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La vie rêvée de Laurent Jalabert

A l’occasion de la sortie du livre Le Jalabert de Jean-Paul Vespini qui retrace une carrière bien remplie, nous avons rencontré le champion cycliste français Laurent Jalabert. Dans cet ouvrage édité par les éditions Jacob-Duvernet, le coureur retrace son parcours, sous forme de coupures de presse, de confidences et de documents d’archives. Un livre qui nous éclaire un peu plus sur ce parcours hors normes à quelques jours du départ du 99e Tour de France.
Dix ans après ses adieux au peloton, Laurent Jalabert n’a pas changé ou si peu. Calme, discret et toujours très « affûté » (il pratique actuellement le marathon et le triathlon), le meilleur coureur français de sa génération reste toujours passionné par le cyclisme, en toute simplicité.
« C’est un livre qui m’a fait du bien »
Deux fois maillot à pois et maillot vert de la Grande Boucle, Laurent Jalabert revient sur son parcours dans un ouvrage où se mêlent souvenirs d’enfance, carrière et reconversion. « J’avais envie de m'exprimer sur une époque de ma vie qui a été quand même très réjouissante », annonce l’ancien coureur.
Cet album très personnel débute par des images qui prouvent à quel point le futur champion était amoureux de son sport. « Je me suis arrêté un instant sur mon enfance et mon adolescence. Je voulais me remémorer les débuts de cette passion, les premières courses et mon entourage de l’époque. Et raconter les débuts de cette passion », confie Laurent Jalabert. Il avoue : « C’est un livre qui m’a fait du bien. Cela m’a fait prendre conscience du chemin parcouru entre l’adolescence et ce que je suis aujourd’hui ». Un parcours impressionnant qui fera de lui le numéro un mondial au classement de l’Union cycliste internationale pendant plusieurs années.
Milan San-Remo, le « graal » de sa carrière
« Quand on est jeune, on rêve, et d’ailleurs, je rêve encore beaucoup car je suis encore très jeune (rires) ». Cette aspiration a fini par prendre forme un jour de juillet 1990 avec cette première victoire sur Paris-Bourges. De ses premières années de coureur professionnel, le Mazamétain garde un souvenir précis. « Cela a été une découverte avec beaucoup d’interrogations, j’étais de nature très timide et très attentif à ce que disaient les anciens. On était davantage à leur service contrairement à aujourd’hui où l’on voit des néo professionnels arriver et tenter d’expliquer ce qu’il faut faire aux coureurs plus expérimentés ». Mais Laurent Jalabert apprend vite, en atteste cet extraordinaire palmarès de 138 victoires dont Milan San-Remo.
C'est à ses yeux la plus belle des classiques, sa première. Le 20 mars 1995, il triomphe sur la Via Roma en battant l’italien Mauricio Fondriest au sprint. « Je ne sais pas pourquoi, mais c’est une classique qui m’a toujours fascinée. Peut-être parce que c’est la première de l’année. De plus, elle revêt un caractère très particulier car à l’époque où j’ai débuté, il y avait un vivier de champions en Italie. Avec Milan San-Remo, c’était toucher du doigt l’inaccessible et remporter la course de mes rêves. C’est ma plus belle réussite », se félicite Laurent Jalabert. L'année 1995 reste une saison marquante, il remporte son premier Paris-Nice et le Tour d’Espagne. Et aussi l'étape de Mende un 14 juillet sur la Grande Boucle, encore un grand coup de « Jaja ».
Mais une carrière est aussi faite de déception. Pour Laurent Jalabert, ce sera Liège-Batstogne-Liège, la doyenne des classiques. « J’ai eu plus d’échecs que de réussites, dans ce sport, on apprend à gagner mais aussi à perdre. Et la plus grosse déception pour moi aura été de ne pas avoir remporter "La Liège" et le championnat du monde à Benidorm en 1992 (Espagne) ». Dans la commune de Ans, il s’incline deux années de suite face à Michele Bartoli (1997 et 1998). « Franchement je ne serais pas parti en vacances avec lui, on n’était pas pote ! », reconnaît Laurent Jalabert. « Pourtant, c’était le parcours idéal pour moi », ajoute-t-il. Lors du mondial en Espagne, l'Italien Gianni Bugno s'empare du titre.
