Football/Fifa - 
Article publié le : samedi 23 juillet 2011 à 22:15 - Dernière modification le : dimanche 24 juillet 2011 à 16:19

Football : La FIFA radie à vie Bin Hammam pour corruption aggravée

Le Qatarien Mohamed Bin Hammam, ancien président de la Confédération asiatique du football radié à vie par la FIFA.
Le Qatarien Mohamed Bin Hammam, ancien président de la Confédération asiatique du football radié à vie par la FIFA.
REUTERS/Fadi Al-Assaad/Files

Par Genc Burimi

Le président de la Confédération asiatique du football, le Qatari Mohamed Bin Hammam a écopé de la sanction la plus lourde de ses pairs qui enquêtaient sur une affaire de corruption le concernant. La FIFA l’a banni à vie de toute activité liée au football. Pas du tout surpris de cette décision qu’il qualifie d’injuste, Mohamed Bin Hammam a déclaré qu’il la contestera en appel devant la FIFA et devant d'autres instances de justice s'il le fallait.

Il voulait rivaliser avec Joseph Blatter au poste suprême de président de la FIFA, mais Mohamed Bin Hammam se retrouve banni du football comme un pestiféré. Et il ne s’étonne pas, estimant qu’il s’agit d’un scénario écrit d’avance pour l'éliminer, mais auquel il s’opposera jusqu’au bout devant la FIFA ou bien devant la justice helvétique, la Suisse étant le pays du siège social de l'organisation mondiale du football.

« Personne ne sera vraiment surpris si j'étais déclaré coupable »

Ce qui frappe dans le scandale touchant le dirigeant du football asiatique, c’est sa concomitance avec les élections internes de la FIFA, dans lesquels Bin Hammam était candidat, et la rapidité du verdict de la FIFA contre lui. Tout a commencé il y a à peine deux mois. En mai dernier, pendant que Mohamed Bin Hammam faisait campagne dans une élection qui l’opposerait à Blatter au poste du président de la FIFA, l’opinion publique apprenait qu’il avait essayé d’acheter des voix, notamment celles de la Confédération du football caribéen. Pas de preuves tangibles, mais des témoignages et des photos d’enveloppes qui auraient contenu jusqu’à 40.000 dollars. Mohamed Bin Hammam nie farouchement, mais l’accusation suffit qu’on le mette en dehors de la course à quelques jours seulement de l’élection.

Le 1er juin, Joseph Blatter, le président sortant, se présente sans rival, et naturellement conserve son poste à la tête de la FIFA. Quant à Mohamed Bin Hammam, suspendu de ses fonctions, il doit attendre le jour de la communication de la décision de la FIFA à l’issue de l’enquête interne. Ce jour-là, ce samedi 23 juillet, l’intéressé n’a même pas pris la peine de se rendre devant le comité d'éthique de la Fifa pour entendre la sanction. Il l’avait largement anticipée quand il déclarait : « personne ne serait vraiment surpris si j'étais déclaré coupable ».

Les conséquences de la radiation de Mohamed Bin Hammam

Sur un plan interne à la FIFA, la condamnation de Mohamed Bin Hammam a entrainé sur le champs, celle aussi des personnes qu’il a tenté de corrompre, notamment Debbie Minguell et Jason Sylvester, deux responsables du football caribéen. Ceux-ci sont suspendus un an de toute activité liée au football. Quant au vice-président de la Fifa, le Trinitéen Jack Warner accusé lui aussi de complicité, il avait préféré démissionner le 20 juin dernier. Avec ces condamnations, la FIFA referme aussi la polémique soulevée par Mohamed Bin Hammam quand il avait déclaré :

"On m’a suspendu parce que j'aurais soudoyé des personnes. Et ça ne surprend personne que ceux qui prétendent avoir reçu ces supposés pots-de-vin ne soient pas frappés de la même sanction que moi?".

Mais la FIFA ne fera pas cependant cesser le bruit médiatique autour de cette affaire. D’abord, parce que Mohamed Bin Hammam, convaincu de son innocence, est décidé d’épuiser toutes les voies de recours possibles. Et cela risque de durer un certain temps. Ensuite, les médias britanniques sont sur les starting-block, prêts à demander la réouverture de l’enquête sur les soupçons de corruption dans l'attribution du Mondial 2022 au Qatar, pays d’origine de Mohamed Bin Hammam. Puisque celui-ci est reconnu coupable de corruption, ce serait l’occasion de voir aussi s’il n’a pas agit de façon illicite dans l’attribution des Mondiaux qui a ému jusqu’à la classe politique en Grande-Bretagne. Le parlement britannique a même crée une commission d’enquête dédiée aux conditions d'attribution des Coupes du monde de football 2018 en Russie et 2022 au Qatar. La condamnation de Bin Hammam risque de relancer le débat.
 

tags: Football - Sports
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction
Fermer