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L'été sera chaud pour Jean-Christophe Péraud

Le coureur Jean-Christophe Péraud a commencé sa carrière professionnelle sur route à l'âge de 32 ans, en 2010, après avoir été vice-champion olympique de VTT à Pékin en 2008. Pour son deuxième Tour de France qu'il a terminé 9e en 2011, ce membre de l'équipe AG2R La Mondiale est désigné co-leader avec Nicolas Roche. Mais il sera aussi aux JO de Londres pour le VTT. Un sacré programme en perspective...
RFI : Vous allez vivre un été très dense avec une participation au Tour de France et une autre aux Jeux Olympiques de Londres en VTT. C’est un programme de folie non ?
Jean-Christophe Péraud : Oui c’est certain que cela va être dense. Mais il y a quand même trois semaines entre la fin du Tour et l'épreuve olympique de VTT. Je pense que j’aurais le temps de récupérer et de préparer cette deuxième échéance.
Il y a quatre ans, vous aviez déclaré : « Le VTT est un sport de maturité, alors, sait- on jamais, si j’ai encore les jambes à 35 ans, on me verra peut-être aux Jeux de Londres ». Le rêve est devenu réalité.
Jean-Christophe Péraud : C’est une réalité même si cela a été compliqué pour obtenir ma sélection. Mais je suis bien content d’avoir réussi ce pari. Tout cela est une histoire d’envie !
RFI : Vice-champion olympique à Pékin, quel est votre ambition pour Londres ?
Jean-Christophe Péraud : Objectivement ce serait prétentieux de viser l’or quand on connaît la concurrence. Même si je garde quand même en tête que tout est possible.
RFI : Justement, comment avez-vous fait pour allier les deux disciplines ?
Jean-Christophe Péraud : J’ai quand même un gros passé de vététiste que j'ai pratiqué pendant 15 ans. Je prépare surtout la route et je fais une séance de VTT hebdomadaire, ce qui me semble suffisant pour avoir un bon niveau.
RFI : Anciens vététistes, Cadel Evans a gagné le Tour de France et Ryder Hesjedal le Tour d'Italie. Comment expliquez-vous que le passage du VTT à la route soit souvent une réussite ?
Jean-Christophe Péraud : Comme le VTT est exclusivement physique sans trop de tactique, on apprend très rapidement à gérer des efforts maximum. Le VTT peut s’apparenter à un contre-la-montre qui dure deux heures, c’est avant tout des capacités physiques qui sont mises en avant, ce qui permet d’être performant sur la route.
RFI : Désigné leader de l’équipe AG2R-La Mondiale avec l'Irlandais Nicolas Roche, où en êtes-vous dans votre préparation ? Quelle est votre ambition ?
Jean-Christophe Péraud : Ces derniers temps, j’ai eu des moments difficiles, peut-être du fait d’un calendrier assez chargé. Mais j’espère être sur la bonne voie car j’ai récupéré et je me suis de nouveau entraîné. Cela devrait porter ses fruits sur le Tour. C'est vrai que j’étais en meilleure condition l’an dernier sur le Dauphiné et que sur cette édition 2012 je n’ai pas eu la possibilité de m’exprimer pleinement. J'ai profité des trois semaines qu’il y a entre la fin du Dauphiné et le début du Tour pour être bien au départ à Liège. Les années se suivent et ne se ressemblent pas nécessairement. Rééditer la performance de 2011 serait un bel exploit.
RFI : Avec un parcours où le contre-la-montre aura une part importante (environ 110 km), est-ce un avantage pour vous ? Je rappelle que vous avez été champion de France du contre-la-montre en 2009.
Jean-Christophe Péraud : Encore une fois tout dépendra de ma condition physique. Au meilleur de ma forme par rapport à mes concurrents directs, (je ne parle pas de Bradley Wiggins ou Cadel Evans), cela pourra m’avantager un peu.
RFI : En l’absence d’Andy Schleck, quel est selon vous le coureur capable de dynamiter la course en montagne pour résister aux deux grands rouleurs que sont Cadel Evans et Bradley Wiggins ?
Jean-Christophe Péraud : Au vu de ce qui c’est passé sur le Dauphiné, ce sera à Cadel Evans d’être à l’attaque. Je pense qu’il va y avoir un duel Evans-Wiggins et étant donné la force de l’équipe Sky, je crois qu’Evans devra attaquer. Pour moi, ce sera principalement les deux grands favoris si l’on excepte un retour sur le devant de la scène d’Alejandro Valverde (Movistar) qui a été très fort en début de saison (Il vient de terminer 9 e au Tour de Suisse, ndlr). Robert Gesink (Rabobank) pourrait être aussi un outsider (4e au Tour de Suisse, ndlr).
RFI : Que vous inspire le parcours 2012, quelles sont les grandes difficultés et les points stratégiques ?
Jean-Christophe Péraud : Les points stratégiques seront comme souvent les arrivées en haute montagne et les contre-la-montre. Il faudra aussi se méfier des étapes de moyenne montagne comme dans les Vosges avec La Planche des Belles Filles (7juillet). Mais dès le début du Tour en Belgique, il peut y avoir des surprises sur des étapes de plaine ventées qui sont propices aux bordures et même aux chutes. Vous savez, tout peut arriver au Tour de France.
RFI : Quel souvenir gardez-vous de votre premier Tour de France en 2011 ?
Jean-Christophe Péraud : Sans hésiter, l’arrivée sur les Champs-Elysées. C’est une grande satisfaction de terminer l’épreuve. C’est le moment où l'on peut relâcher la pression et savourer pleinement.

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