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Article publié le : vendredi 01 juin 2012 à 18:28 - Dernière modification le : mardi 24 juillet 2012 à 09:53

JO 2012 : Chitou Shafiq, le moteur diésel, entend ramener une médaille au Bénin

Le boxeur béninois Shafiq Chitou.
Le boxeur béninois Shafiq Chitou.
istanbulls.org

Par Félix Sohoundé Pépéripé

Après les frères Ogoudjobi Stanislas et Moloïsé en Taekwondo, Shafiq Chitou est le troisième athlète béninois à avoir qualifié son pays pour les JO 2012, non pas sur la base de l’universalité des Jeux, mais directement sur le ring. C’était du 28 avril au 5 mai dernier à Casablanca. Le jeune champion du Bénin des poids légers (60 kg) affirme que l’essentiel aujourd’hui, n’est plus de participer, mais de gagner. Portrait.

Onzième d’une famille de quatorze enfants, Shafiq (1,68m pour 60 kg) est né le 23 mai 1985 à Cotonou. De père musulman et de mère chrétienne, Shafiq est analphabète. Après deux ans d’apprentissage en mécanique moto, l’enfant terrible de la boxe béninoise choisit de devenir peintre en bâtiment. Il est d’ailleurs en congés de libération. Sociétaire du club Harlem, il s’entraîne deux fois par jour, du lundi au samedi matin.

Une expérience difficile en Turquie

Shafiq a débuté la boxe en 2005 grâce à Sévérin Olubi, ancien champion d’Afrique des poids moyens et super moyens, gaucher comme lui, dont il est fan. Ce dernier fut son premier entraîneur avant de le confier plus tard à Roger Kpessou. « Les conditions de travail sont dures. Nous n’avons pas de salle de gym et des spécialistes pour nous suivre. On se débrouille avec des moyens rudimentaires. Parfois, venir aux séances d’entraînement pose des problèmes, parce que nous n’avons pas les moyens pour nous y rendre. Imaginez un champion du Bénin comme moi prendre un ‘"zémidjan" (Ndlr. taxi moto) pour me rendre aux entraînements. C’est pourtant la vérité. Nos autorités préfèrent s’occuper du football où il y a beaucoup d’argent que de se consacrer à nous. Cela démotive, décourage ; pourtant, moi, je puise ma force et mon énergie à partir de là. Mon mental est fort. Je veux aller loin. »

Shafiq était à Istanbul (Turquie) en 2010, où il participa aux «World series of boxing. » Malheureusement, les choses ne se sont pas bien passées là-bas, du moins, comme il l’aurait souhaité : « J’ai fait trois combats qui se sont soldés par des défaites mais les Turcs ont  trouvé que j'avais beaucoup d’avenir. Ils m’ont fait signer un contrat de trois ans. Après six mois passés à Istanbul, je suis rentré à Cotonou. Je les ai appelé en vain. Cette expédition m’a pourtant permis d’avoir un plus. J’ai côtoyé plusieurs grands pugilistes et j’ai beaucoup appris. Toutes ces expériences ont certainement joué dans ma qualification. Je rends grâce à Allah le Tout-Puissant, car je prie avant de monter sur un ring. »

Forces et faiblesses

L’enfant de Dani Chitou (nom de son père, retraité de l’Office béninois de cinéma et aujourd’hui Alpha dans une mosquée de Porto-Novo) et de Marguérite Métonou (nom de sa mère, ménagère) est un coriace du ring. Son atout, c’est qu’il est gaucher, et à bonne garde. Il bouge beaucoup sur le ring pour fatiguer son adversaire tout en décochant des uppercuts, directs, crochets…

Son péché mignon est qu’il rentre dans le vif du combat avec retard. En effet, Shafiq ressemble à un moteur diésel. Ce n’est qu’après le quatrième round qu’il devient véritablement agressif. « Je dois travailler ma condition physique. Je me prépare avec les moyens de bord. Je pense revenir avec une médaille au pays, plaise à Dieu. »
Au niveau de la Fédération béninoise de boxe, on met les petits plats dans les grands pour envoyer Shafiq en stage de préparation en France. Les Béninois sont de tout cœur avec l’enfant prodige.

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