aujourd'hui GlaxoSmithKline (GSK) et de la société Pasteur Mérieux MSD - Aventis Pasteur, aujourd'hui Sanofi Pasteur MSD, ont été inculpés le 31 janvier 2008 pour « tromperie sur les contrôles, les risques et les qualités substantielles d'un produit ayant eu pour conséquence de le rendre dangereux pour la santé de l'homme », selon une source proche du dossier. Le laboratoire Pasteur MSD est également mis en examen, en tant que personne morale, pour « homicide involontaire » pour la mort d'une patiente décédée en 1998, à l'âge de 28 ans d'une sclérose en plaques et dont les parents se sont constitués partie civile.
L'information sur le vaccin s'est faite « dans le respect de la réglementation et des procédures en vigueur », a assuré un porte-parole de GSK. « Ces accusations ne sont pas justifiées », réfute Sanofi Pasteur MSD.
En 2004, une étude de la revue américaine Neurology avait suggéré un lien entre le vaccin et la maladie. En 2007, le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française, avait admis ce lien de causalité dans le cas d'une infirmière atteinte d'une sclérose en plaques, à la suite d'une vaccination contre l’hépatite B.13/01/2005 à 10:11 TU