Le plus Espagnol des Français
C’est en 1992 que Laurent Jalabert s’engage dans une équipe espagnole, la Once. L’histoire d’amour dure neuf ans. Aujourd’hui, « Jaja » est conscient d’avoir couru dans une équipe visionnaire qui avait emboité le pas au cyclisme moderne. La Once était une des seules équipes du circuit à avoir des coureurs de différentes nationalités (Australiens, Colombiens, Hollandais, Belges, Américains, Français et bien évidemment Espagnols), un bus considéré comme luxueux et du matériel à la pointe.
Un entraînement spécifique avait fait place aux méthodes empiriques de l'époque. « C’était une équipe très professionnelle et chaque salarié, quel que soit son statut et son grade, avait l’amour du succès. Je m’y suis senti bien, j’ai trouvé un équilibre et j’y suis resté ». Sous le maillot de la Once et la direction de Manolo Saiz, Laurent Jalabert obtient plus de 100 victoires.
Mais comme souvent, les belles histoires ont une fin. « J’avais trente deux ans, un peu baissé de niveau, et je ne représentais plus l’avenir. J’ai commencé à sentir que j’étais moins intéressant et qu’on me poussait vers la sortie par des petits détails. Comme moi, Manolo avait un fort caractère et on s’est braqué. Chacun a campé sur ses positions et cela s’est soldé par une rupture », concède Jalabert.
Le Tour de France comme apogée
Après une année 1999 où il ne court pas en France (la Once ne souhaite pas participer au calendrier français car elle s'estime malmenée après l'affaire Festina), Jalabert envisage son retour avec l’équipe de Jean-René Bernaudeau (Bonjour). « Nous n’avons jamais évoqué de chiffre (salaire) mais en octobre, on m’a annoncé que le groupe était complet ». L'homme se retrouve dans une impasse, sans autre solution que de partir de nouveau à l’étranger.
Grâce à Bjarne Riis (vainqueur du Tour de France 1996), qui devient manager de l’équipe CSC-Tiscali, Laurent Jalabert rebondit. L’équipe de deuxième division souhaite participer à la Grande Boucle et « Jaja » est un précieux sésame pour espérer une sélection au Tour de France. Une équipe sans trop de moyen mais qui va lui permettre de vivre une fin de carrière magique. Marché conclu, à condition qu’il puisse courir en France le plus souvent possible. Voilà comment le coureur va retrouver son public avec comme apogée ses deux maillots à pois dans le Tour de France (2001 et 2002). « J’avais envie de renouer avec mon public et de retrouver le plaisir de pédaler. Je me sentais libre ».
Un consultant de luxe
En juin 2002, Laurent Jalabert décide de mettre un terme à sa carrière. Mais pas n’importe comment. Ce sera avec le maillot de l’équipe de France sur le dos, lors des championnats du monde en octobre à Zolder (Belgique). « Je suis Français et je voulais arrêter sur une course où je porte le maillot tricolore. Manque de bol, c’était un circuit tout plat destiné aux sprinteurs et je n‘avais pas grand chose à espérer ce jour-là », admet le coureur qui est actuellement le sélectionneur national. Depuis sa chute spectaculaire à Armentières en 1994 sur le Tour de France, Laurent Jalabert ne fait plus parti des casse-cou du peloton. A l'issue de cette journée très émouvante, « Le Panda » tire sa révérence au monde du vélo un soir d'automne, mais pas pour longtemps.
Sa fin de carrière bien médiatisée va lui permettre de rebondir comme consultant. « Je ne voulais pas tourner le dos au milieu du vélo et je souhaitais participer aux moments forts de la saison. J’avais envie de collaborer avec les médias et le message a été entendu par France Télévision et RTL ». Il déclare tout de même : « J’ai eu des relations parfois difficiles avec la presse et j’avoue que ce travail de consultant m’a permis de relativiser. Quand on est coureur, on a tendance à être un peu égocentrique. Je me suis rendu compte que de l’autre côté de la barrière, ce n’était pas non plus facile ».
A l'approche du 99e Tour de France, Laurent Jalabert tiendra une nouvelle fois le micro, comme il a si bien tenu le guidon.

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