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Euro - finale

Allemagne-Espagne, et la «vieille Europe» rajeunit

Article publié le 28/06/2008 Dernière mise à jour le 28/06/2008 à 23:25 TU

Formidable affiche pour clore le 13e Championnat d’Europe des nations (Vienne, 18h45 TU). L’Allemagne, quadruple vainqueur de la compétition, affronte l’Espagne, impressionnante depuis le début du tournoi. Les deux équipes pratiquant un football d’attaque, on peut s’attendre à du grand spectacle.
L'Espagne et l'Allemagne s'affronteront pour la finale du Championnat d’Europe des nations, dimanche 29 juin 2008. (Photos : Reuters)

L'Espagne et l'Allemagne s'affronteront pour la finale du Championnat d’Europe des nations, dimanche 29 juin 2008.
(Photos : Reuters)

Ce tournoi austro-suisse aurait pu annoncer un élargissement des frontières européennes avec un duel aux saveurs… asiatiques entre la Turquie et la Russie, demi-finalistes malheureux. Mais quatre ans après le triomphe surprise de la Grèce, la finale viennoise marque le retour au premier plan de deux valeurs traditionnelles du football européen.

Et surtout, après le triomphe de Grecs regroupés il y a quatre ans autour de leur défense, c'est le retour de l'offensive qui est récompensé.

L'Espagne, avec ses onze buts marqués au cours de l'Euro, trouvera à qui parler face à des Allemands ayant trouvé à dix reprises le chemin des filets, dont six fois en quarts et en demi-finales.

L’Allemagne broyeuse d'illusions

Avec douze finales (Mondial et Euro), trois titres mondiaux (1954, 1974, 1990) et trois sacres continentaux (1972, 1980, 1996), la « Nationalmannschaft » a longtemps été une redoutable machine à gagner, avant de sombrer au tournant des années 2000 dans une grave crise, malgré une finale de Coupe du monde 2002 en trompe-l'œil.  

Mais le sélectionneur Joachim Löw a su faire fructifier le travail de son prédécesseur, Jürgen Klinsmann, et la sélection est redevenue une broyeuse d'illusions pour ses adversaires. A 48 ans, Löw s'est même paré de l'aura d'un grand tacticien, avec ce pari du 4-5-1 qui a balayé le Portugal (3-2) en quarts et permis de résister à la tornade turque en demi-finales (3-2).

Le technicien allemand devrait reconduire ce dispositif avec Klose seul en pointe, soutenu dans l'entrejeu par Lukas Podolski, meilleur joueur et buteur de son équipe (3 buts avant la finale) qui, avec ses acolytes du Bayern Munich, Bastian Schweinsteiger et Philipp Lahm, masque parfois les insuffisances d’une formation par moments friable.

Car tout n'est pas parfait sur la planète allemande. Le capitaine Michael Ballack doit encore justifier son statut de star de l'équipe. Mais c'est surtout la défense, trompée déjà à six reprises, qui inquiète.

Les défenseurs centraux Christoph Metzelder et Per Mertesacker n'inspirent pas la plus grande confiance et le gardien de but Jens Lehmann fait son âge, 38 ans et 232 jours dimanche, ce qui lui vaudra d'être le joueur le plus âgé à participer à une finale d'un Euro.

L’Espagne sans Villa

En face, dimanche, il y aura l'Espagne, deuxième équipe la plus jeune du tournoi (après la Russie), qui hume à nouveau le parfum des grandes soirées.

Depuis son titre européen de 1964 et sa défaite en finale de l'Euro 84 contre la France de Michel Platini, aujourd'hui président de l'UEFA, la « Roja » était frappée d'une malédiction dès qu'elle approchait le stade des quarts de finale.

Les Espagnols ont cette fois bien négocié les rencontres à élimination directe, venant à bout en quarts des champions du monde italiens aux tirs au but (0-0 a.p., 4 t.a.b. à 2), avant d'écœurer, jeudi en demi-finales, la jeune et insolente troupe russe de Guus Hiddink (3-0). L'attaquant Andrei Arshavin a d'ailleurs beaucoup appris ce soir-là.

Dimanche, l'Espagne sera privée de David Villa, meilleur buteur du tournoi (4 buts), touché aux ischio-jambiers en demi-finales. Mais l'Espagne a affiché une telle sérénité et une telle maîtrise, avec un collectif mêlant jeunes loups, comme Fernando Torres, Sergio Ramos et Cesc Fabregas, et joueurs d'expérience avec Iker Casillas et Carles Puyol, que ce forfait ne semble qu'une péripétie.

D'autant que l'Espagne dispose dans ses rangs d'un super-remplaçant en la personne de Daniel Güiza, l'attaquant de Majorque, meilleur buteur de la Liga cette saison (27 buts). Ses statistiques parlent pour lui : 3 apparitions lors de l'Euro-2008, 154 minutes jouées et 2 buts sur 9 tirs.

Reste à savoir comment cette nouvelle Espagne vivra ce retour sous le feu des projecteurs, que l'Allemagne semble n'avoir jamais quitté…

Réalisation  Jean-François Pérès (avec AFP)