par Marc Verney (Avec AFP)
Article publié le 24/06/2008 Dernière mise à jour le 25/06/2008 à 12:00 TU
La Turquie et la Russie sont les deux grandes surprises de cet Euro 2008. D’abord en se qualifiant pour les quarts de finale, puis en éliminant brillamment la Croatie et les Pays-Bas, deux des trois épouvantails présumés de la compétition (avec le Portugal). Les joueurs de Fatih Terim et de Guus Hiddink s'attaquent maintenant à deux équipes majeures du continent, l'Allemagne et l'Espagne, en demi-finales, mercredi 25 et jeudi 26 juin.
Contre les Tchèques, battus sur le fil 3 à 2 le 15 juin, puis face à la Croatie, éliminée lors de la séance de tirs au but, la Turquie a montré qu’elle était capable de renverser des situations largement compromises. « Nous n’avons peur de personne », a ainsi clamé le défenseur central turc Gökhan Zan, le 23 juin, face aux journalistes. « Si nous arrivons à jouer notre football courageux, nous pouvons gagner » a conclu le joueur du Besiktas.
Turquie-Allemagne : grosse ambiance
L'Allemagne et la Turquie s'affrontent dans un grand tournoi pour la première fois depuis le Mondial 1954. Le match devrait se dérouler dans une chaude ambiance, particulièrement en raison des rapports étroits qu'entretiennent les deux nations. Plus d'un million et demi de Turcs vivent ainsi en Allemagne.
Confiante en ses capacités, l'équipe du sélectionneur Fatih Terim devra cependant puiser dans ses ultimes ressources pour réussir à éliminer l'Allemagne, trois fois championne d'Europe (1972, 1980, 1996) et deux fois finaliste (1976, 1992) de la compétition européenne. « Si nous gagnons, ce sera notre première finale dans un grand tournoi, indique à l’AFP le sauveur de l'équipe au croissant face aux Croates, l'attaquant Semih Senturk, nos adversaires pratiquent un football total, de haut niveau. Mais nous sommes déterminés ».
Message reçu à 100% par les Allemands : « Il ne faut pas se méprendre sur notre soi-disant statut de favori, explique le sélectionneur, Joachim Löw à l’Agence France Presse, les Turcs ont fait forte impression pour arriver en demi-finales, ils ont une certaine classe. Ce sont des joueurs très patriotes toujours prêts à se battre jusqu’au bout »… L’équipe allemande, impeccable face au Portugal (3-2) en quarts, aura la lourde tâche d’avoir à maîtriser l'enthousiasme des footballeurs turcs.
Chance pour Michael Ballack et ses coéquipiers : le groupe turc est diminué par de nombreuses absences pour cause de blessures ou suspensions. Ce qui a fait réagir le défenseur de l’équipe au croissant, Gökhan Zan, qui a préféré sourire devant l’accumulation des pépins : « Nous aurons peut-être treize ou quatorze joueurs disponibles seulement contre l’Allemagne… et si on va plus loin dans tournoi, on aura peut-être des difficultés à en trouver onze pour l’équipe de départ… »
Russie-Espagne, les retrouvailles
C’était le 10 juin dernier, au stade d’Innsbruck. Les Espagnols, favoris du groupe D, balayaient 4 à 1 des Russes atones, grâce notamment à David Villa, auteur du premier triplé de la compétition… Les retrouvailles entre les deux pays, ce jeudi 26 juin, en demi-finales à Vienne, font saliver les amateurs de revanche, même si Guus Hiddink, le sélectionneur des Russes, questionné par l’AFP, veut rester prudent : « Les Espagnols adorent attaquer, (ils) pratiquent un jeu à une touche de balle qui se rapproche le plus de notre façon de jouer. Sur ce match, il sera difficile de faire un pronostic ».
Principal atout de l’équipe russe, des individualités géniales, comme Andrei Archavine, suspendu lors des deux premiers matches de l’Euro et dont la rentrée sur les pelouses a métamorphosé le jeu du groupe. Mes joueurs « apprennent très vite », insiste encore le coach néerlandais des Russes, Guus Hiddink, lui-même admiratif devant l’abattage d’Andrei Archavine : « Il n’est pas un n°10 à l’ancienne qui se contente de recevoir le ballon et de le transmettre. Il est obligé de travailler sur le plan défensif. Dans le football moderne, si vous ne travaillez pas au milieu, vous n’avez aucune chance ».
Côté Espagnol, on admet que la tâche ne sera pas simple. Luis Aragonés, sélectionneur de l’équipe, concède que la Russie est l’équipe la plus solide physiquement parmi celles du dernier carré. « Nous devons faire en sorte de les empêcher de jouer et de développer leurs contre-attaques. Il faudra les presser et réduire les espaces », a encore indiqué le coach de la Seleccion devant la presse le 23 juin. Dans tous les cas, le groupe peut compter sur un gardien de choc, Iker Casillas, décisif face aux Italiens, dimanche 22 juin.
Demi-finales de l’Euro 2008
Allemagne-Turquie, mercredi 25 juin, Parc Saint-Jacques, Bâle,
18h45 TU
Russie-Espagne, jeudi 26 juin, stade Ernst-Happel, Vienne,
18h45 TU