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Euro - Groupe C

L’Italie en quarts, les Bleus en enfer

par Jean-François Pérès

Article publié le 17/06/2008 Dernière mise à jour le 17/06/2008 à 21:53 TU

7e minute : Franck Ribéry se blesse. Le début du cauchemar français.  (Photo : Reuters)

7e minute : Franck Ribéry se blesse. Le début du cauchemar français.
(Photo : Reuters)

Soirée cauchemardesque pour l’équipe de France, battue 2-0 et éliminée par les champions du monde italiens. Ribéry s’est gravement blessé et Abidal a été expulsé. La Roumanie, qui n’a pas réussi à battre les Pays-Bas, est elle aussi hors course. Retour en temps réel sur une soirée aux conséquences lourdes pour l’avenir du football français.

Comme prévu, pour son 54e match à la tête des Bleus (il a dépassé pour l’occasion Jacquet et Lemerre), Raymond Domenech avait largement remanié l’équipe balayée par les Pays-Bas (1-4). Lilian Thuram cède sa place en défense centrale à Eric Abidal et son brassard de capitaine à Thierry Henry, Willy Sagnol le poste d’arrière droit à François Clerc, et Florent Malouda est remplacé par Karim Benzema pour un onze offensif disposé en 4-4-2 : Coupet – Clerc, Gallas, Abidal, Evra – Makelele, Toulalan, Govou, Ribéry – Henry, Benzema.    

Côté italien, la principale nouveauté est la présence dès le coup d’envoi d’Antonio Cassano, le fantasque attaquant de la Sampdoria de Gênes, Gennaro Gattuso faisant son retour. 

Les deux équipes n’ont de toute façon guère le choix : il leur faut s’imposer et espérer dans le même temps un faux-pas de la Roumanie face aux Pays-Bas.

Les statistiques récentes penchent en faveur des Bleus. Cela fait 30 ans que les Italiens n’ont pas battu les Français, la finale de la Coupe du monde 2006, remportée aux tirs au but par la Squadra Azzurra, étant considérée comme un match nul.

Un arc-en-ciel sur le Letzigrund…

L’arbitre de la rencontre est le très expérimenté slovaque Lubos Michel, qui donne le coup d’envoi alors qu’un arc-en-ciel se forme au dessus d’un Letzigrund de Zurich également partagé entre supporters des deux nations. L’averse a rendu la pelouse extrêmement glissante, ce qui pourrait favoriser le jeu offensif français.

Au même moment, Roumains et Néerlandais engagent à Berne, au stade de Suisse.

D’entrée, les Français mettent la pression et obtiennent deux corners, sans danger pour Buffon. La première occasion est cependant pour les Italiens avec Luca Toni, qui profite d’une mésentente de la charnière expérimentale Gallas-Abidal mais frappe à côté (3’).

… Puis le ciel s’abat sur Ribéry

Coup de théâtre à la 7e minute : en taclant Zambrotta au milieu du terrain, Ribéry tombe sans se relever et semble énormément souffrir. On craint une fracture ou une rupture du tendon d’Achille. C’est Samir Nasri, son ancien coéquipier à Marseille avec qui il est parait-il en froid depuis le début de l’Euro, qui le remplace.

Manifestement touchés par ce nouveau coup du sort après le forfait de Vieira, les Bleus tentent de reprendre le fil du match, à l’image de Benzema, qui tire à côté (15’).

A l’issue du premier quart d’heure, la Roumanie, qui tient en échec les Néerlandais (0-0) sans trop de difficultés, est provisoirement qualifiée. 

19e minute : Govou gâche une belle possibilité en contre en oubliant Clerc, démarqué sur la droite, au profit d’une frappe aussi écrasée que mal ajustée.

Le cauchemar français

Déjà difficile, la soirée se transforme en cauchemar à la 24e minute. Toni contrôle en extension dans la surface. Abidal le tacle par derrière. Penalty incontestable et carton rouge pour le Lyonnais. Pirlo transforme en force sur la droite de Coupet (1-0). Dans la foulée, Nasri est remplacé par Boumsong. Le Marseillais aura passé 17 minutes sur le terrain… 

Toni, lui, continue son festival et se crée trois nouvelles situations extrêmement favorables, mais ne parvient pas à cadrer.

A dix contre onze, les Français sont au bord de la rupture. Après une demi-heure de jeu, c’est l’Italie qui est en quarts de finale, puisque le score n’est toujours pas ouvert à Berne.

Insensiblement, les Bleus reprennent quelques couleurs. Henry tire à côté, Benzema rate son coup franc à 25 mètres. Mais la dernière occasion est italienne, et quelle occasion : un coup franc de la droite de Grosso est détourné du bout des doigts par Coupet sur son poteau gauche.

Henry dévie un coup franc dans son propre but…

0-0 à Berne à la mi-temps, 1-0 pour l’Italie à Zurich : les champions du monde sont pour l’instant qualifiés. Quant à la France, qui pourrait être menée 4 ou 5 à 0, on ne voit pas très bien ce qui pourrait désormais la sauver, tant les éléments lui semblent contraires. Y compris un terrible tacle de De Rossi sur Evra (45‘+2), non sanctionné par un Lubos Michel qu’on a connu plus sévère…

Les Français ont en tout cas le mérite de ne pas se décourager. A la 50e minute, Henry ne peut reprendre un centre de Clerc que Benzema expédie à côté des buts de Buffon. Dans la foulée, le capitaine français cadre enfin sa tentative, mais trop mollement pour inquiéter Buffon.        

Les choses se présentent d’autant mieux pour les Italiens qu’à Berne, Huntelaar ouvre le score en faveur des Pays-Bas (1-0, 55’). La Squadra est désormais idéalement placée pour décrocher cette deuxième place qualificative.

D’autant qu’à la 62e minute, Henry dévie dans ses propres buts un coup franc de 25 mètres plein axe de De Rossi (2-0)…   

Domenech frileux jusqu’au bout 

Raymond Domenech tente alors le tout pour le tout. Du moins le croit-on quand on voit Anelka se préparer à entrer pour le dernier changement. Qui l’attaquant de Chelsea va-t-il remplacer ? Un défenseur ? Un milieu défensif ? Non, Sidney Govou, milieu offensif droit. Au moins le sélectionneur sera-t-il allé au bout de ses conceptions frileuses…

A un quart d’heure de la fin, Benzema enroule une merveille de frappe enroulée que Buffon détourne au prix d’une parade digne du meilleur gardien du monde. 

Peu après, William Gallas se blesse à la cuisse. Mais les Bleus ont déjà effectué leurs trois changements, et le défenseur d’Arsenal, qui ne peut plus courir, est obligé de rester sur la pelouse. C’est donc quasiment à 9 que la France en termine avec cet Euro et s’apprête à passer à la trappe dès la phase de poules pour la première fois depuis 1992.

A Berne, les Pays-Bas parachèvent grâce à Van Persie leur troisième victoire d’affilée (2-0, 86’). Avec 9 points, les « Orange » devancent l’Italie (4 points), la Roumanie (2 points) et la France, dernière avec seulement un point. « Ca va péter », avait prédit avant match l’ancien international français Emmanuel Petit. Il risque d’être servi dans les heures qui viennent, tant les comptes à régler autour d’une sélection minée par les conflits internes semblent nombreux…