par Marc Verney (Avec AFP)
Article publié le 25/06/2008 Dernière mise à jour le 25/06/2008 à 13:09 TU

Allemands et Turcs à l'entraînement. En 17 confrontations, l'Allemagne s'est imposée onze fois face à la Turquie.
(Photos : Reuters)
Il y a autour de 2 millions de Turcs en Allemagne. Dans ce vaste pays de plus de 82 millions d’habitants où le football est une culture à part entière, le match de ce 25 juin suscite une énorme effervescence. A Berlin, où les automobilistes allemands et turcs ont décoré leur véhicule du drapeau de leur équipe favorite, un espace de plus d'un kilomètre de long a été créé au pied de la porte de Brandebourg. Et ceci afin d'accueillir 500 000 amateurs de ballon rond.
Des entreprises comme Porsche, Daimler, Thyssen ou Alstom -où s’activent de nombreux travailleurs d’origine turque- ont aménagé des horaires spéciaux afin que leurs employés puissent suivre le match. A Istanbul, en Turquie, l'intérêt n'est pas moindre... Un écran géant a été installé sur la grande place de Taksim, située sur la rive européenne de la première ville turque, pour accueillir les milliers de gens qui viendront suivre le match.
Au niveau sportif, l'Allemagne est donnée favorite du premier match entre les deux équipes dans un grand tournoi depuis la Coupe du monde 1954. Le sélectionneur de la Deutsche Mannschaft, Joachim Löw, se veut optimiste, sans plus, sur le succès de son équipe : « Ce sera un match très spécial, indique-t-il à l’AFP, forcément car on est au stade des demi-finales. Il y aura de l'intensité face à des Turcs qui ont montré de belles choses. Ils ont une force mentale exceptionnelle. Gagner trois matchs dans les dernières minutes, cela montre leur force. Mais nous sommes préparés ».
Fair play über alles ?
Avec la confiance retrouvée depuis leur succès 3 à 2 face au Portugal en quarts de finale, le 19 juin à Bâle, les Allemands pourraient en plus profiter de l’absence d’une bonne partie de l’équipe de base turque. En cause, les multiples blessures et suspensions : « Il n'y a guère d'évolution concernant les blessés, a déclaré le sélectionneur turc Fatih Terim devant les médias. Seuls (le défenseur) Servet Cetin et (le milieu de terrain) Tümer Metin pourront peut-être jouer une demi-heure, mais certainement pas en début de match. Nous aviserons au dernier moment ». « Par contre, a poursuivi Terim, je n'ai aucun espoir de récupérer Emre Belözöglu pour ce match ». Le coach turc devra également se passer du défenseur Emre Güngor et de l'attaquant vedette Nihat tous deux forfaits jusqu'à la fin du tournoi.
Par ailleurs, la Turquie est privée de quatre joueurs suspendus : le défenseur Emre Asik, les milieux de terrain Tuncay Sanli et Arda Turan, et le gardien Volkan Demirel. Pour ce dernier, l’appel pour une réduction de suspension a été rejeté le 23 juin par la commission de discipline de l'UEFA.
Envoyé spécial de RFI à l'Euro 2008
«Ca commence à faire beaucoup d'absents pour la Turquie.»
« Au bout du compte, le gagnant c'est l'amitié », s’enthousiasme ce 25 juin au matin le très populaire quotidien allemand Bild qui publie dans ses pages la photo d'un ballon peint pour moitié aux couleurs du drapeau allemand et pour l'autre à l'effigie du drapeau turc… « La fraternité über alles (la fraternité par dessus tout) », clame pour sa part en une et en allemand le grand journal turc Hürriyet, qui estime que quel que soit le résultat de la demi-finale Allemagne-Turquie de cet Euro, le fair-play doit l'emporter…