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Euro - 1/4 de finale

Portugal : les raisons d'un (nouvel) échec

par  AFP

Article publié le 19/06/2008 Dernière mise à jour le 19/06/2008 à 23:13 TU

Ils avaient tout pour remporter leur premier tournoi majeur. Un joueur d'exception, un entraîneur reconnu, une défense considérée comme la plus chère du monde, des milieux travailleurs et talentueux... Comment expliquer le nouveau revers des Portugais, finalistes de l'Euro 2004 et 4e du Mondial 2006 ? Elements de réponse.

Nouvelle déception pour Cristiano Ronaldo et le Portugal.(Photo : Reuters)

Nouvelle déception pour Cristiano Ronaldo et le Portugal.
(Photo : Reuters)

Eliminé par l'Allemagne, le Portugal n'est pas parvenu à assumer son statut de favori de l'Euro-2008, en raison notamment de la pression qui a pesé sur Ronaldo et le sélectionneur Luiz Felipe Scolari, mais aussi le manque de densité physique en milieu de terrain.

L'affaire Scolari

Si, officiellement, l'annonce en plein Euro du futur départ de Scolari pour Chelsea n'a pas déstabilisé le groupe, la décision du sélectionneur de rejoindre Londres dès le 1er juillet a été mal perçue. Ricardo avait fait part "de la grande déception des joueurs". Le technicien brésilien a laissé dans cette affaire une partie de son autorité. Après avoir demandé à ses joueurs de ne pas parler 'transfert' durant l'Euro, il a fait exactement l'inverse.

Le feuilleton Ronaldo

En refusant de communiquer sur son futur, qui balance toujours entre son club actuel, Manchester United, et celui qui souhaite l'acquérir, le Real Madrid, Cristiano Ronaldo s'est trouvé à la merci des médias portugais, anglais et espagnols. Il a été littéralement harcelé lors de ses apparitions en conférence de presse ou à la sortie des vestiaires. Devant peser chacun de ses mots, le génial dribbleur a sans doute perdu de l'énergie dans la gestion de ce mauvais feuilleton. Pas facile dans ces conditions de rester concentré sur le jeu. D'autres joueurs concernés par des rumeurs de transfert se sont aussi dispersés. Deco, en particulier. Le meneur de jeu du FC Barcelone s'est même offert le luxe de quitter la Suisse durant une journée pour aller négocier son transfert à Chelsea. Pas sérieux...

Ricardo

Le parcours brillant du Portugal lors des premiers matches n'est pas parvenu à masquer les faiblesses du gardien de but Ricardo, véritable point faible de l'équipe. Très critiqué par la presse lusitanienne (à l'instar d'autres joueurs comme Petit), le dernier rempart du Betis Séville a toujours évolué sous pression. Pas idéal pour un gardien.

Manque de densité physique

Le milieu de terrain de la Selecçao a manqué de répondant physique. Deco (1,74 m), Petit (1,72 m) et Joao Moutinho (1,70 m) ne sont pas vraiment des monstres à ce niveau. Face à Michael Ballack (1,89 m) et à un milieu de terrain allemand composé de joueurs costauds, les Portugais ont souffert pour s'imposer, même si leur niveau technique les a souvent soulagés. A ce niveau-là, l'absence de Maniche n'a pas été compensée. Scolari n'avait pas sélectionné le milieu défensif de l'Inter Milan au motif qu'il n'avait pas assez joué cette saison en club. Ce fut peut-être une erreur. Car l'influence de Maniche sur et en dehors du terrain n'est pas négligeable.

Ronaldao-dépendance

Le sélectionneur Luiz Felipe Scolari n'a eu de cesse de prétendre que Cristiano Ronaldo était un joueur comme un autre, au service du collectif. Mais Ronaldo demande sans cesse le ballon et le jeu de la Selecçao penche inévitablement de son côté. Les deux autres attaquants, Simao et Nuno Gomes ne s'en sont pas ouvertement plaints, mais certains de leurs gestes en matches en disaient long sur leur sentiment.