par RFI
Article publié le 03/06/2009 Dernière mise à jour le 18/06/2009 à 14:04 TU
Le cancérologue Richard Schilsky de l'Université de Chicago (Illinois, nord), a souligné lors du 45ème congrès annuel de l'American Society on Clinical Oncology (ASCO), qui s'est réuni entre le 29 mai et le 2 juin à Orlando (Floride, sud-est), la nécessité de développer des thérapies plus personnalisées, plus efficaces mais aussi moins coûteuses, afin de faire face aux défis de l'explosion attendue des cancers dans le monde avec l'accroissement démographique.
Améliorer la prise en charge
Le médecin a noté qu'aux Etats-Unis, le risque de mourir d'un cancer recule depuis 15 ans mais le risque de mourir d'un cancer reste deux fois plus élevé chez les Américains ne disposant pas de couverture maladie, soit plus de 40 millions de personnes. Aussi le président Barack Obama a-t-il promis des moyens supplémentaires pour vaincre cette pathologie, en insistant sur l'importance de donner à chaque Américain une couverture maladie. « Il devient de plus en plus important de prendre en compte ces défis de manière à soigner chaque patient de la meilleure façon », a souligné le Dr Schilsky, président cette année de l'ASCO.
Pourtant, « même si le nombre de cancers est plus important dans les pays riches, la mortalité est moindre grâce aux soins et au dépistage », comparativement à « l'ensemble des pays en développement, [où] la situation déjà sombre (le cancer tue plus que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis) va fortement s'aggraver si rien n'est fait », a estimé le Dr Joseph Saba, patron de Axios, un cabinet de conseil basé à Paris.
Les cancers touchent de plus en plus le poumon et l'estomac
La "pervenche de Madagascar", une plante alcaloïde qui bloque la multiplication cellulaire, est utilisée dans le traitement de certains cancers.
© IRD/ Michel Hoff.
Or ces pays, pour la plupart dépourvus des moyens élémentaires de traitements anti-cancéreux, se heurtent à une autre difficulté : « ils n'ont pas forcément conscience de la gravité de la situation », selon le Dr Saba, citant le cas de l'Ethiopie, un pays de 40 millions d'habitants qui ne comptait qu'un seul cancérologue et aucun équipement de radiologie quand il a commencé un projet, il y a quatre ans, avec la firme pharmaceutique anglo-suédoise Astrazeneca.
« Outre le développement des infrastructures, l'accès aux médicaments anti-cancéreux à bas coûts est impératif pour relever le défi », a souligné le Dr Saba, faisant référence au programme américain mis en place par l'ancienne administration Bush pour fournir des anti-rétroviraux aux pays les plus pauvres afin de combattre les ravages du sida et réduire la mortalité. « Ca commence à bouger sur le cancer », a-t-il jugé. « Les gouvernements et la communauté médicale commencent à réaliser que c'est important ».
Pour en savoir plus :
Consulter le site de l'OMS sur le cancer
et le site officiel Sciences.gouv.fr /: interview vidéo du Dr François Eisinger / Dépistage génétique du cancer
Autour du sujet
Cet organisme s'occupe de l’accès aux soins dans les pays en développement notamment en matière de Sida et cancer.
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