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    Dépêche

    Judo: "Championne olympique sans emploi", le coup gueule d'Emilie Andéol "pour que ça cesse"

    Par AFP
    media Emilie Andéol fête sa médaille d'or aux Jo de Rio, après sa victoire sur la Cubaine Idalys Ortiz en +78 kg, le 12 août 2016 AFP/Archives

    "C'est quand même dingue d'en arriver là pour que ça change les choses". Championne olympique en 2016, la judoka Emilie Andéol, en galère depuis un an, a poussé un "coup de gueule" qui a remué mardi le monde du sport, et les soutiens ont afflué.

    Présente à Tignes à l'occasion des Etoiles du sport, le rassemblement festif des sportifs, Emilie Andéol, retirée des tatamis depuis 2017, a livré ses difficultés post-carrière sportive dans un entretien au Parisien paru mardi, évoquant notamment le mal qu'elle a eu à se reconvertir et à trouver un emploi.

    "Ca fait un an que cette situation dure et à un moment c'est bon, il faut que ça cesse. Et surtout que cette histoire serve, notamment pour la génération de Paris 2024. Que mon vécu n’arrive pas aux autres. C’est pour cela que je m’exprime", a expliqué Andéol lors d'une point presse mardi soir à Tignes.

    La championne des Jeux de Rio (catégorie plus de 78 kg) ne s'attendait "franchement pas du tout" à provoquer un tel séisme avec son témoignage. "Mais je comprends pourquoi ça parle aux gens. Quand on dit championne olympique, pas d’emploi, ça ne va pas trop ensemble", dit-elle.

    "Je remarque que maintenant tout le monde m'appelle, tout le monde me demande +t'as besoin de quoi?+. Et ça j'aurais voulu l'avoir avant. Je trouve ça dingue, et c'est ce que je me suis dit ce matin en voyant que ça prenait une ampleur de malade, c'est quand même dingue d'en arriver là pour que ça change les choses", raconte la Bordelaise de 32 ans.

    - Burn out -

    "Effectivement aujourd’hui j'ai des appels de tout le monde. Mais ça j'en avais besoin bien avant, y a un an quand j'ai commencé à faire les démarches, quand j'ai commencé à dire aux gens que j'avais besoin d'aide en fait, et je l'ai pas eu", a-t-elle poursuivi, indiquant que cette situation l'avait "bouffée moralement, physiquement".

    Andéol a aussi évoqué son burn-out post-olympique. Elle avait alors décidé de se rapprocher de sa famille à Bordeaux, quittant son emploi au conseil départemental du Val de Marne.

    La titulaire d'une licence en management des organisations a souligné avoir poussé ce cri d'alarme pour que ce qu'elle a vécu n'arrive pas à d'autres sportifs.

    "L'idée n'est pas qu'on en parle pendant une semaine, maintenant c'est bon elle nous a dit qu'elle a un travail, parce que je peux le dire officiellement j'ai un travail (depuis une quinzaine de jours, ndlr). Et que ça s'arrête, on passe à autre chose".

    Emilie Andéol, bénéficiaire d'une bourse fédérale, a révélé qu'elle allait "travailler dans la formation" auprès de la société Ippon Technologie.

    "Ça me pesait depuis un petit moment, maintenant ça va mieux, je vois un peu le bout du tunnel. Des choses commencent à se concrétiser. J’avais besoin de faire ce coup de gueule pour que ça ne se reproduise plus. Il faut faire attention aux champions", a-t-elle insisté, reconnaissant avoir attendu trop d'un titre olympique.

    Mais, en aucun cas, elle ne regrette d'avoir été championne olympique, comme elle l'a déclaré au Parisien. "J’y suis peut-être allée un peu fort. Pour moi c’est une immense fierté d’avoir été championne olympique, je ne regrette pas du tout".

     
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