par Marc Verney (Avec AFP)
Article publié le 20/06/2008 Dernière mise à jour le 20/06/2008 à 15:48 TU

Deux capitaines courageux: le Turc Nihat Kahveci (à g.) et le Croate Niko Kovac.
(Photos : AFP et Reuters)
Les Croates, forts de trois victoires au cours des premières phases et notamment d’un magnifique 2 à 1 devant les Allemands, abordent ce deuxième quart de finale de l’Euro avec un moral au plus haut. « La Croatie fait partie des cinq meilleurs équipes du monde », exulte le sélectionneur Slaven Bilic dans le quotidien Libération… « Tout le monde est fou de football en Croatie, les enfants y jouent partout, et les stars de football sont plus proches des gens que dans les pays riches, vous pouvez ainsi rencontrer Niko Kovac après un entraînement ou près de notre hôtel, rappelle encore Bilic, devant les journalistes, c’est plus facile avec nous »…
La décontraction, arme absolue de la Croatie ? Qualifiés dès leur deuxième match, les joueurs croates peuvent se le permettre. Mais cela camoufle une maîtrise du jeu redoutable, capable de s’adapter au style du bloc adverse. Face à l’Allemagne par exemple, les Croates virevoltants ont développé leur tactique favorite : pressing, agressivité, passes rapides et courtes, désorientant une équipe germanique lente et au style trop lisible. « Les Turcs n’abandonnent jamais », prévient cependant Slaven Bilic, qui a dû se visionner de nombreuses fois le fameux République tchèque-Turquie du groupe A, rencontre totalement folle ayant vu des joueurs turcs « planter » les deux buts synonymes de la qualification dans les dernières minutes de la partie.
Une équipe turque décimée
Entre les blessures et les suspensions, le sélectionneur turc Fatih Terim se désole de n’avoir à sa disposition, plus que « quinze joueur de champ et deux gardiens »… En effet, si Volkan et Aurelio sont suspendus, l’infirmerie turque est pleine : Servet, touché aux ligaments du genou gauche ne sera pas même pas rétabli pour d’éventuelles demi-finales, Tümer Metin, blessé aux adducteurs, ne sera pas non plus disponible, tout comme Emre Belözöglu et Emre Güngör, touchés aux mollets. L’arrière du Galatasaray étant forfait pour toute la suite du tournoi.
Pour remplacer son gardien titulaire Volkan Demirel, suspendu pour un mauvais geste face à l’équipe tchèque dans le temps additionnel du match, Terim a décidé de faire confiance à Rüstü Reçber (Besiktas). « C’est un joueur expérimenté, je suis sûr qu’il n’y aura pas de problèmes avec lui », a précisé le 19 juin face à la presse le sélectionneur turc. Du coup, devant cette cascade de contretemps, l’équipe turque va devoir encore plus s’appuyer sur son capitaine courage, Nihat Kavehci, décisif face aux Tchèques, le 15 juin dernier. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’attaquant du club espagnol Villareal joue le rôle de match winner : en qualifications de l’Euro, c’est lui, qui, en novembre 2007, devant les Norvégiens et les Bosniaques, marque le but qui envoie l’équipe du croissant à l’Euro 2008…
« Nous gardons notre philosophie, nos principes. Nous ferons preuve de courage. Nous avons besoin de l’énergie positive de tous derrière nous. C’est un très grand rendez-vous », conclut Fatih Terim, interviewé par l’Agence France Presse. Au total, quelque 200 000 supporteurs des deux camps sont attendus ce 20 juin à Vienne, autour du stade Ernst-Happel. Dans les quartiers de la capitale autrichienne, à grands coups de drapeaux et de slogans, le match a déjà commencé...
Deuxième quart de finale de l’Euro 2008
Croatie-Turquie, Vienne (stade Ernst-Happel) 20 juin, 18h45 TU