publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle

Energie

L'Empire State Building, futur modèle emblématique d'écologie

par Dominique Raizon (avec AFP)

Article publié le 15/05/2009 Dernière mise à jour le 15/05/2009 à 13:05 TU

Les Etats-Unis joignent le geste à la parole : le plus haut gratte-ciel de New York s'est attelé à la gigantesque tâche de changer ses 6500 fenêtres et modifier ses systèmes de chauffage, d'aération et d'illumination pour réduire de quelque 38% sa consommation d'énergie.

L'observatoire du 86e étage de l'Empire State Building de Manhattan offre un panorama à 360°.© Licence de documentation libre GNU

L'observatoire du 86e étage de l'Empire State Building de Manhattan offre un panorama à 360°.
© Licence de documentation libre GNU

Le projet représente plusieurs millions de dollars mais les immeubles commerciaux produisent 78% des émissions de gaz à effet de serre à New York : « cela doit aussi servir d'exemple, au delà de ce gratte-ciel et de cette ville », déclare Kathy Baczko, responsable du département environnement de la Fondation de l'ancien président Bill Clinton, qui soutient l'initiative. Les économies d'énergie seront pleinement efficaces en 2013, permettant de réduire les coûts de fonctionnement de 4,4 millions de dollars par an.

« Ce n'est pas seulement une transformation écologique »

L'opération ajoute 20 millions de dollars aux 500 millions que va coûter une rénovation générale du bâtiment. Andrew Malkin, président de la société immobilière Wien & Malkin, qui gère l'Empire State Building, compte attirer des locataires haut-de-gamme. « Ce n'est pas seulement une transformation écologique, il s'agit de faire des affaires », souligne-t-il. Les ingénieurs se sont penchés durant 18 mois sur les solutions, mais également sur les causes des problèmes. « Nous avons analysé l'immeuble dans son ensemble », souligne Paul Rode, salarié du cabinet d'ingénierie Johnson Controls. Différents secteurs du bâtiment ont été testés et les principales modifications choisies, des fenêtres mieux isolées aux détecteurs de présence humaine pour les lumières.

La rénovation va commencer au sous-sol du gratte-ciel de 102 étages, qui se termine par une flèche illuminée chaque soir de couleurs différentes, en fonction des fêtes ou célébrations. La « salle des machines », actuellement une grande pièce dont un mur entier est couvert de vieux témoins lumineux et de manettes, va devenir un petit écran d'ordinateur plat. Divers programmes informatiques vont permettre de gérer avec sophistication les degrés de chaleur ou de fraîcheur désirés.

« C'est comme un grand laboratoire »

Depuis le 62e étage, Paul Rode explique que les vitres sont partie intégrante du nouveau système intelligent. « Nous nous sommes rendus compte que 6 500 fenêtres procuraient beaucoup de lumière, mais aussi beaucoup de chaleur », dit-il. Une troisième pellicule contenant des couches de gaz argon/krypton et de l'aluminium en quantités microscopiques, va permettre de créer une meilleure isolation et de repousser les rayons ultraviolets. « La lumière va entrer mais pas la chaleur », explique-t-il. Ancien ingénieur nucléaire dans la marine, Paul Rode avoue qu'il n'était pas enthousiaste au départ à l'idée de travailler sur un immeuble de bureaux.

Mais le gratte-ciel art-déco, escaladé par King Kong en 1933 dans le célèbre film, deux ans après l'inauguration, a réussi, avec ses problèmes complexes, à captiver son imagination. L'un d'entre eux consiste à réussir à rajeunir le monument historique sans en changer l'apparence et sans en bloquer l'accès aux quelque 10 500 locataires et environ 4 millions de touristes annuels. « C'est comme un grand laboratoire, où les découvertes seront ensuite exploitées ailleurs », dit-il.