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Article publié le : mercredi 16 février 2011 - Dernière modification le : mercredi 16 février 2011

Contador échappe à la suspension et reprend la course

Depuis la révélation de son contrôle positif, le 24 août, Alberto Contador a dû faire face à une énorme pression médiatique.
Depuis la révélation de son contrôle positif, le 24 août, Alberto Contador a dû faire face à une énorme pression médiatique.
Reuters

Par Alejandro Valente

Alberto Contador, vainqueur des trois derniers Tours de France, soupçonné de dopage au clenbutérol, a été blanchi mardi 15 février 2010 par la Fédération espagnole de cyclisme. Deux semaines plus tôt, la même Fédération avait pourtant proposé une suspension d'un an à son encontre. En attendant des probables recours, Contador a repris la compétition ce mercredi au Tour de l'Algarve, au Portugal.

La Fédération espagnole de cyclisme a effectué un virage remarqué dans l'affaire Contador, en le déclarant innocent des soupçons de dopage deux semaines après avoir proposé une suspension d'un an à son encontre. Elle a retenu la bonne foi invoquée par Contador, qui affirme que la substance s'est retrouvée dans son organisme à son insu, après avoir mangé de la viande contaminée pendant le Tour de France. Pour la convaincre, le coureur cycliste, très populaire en Espagne, n'a pas ménagé sa peine, courant les plateaux télé et les radios pour plaider sa cause.

Alberto Contador a surtout insisté sur les traces minimes de clembutérol detectées, indiquant que d'après les spécialistes il est impossible d'ingérer de telles quantités de clenbutérol de manière directe, «à la petite cuillère». Et il a soutenu, sans pouvoir en apporter la preuve, que cette substance était contenue dans un filet de viande contaminée achetée à Irun, au pays basque espagnol, lors de la dernière journée de repos du Tour de France, dans les Pyrénées.

Des arguments qui ont donc fait mouche auprès de la Fédération espagnole et, plus largement, d'une opinion publique espagnole largement convaincue de son innocence. Même des responsables politiques ont pris fait et cause en sa faveur, y compris le Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero qui a écrit sur Twitter qu'il n'y avait pas de raisons juridiques pour sanctionner Contador. Des soutiens qui aujourd'hui permettent au coureur d'être provisoirement tiré d'affaire mais qui risquent à terme de se retourner contre lui, en donnant l'impression que la Fédération a cédé aux pressions politiques.

L'Espagne montrée du doigt

C'est surtout à l'étranger que ces pressions politiques risquent de faire le plus de dégats. Damien Ressiot, spécialiste de dopage au journal français L'Equipe, affirme n'avoir jamais vu ça. « Ça fait une dizaine d'années que je m'occupe de dopage dans différents sports et je n'ai jamais été confronté à une telle ingérence des politiques dans une affaire sportive, du moins dans les grands pays européens qui ont signé une convention et reconnaissent le code mondial anti-dopage. Je trouve absolument incroyable et scandaleux que le chef du gouvernement lui-même se permette d'entrer dans le débat en demandant que Contador soit blanchi. Je pense que l'Espagne a un réel problème avec le dopage, même si Monsieur Lissavetzky, le secrétaire d'État aux Sports, n'est pas d'accord avec cela ».

L'Espagne aurait donc un problème avec le dopage? De nombreuses instances en sont persuadées en constatant que, malgré des scandales à répétition, de l'affaire Fuertes à la toute récente affaire Galgo, touchant des dizaines de sportifs, les condamnations se font attendre. Mais en attendant, Alberto Contador peut poursuivre sa carrière dès ce mercredi au Tour de l'Algarve au Portugal. Pourtant, malgré la satisfaction et le soulagement qu'il affiche, le triple vainqueur du Tour de France n'a gagné qu'une première manche. L'Union cycliste internationale et l'Agence antidopage ne devraient pas se satisfaire de la décision de la Fédération espagnole et risquent de porter l'affaire devant le Tribunal arbitral du sport, le Tas. Damien Ressiot en est persuadé. « Il faut que les choses soient claires, explique-t-il. L'Union cycliste internationale a demandé à la Fédération espagnole de prendre une décision en son nom, mais maintenant elle a tout à fait le droit de contester cette décision. Même si je pense que ce sera plutôt l'Agence mondiale anti-dopage qui va se pourvoir devant le Tribunal arbitral du Sport ».

Les deux instances internationales ont un mois pour prendre une décision, une fois qu'elles auront reçu tous les éléments qui ont permis à la Fédération espagnole de blanchir Contador. Retiendront-elles la bonne foi? Damien Ressiot rappelle en tout cas qu'il y a un principe incontournable dans le Code mondial anti-dopage, c'est que « peu importe la manière dont une substance interdite est entrée dans votre organisme, à partir du moment où elle est entrée vous devez être sanctionné ».

En attendant, Contador planifie déjà sa saison, dont un des points forts devrait être sa participation au Giro, le Tour d'Italie du 7 au 25 mai, avec en point de mire un quatrième Tour de France, à partir du 2 juillet. Une participation très envisageable pour peu que le coureur parvienne à faire traîner son éventuelle comparution devant le Tribunal arbitral du Sport.

tags: Cyclisme - Espagne - Tour de France 2010
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