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Article publié le : dimanche 08 avril 2012 à 20:46 - Dernière modification le : lundi 09 avril 2012 à 12:26

Paris-Roubaix : Tom Boonen, sous les pavés, la gloire

Tom Boonen est entrer dans l'histoire du cyclisme avec une quatrième victoire dans Paris-Roubaix, le 8 avril 2012.
Tom Boonen est entrer dans l'histoire du cyclisme avec une quatrième victoire dans Paris-Roubaix, le 8 avril 2012.
REUTERS/Francois Lenoir

Par Farid Achache

Pour la quatrième fois de sa carrière, le Belge Tom Boonen (Omega Pharma) s'est imposé dans Paris-Roubaix ce dimanche 8 avril 2012. Grâce à cette victoire, il entre dans l'histoire du cyclisme et rejoint son compatriote Roger De Vlaeminck au panthéon de l'Enfer du Nord. Sébatien Turgot (Europcar) et Alessandro Ballan (BMC) complètent le podium.

De notre envoyé spécial sur Paris-Roubaix

La Belgique tient son nouveau héros et le cyclisme belge n’en finit plus de nous surprendre. En remportant son quatrième Paris-Roubaix, le plus rapide depuis que les organisateurs ont adopté le parcours moderne en 1968, Tom Boonen entre dans l’histoire de la Reine des classiques. Trente cinq ans après son compatriote Roger de Vlaeminck. Une victoire acquise après une échappée solitaire d’environ 50 kilomètres, à la manière d’un Cancellara, son principal rival, absent de cette 110e édition ou d'un Johan Museeuw, également trois fois vainqueur à Roubaix.

Tom Boonen s'offre une des plus belles pages du cyclisme

Tom Boonen dans sa chevauchée solitaire sur le 110e Paris-Roubaix, le 8 avril 2012.
REUTERS/Bernard Papon

Tom Boonen aura donc survolé le printemps des classiques avec sa troisième victoire dans le Tour des Flandres la semaine dernière et deux succès de prestige : le Grand Prix E3 et Gand-Wevelgem.

A 31 ans, sur le vélodrome de Roubaix, l’Anversois s’offre une des plus belles pages de l'histoire du vélo. Preuve que l’Enfer du Nord, si souvent décrié, peut encore faire rêver grâce à un coureur d’une modernité incroyable, pour un sport considéré à tort, comme un peu désuet.

Dans la tranchée de Wallers-Arenberg, Tom Boonen décide de faire parler sa classe. A l’approche de la difficulté majeure de la journée, ce sont douze coureurs échappés qui abordent le secteur pavé le plus réputé. Mais ils seront bientôt relégués au rang de figurants, comme Yaroslav Popovich, vainqueur chez les espoirs en 2001, qui se retrouvera à terre.

« On a ressenti qu’il avait retrouvé de la force »

Paris-Roubaix peut être impitoyable pour certain, mais en ce dimanche de Pâques, Tom Boonen avait les dieux à ses côtés. Dès lors, le Belge qui fait partie du peloton des poursuivants en compagnie des leaders du jour, notamment Alessandro Ballan et Filippo Pozzato place deux accélérations, et se lance dans sa chevauchée solitaire.

Arrivée en solitaire de Tom Boonen sur le vélodrome de Roubaix, le 8 avril 2012.
REUTERS/Francois Lenoir

Tom Boonen n’a plus qu’à développer sa puissance quand la meute lançée à ses trousses ne fait que constater les dégâts. De trente secondes, son avance passe à une minute trente dans le célèbre secteur du Carrefour de l’arbre.

Le Mano à mano tourne en eau de boudin alors que pas moins de quatre coureurs de l’équipe Sky, font partie de la chasse. Ce qui fait dire à Christian Prudhomme, directeur de l’organisation : « On a ressenti qu’il avait retrouvé de la force au Tour du Qatar ». Et pour cause. Beau joueur, Tom Boonen avouera à l’arrivée : « Avec une minute trente, j’ai pensé que c’était bon. Mais j’avais peur qu'un Ballan ou Pozzato revienne au carrefour de l'Arbre. » Et d’ajouter, « c’est la plus belle victoire de ma carrière. Je n’ai pas souvent eu la possibilité de faire des coups comme celui-là ».

« Un coureur au-dessus du lot »

Mais il faut bien l’avouer, la concurrence du jour s’est vite résignée. « Boonen était trop fort, rien à dire », à déclaré Alessandro Ballan (BMC). Quant à Juan Antonio Flecha (Sky), il avoue : « Nous avons essayé et fait tout notre possible. Mais il y avait un coureur au-dessus du lot ». « Je suis épuisé, on s’est mis à plat ventre », a commenté Luca Paolini (Katucha).

Frédéric Guesdon lors de son dernier Paris-Roubaix ce 8 avril 2012.
Photo : Farid Achache

Comme en 2005, Boonen s’adjuge le Tour des Flandres et Paris-Roubaix à une semaine d’intervalle. Il est le seul coureur désormais à avoir réalisé à deux reprises le « doublé » Flandres-Roubaix. De quoi effacer deux années difficiles et se réinventer un avenir à 31 ans.

Avec cette suprématie, on en oublierait presque les adieux de Frédéric Guesdon au cyclisme (vainqueur en 1997) et la deuxième place de Sébastien Turgot (Europcar), pris en étau entre deux anciens Champions du monde et premier Français sur un podium depuis 1997. Ainsi que le nouvel accessit d’Alessandro Ballan après sa troisième place dans la « Ronde » dimanche dernier.

En ce week-end pascal, pour Tom Boonen, la messe est dite. « Je suis le meilleur coureur de l’histoire sur les pavés et ma carrière n’est pas finie ».

Classement de la 110e édition de Paris-Roubaix :

1. Tom Boonen (BEL/OPQ) les 257,5 km en 5h55:22.
(moyenne: 43,476 km/h)
2. Sébastien Turgot (FRA/EUC) à 1:39.
3. Alessandro Ballan (ITA/BMC) 1:39.
4. Juan Antonio Flecha (ESP/SKY) 1:39.
5. Niki Terpstra (NED/OPQ) 1:39.
6. Lars Boom (NED/RAB) 1:43.
7. Matteo Tosatto (ITA/SAX) 3:31.
8. Mathew Hayman (AUS/SKY) 3:31.
9. Johan Van Summeren (BEL/GRM) 3:31.
10. Maarten Wijnants (BEL/RAB)

tags: Cyclisme - France - Sports
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