par Dominique Raizon (avec AFP)
Article publié le 02/09/2009 Dernière mise à jour le 02/09/2009 à 12:08 TU
Les travaux ont été dirigés par une chercheuse en biologie moléculaire à l'Institut Butantan de Sao Paulo, Marisa Chudzinski-Tavassi, qui, après avoir recueilli la salive des tiques en plaçant des pailles sous leurs têtes, a reproduit les quelques gouttes ainsi collectées dans des cuves à levure pour procéder à des tests sur des rats de laboratoire cancéreux. Les résultats obtenus ont dépassé ses attentes.
La chercheuse raconte avoir découvert par hasard les vertus d’une protéine, baptisée Facteur X actif, en testant les propriétés anti-coagulantes de la salive de la tique -qui permettent au parasite de se gaver du sang des animaux ou des êtres humains auxquels elle s'attaque. Cette protéine présente des caractéristiques communes avec un anti-coagulant répandu baptisé TFPI, ou inhibiteur de type Kunitz, qui agit également sur la croissance des cellules.
« En 14 jours la tumeur diminue, en 42 jours elle disparaît »
Des tests en laboratoire ont ensuite été menés pour voir si la protéine produisait des effets sur les cellules cancéreuses et leurs résultats ont dépassé toutes les attentes des chercheurs. « A notre grande surprise, elle n'a pas tué les cellules saines, qui ont aussi été testées », se félicite Marisa Chudzinski-Tavassi, « mais elle a tué les cellules cancéreuses qui ont été analysées » :
« Si je traite quotidiennement une petite tumeur d'un animal pendant 14 jours, non seulement cette tumeurs ne se développe pas, mais sa masse diminue. Et si vous la traitez pendant 42 jours, la tumeur disparaît complètement », explique la chercheuse.
2ème étape: tests cliniques et investissements ...
Mais, « faire une découverte est une chose. La transformer en médicament en est une autre, totalement différente », regrette Marisa Chudzinski-Tavassi car, pour produire un médicament, il faudra cependant des années de tests cliniques et de gros investissements, deux choses que le Brésil ne peut pas fournir à l'heure actuelle.
En attendant, la chercheuse a déposé une demande de brevet pour la protéine de cette tique et sillonne le monde pour présenter sa découverte, qui a également fait l'objet de publications dans des revues médicales.
Pour en savoir plus :
Consulter les sites de
- l'Institut Pasteur / maladies transmises par les tiques
- CNRS / l'influence du réchauffement climatique sur l'augmentation des maladies transmises par les tiques
- l'Institut national de recherche agronomique (INRA) / tiques et maladies à tiques
- l'Institut de recherche sur les maladies infectieuses (IDRI) travaille en collaboration avec l'Institut Butantan de Sao Paulo