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Euro - 1/4 de finale

L'Allemagne éclipse le Portugal

par Jean-François Pérès

Article publié le 19/06/2008 Dernière mise à jour le 19/06/2008 à 21:53 TU

Auteur du troisième but allemand, Michael Ballack (g) a largement contribué à l'élimination des Portugais.(Photo : Reuters)

Auteur du troisième but allemand, Michael Ballack (g) a largement contribué à l'élimination des Portugais.
(Photo : Reuters)

Superbe quart de finale à Bâle. Profitant des faiblesses de la défense portugaise, les Allemands s’imposent (3-2) au terme d’une haletante courte-poursuite. Favoris de cet Euro, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo échouent une nouvelle fois dans la conquête d’un titre majeur.

Portugal-Allemagne, c’est le duel des demi-finalistes malheureux du Mondial 2006 (la petite finale avait été remportée 3-1 par les Allemands). Mais cette fois, ce sont les Portugais, parfois impressionnants lors du premier tour, qui font figure de favoris.

La « Selecçao », entraînée par Luis Felipe Scolari, se présente dans sa composition-type. Ce qui n’est pas le cas d’une équipe allemande privée de Frings, touché aux côtes, et de Gomez, à qui Joachim Löw a préféré Podolski, malgré un mollet endolori.

Sur la pelouse patchwork, à peine replantée, du Parc Saint-Jacques de Bâle, le début de match est âpre. Les Allemands misent sur leur vivacité, les Portugais sur leur maîtrise technique. Pas d’occasion dangereuse jusqu’à la 19e minute et un centre de Nuno Gomes repris du genou au dessus de la transversale de Lehmann. Dommage, le milieu défensif portugais avait armé une reprise de la tête avant de se raviser…           

Le trident offensif du Bayern harponne la défense portugaise

Regrets d’autant plus vifs que trois minutes plus tard, profitant d’un bon travail de Podolski sur la gauche, Schweinsteiger surprend ses vis-à-vis pour battre Ricardo du droit au premier poteau (1-0, 22’). 

Les nombreux supporters lusitaniens n’ont pas le temps de se remettre de leurs émotions que le tableau d’affichage indique déjà 2-0 pour la « Nationalmannschaft ». Coup franc brossé du peroxydé Schweinsteiger, la défense centrale portugaise ne bouge pas et Miroslav Klose reprend  victorieusement de la tête (2-0, 26’).

Podolski, Schweinsteiger, Klose : le trident offensif du Bayern Munich a frappé. 

Trahi par son arrière-garde à 100 millions d’euros, le Portugal joue sur son point fort, la construction. Nuno Gomes est ceinturé de façon suspecte dans la surface (33’) avant de se venger à cinq minutes de la pause. Cristiano Ronaldo tire, Lehmann détourne mais le vétéran de Benfica parvient à réduire l’écart malgré les retours de Mertesacker et Metzelder (2-1, 40’).

Sur son banc, Luis Felipe Scolari exulte. D’abord mal en point, le Portugal revient à grande vitesse dans un match emballant. Les stars se distinguent : Ballack oblige Ricardo à un arrêt difficile (45’) et Cristiano Ronaldo ne cadre pas sa frappe à la sortie d’un raid sur la gauche (45’+1).

L’arbitre suédois M. Fröjdfeldt siffle la mi-temps sur la marque de 2-1 pour une Allemagne retrouvée, mais on sent le talent portugais capable de forcer la décision.

L’histoire bégaye

Impression confirmée en début de seconde période. Simao et compagnie accélèrent, les latéraux germaniques commettent de plus en plus de fautes et récoltent deux avertissements en deux minutes (Friedrich, Lahm). A bout portant, Pepe reprend au dessus un corner de Cristiano Ronaldo avant de récolter à son tour un carton jaune pour une charge sur Klose.

Au moment où on s’y attend le moins, l’histoire bégaye à la 61e minute : coup franc de Schweinsteiger, passivité absolue de la charnière lusitanienne, Ballack devance Paolo Ferreira et Ricardo, complètement hors du coup, pour redonner de l’air aux Allemands (3-1).

Etrangement, les Portugais sortent du match. Podolski est tout près de marquer le but du tournoi en reprenant des 35 mètres, de plein fouet, un ballon mal dégagé par les Portugais. Sa frappe quasi-parfaite frôle la lucarne d’un Ricardo archi-battu (77’).

Mais les coéquipiers de Cristiano Ronaldo ont de la ressource : Nani déborde sur la gauche, enroule son centre sur la tête de Helder Postiga qui trompe Lehmann (3-2, 88e).

Le talent ne suffit pas

Fatalement dominées par les Rouge et Vert, les dernières minutes voient les Allemands gérer intelligemment leur maigre avantage. Plus rien ne sera marqué. Morale de l’histoire : même moins brillante, l’Allemagne, qui a davantage joué en équipe, élimine les solistes portugais, ô combien plaisants, mais manquant cruellement de cohésion aux moments-clefs.

Sans évoquer une défense présentée comme la plus chère du monde et qui aura en effet coûté très cher, mais à son équipe…     

L’Allemagne poursuit sa route (elle affrontera en demi-finales le vainqueur de Croatie-Turquie), le Portugal échoue une fois encore. Le talent ne suffit pas pour conquérir les plus grands titres, doit se dire le sélectionneur brésilien Luis Felipe Scolari, désormais entraîneur de Chelsea…