par Christian Sotty
Article publié le 15/02/2008 Dernière mise à jour le 15/02/2008 à 13:49 TU

Essai américain de tir de missile anti-satellite, le 13 septembre 1985.
(Photo : Paul E. Reynolds/ U.S. Air Force)
Le président George W. Bush « a ordonné au département de la Défense de procéder à l'interception », a annoncé jeudi le conseiller adjoint à la Sécurité nationale James Jeffries.
Lequel a précisé que la décision avait été prise en raison du risque pour la vie humaine de la rentrée dans l'atmosphère terrestre de ce satellite encore porteur de près de 500 kilos d'un carburant toxique appelé hydrazine.
Plusieurs éléments de cette affaire incitent à penser que les arguments pour engager cette action de destruction d’un satellite espion américain par un missile ne sont guère convaincants. .
En tout cas une chose est sûre : si le missile atteint son but, cela va générer une nouvelle foule de débris en orbite basse – ce qui va donc polluer davantage notre espace circumterrestre . Et l’on se souvient récemment des vives réactions des pays occidentaux quand la Chine avait fait exploser un satellite en orbite base au moyen d’un missile.
Détruire l’engin… pour éviter qu’il ne tombe entre les mains des Russes
Pour certains spécialistes, l’argument évoqué par les militaires américains du carburant liquide toxique qui se trouve encore dans le réservoir du satellite en perdition ne tient pas la route dans la mesure où le satellite va se désintégrer sur les couches denses de l’atmosphère dans ses derniers instants, et que l’hydrazine va brûler à une centaine de kilomètres d’altitude, normalement sans provoquer de pollution toxique particulière au sol.
Alors, pourquoi vouloir détruire ce satellite espion en orbite ? Peut-être parce qu’il risque tout simplement de retomber par exemple en Russie – un pays qu’il aurait dû très probablement survoler très souvent depuis l’espace – et que les militaires américains craignent de voir leur technologie tomber entre les mains des Russes, pour peu que certains éléments ne brûlent pas lors du retour vers la terre.
Rien n’est impossible …