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Toxicologie

Alcool et cancer, quel tandem ?

par Valérie Cohen

Article publié le 09/04/2009 Dernière mise à jour le 15/04/2009 à 15:50 TU

(Crédit : CIVP/F.Millo)

(Crédit : CIVP/F.Millo)

En février dernier, une brochure publiée par l’Institut national du cancer a mis le feu aux poudres en France : selon cette agence, boire un verre d’alcool tous les jours augmente le risque de développer la maladie. Les réactions ont été féroces, notamment dans le milieu viticole. Mais certains spécialistes ont également contesté ces conclusions ...

Jusqu’à maintenant, on considérait qu’une consommation modérée, soit deux ou trois verres d’alcool par jour, était sans danger, voire bénéfique pour le cœur et les artères.

Mais selon l’Institut national du cancer, boire un verre par jour augmenterait le risque de développer une tumeur au niveau des voies supérieures, comme la bouche ou l’œsophage, mais aussi du côlon ou du sein, et ce quelque soit la boisson alcoolisée.

Le Docteur Damien Barrois, responsable du département de la prévention des cancers au sein de cette agence, explique qu' « il y a deux grands types de mécanismes. Il y a un mécanisme qui est direct, c’est-à-dire sur le passage de l’alcool au niveau du pharynx, au niveau de la partie haute de l’œsophage. Et ce mécanisme est un mécanisme de lésion au niveau des muqueuses avec une fragilisation de la barrière des cellules permettant à d’autres cancérogènes, et en particulier au tabac, de pénétrer dans les cellules et d’avoir une action directe au niveau du noyau cellule. Quant à l’alcool, l’éthanol est transformé en une molécule, l'acétaldéhyde, capable d’avoir une action sur le noyau cellulaire, où se situent les chromosomes. Et c’est cette action qui rend la cellule potentiellement cancéreuse ».

« Des polyphénols qui s’opposent aux effets délétères de l’alcool »

Pour certains spécialistes, le vin doit être différencié des autres alcools car cette boisson contient des substances appelées polyphénols qui auraient un effet protecteur vis-à-vis du cancer dans le cas d’une consommation modérée.

Norbert Latruffe, professeur de biochimie, est chercheur à l’Inserm. Il témoigne : « Au laboratoire, nous travaillons sur les effets de ces polyphénols isolés de vin sur des cellules en culture qui sont cancéreuses et nous observons que ces cellules s’arrêtent de croître très fortement en présence de ces polyphénols. Sur les animaux, on relève également des effets protecteurs, qui ralentissent la progression de tumeurs. Cela induit la conclusion que le vin contient des polyphénols qui s’opposent aux effets délétères de l’alcool ».

Damien Barrois rappelle que ses affirmations relèvent d’une expertise scientifique internationale

A ceux qui mettent en cause les conclusions de l’Institut national du cancer, Damien Barrois rappelle qu’elles sont le fruit d’une expertise scientifique internationale : « En fait, il y a eu trois grandes institutions -si on considère que l’Institut national du cancer est une institution au niveau international- qui se sont penchées sur la problématique en même temps, qui ont analysé de façon indépendante et concomitante la littérature internationale et scientifique et qui en sont arrivées aux mêmes conclusions : l’alcool pris même à une dose modérée, mais de façon répétée, quotidienne, augmente le risque ».

Ce risque de cancer n’est pas le même chez tous les individus. Entrent en ligne de compte notamment le surpoids, la consommation de tabac ou encore une prédisposition individuelle.

Pour en savoir plus :

Consulter les sites

- de l'Institut national du cancer

- du CNRS / Où en est la recherche contre le cancer ?

- du l'Inserm

- des Etats généraux de l'alcool