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Euro - Groupe D

La Russie comme une grande

par Jean-François Pérès

Article publié le 18/06/2008 Dernière mise à jour le 19/06/2008 à 08:44 TU

Zyryanov face au Suédois Mellberg. La Russie (depuis la chute de l'URSS) jouera ce 21 juin face aux Pays-Bas le premier quart de finale de sa jeune histoire. (Photo : Reuters)

Zyryanov face au Suédois Mellberg. La Russie (depuis la chute de l'URSS) jouera ce 21 juin face aux Pays-Bas le premier quart de finale de sa jeune histoire.
(Photo : Reuters)

Vainqueurs de la Suède (2-0), les Russes sont les derniers qualifiés pour les quarts de finale de l’Euro. Et c’est largement mérité, tant les joueurs de l’Est, à l’image de leur vedette Archavine, ont régalé les amateurs d'un football esthétique et délié. Prochain adversaire, les Pays-Bas. Dans l’autre match du groupe D, troisième défaite des ex-champions d’Europe grecs (1-2 contre l’Espagne).

Les données de ce dernier match du groupe D étaient simples : la Russie devait l’emporter pour se qualifier, la Suède faire match nul. Enjeu : un quart de finale à hauts risques contre les Pays-Bas, devenu en l’espace de trois brillantes sorties l’épouvantail de la compétition.

Offensifs, forcément offensifs les Russes, d’autant que leur prodige Archavine, l’homme qui a largement contribué à la victoire du Zénith Saint-Pétersbourg en coupe de l’UEFA, peut enfin exprimer son talent après avoir purgé deux matchs de suspension.

A quelques exceptions près, une opportune tête retournée en extension du vétéran Larsson sur l’arête des buts d’Akinfeev (27’), un tir trop écrasé de Ljünberg (42’) et un duel perdu par Nilsson devant le gardien russe (45’+1), les hommes de l’Est dominent copieusement une première période alerte.

Sur le côté droit, Archavine fait des misères à ses adversaires. Les occasions russes sont nombreuses, mais les hommes de Guus Hiddink pêchent par maladresse jusqu’à la 23e minute. Ibrahimovic, transparent (la vedette suédoise souffre du genou), perd le ballon, Anioukov démarque idéalement Pavlyuchenko, qui de l’intérieur du droit et des dix mètres trompe Isaksson (1-0).

Un gâchis offensif considérable

La juste récompense d’un football esthétique et délié, qui pousse souvent des défenseurs scandinaves -déjà fébriles- dans leurs derniers retranchements. Témoin, cette nouvelle action collective ponctuée d’un intérieur du droit de ce même Pavlyuchenko sur la transversale (35’).    

Malgré dix dernières minutes plus équilibrées et quelques situations chaudes dans la surface slave, la Russie rentre aux vestiaires avec un avantage qui suffit à son bonheur.

Celui-ci ne mettra d’ailleurs que cinq minutes à doubler de volume. Un dégagement suédois intercepté par les Russes, sur la gauche Jirkov offre une merveille de passe décisive à Archavine, qui conclut en finesse à la manière de Pavlyuchenko (2-0, 50’).

Etrangement apathique, la Suède, qui doit désormais inscrire deux buts pour se qualifier, va-t-elle enfin se réveiller ? Réponse négative, ce sont leurs adversaires qui se distinguent de nouveau en contre avec un troisième tir sur les montants, cette fois signé Zirianov (80’).

Plus rien ne sera marqué malgré un gâchis offensif considérable des joueurs de Hiddink, qui auraient pu l’emporter par cinq ou six buts d’écart devant une Suède inexistante, à l’image de sa star Ibrahimovic.

La Russie jouera samedi face aux Pays-Bas le premier quart de finale de sa jeune histoire (depuis la chute de l’URSS), la Suède est éliminée sans avoir montré quoi que ce soit.

Dans l’autre match (sans enjeu) de cette dernière soirée de phase de poules, victoire 2-1 des remplaçants espagnols sur la Grèce. Comme la Croatie et les Pays-Bas, l’Espagne termine cette première phase avec 9 points sur 9 possibles. Quant aux ex-champions d’Europe, ils quittent la compétition sur trois défaites. Pire que l’équipe de France.