Corinthians-Boca, énorme duel dans la Coupe Libertadores

Deux des équipes les plus populaires d'Amérique du Sud, Corinthians et Boca Juniors, disputeront la finale de la Coupe Libertadores 2012, la Ligue des champions de ce continent (match aller le 27 juin, retour le 4 juillet). Une confrontation rêvée entre le club de Sao Paulo, qui accède à sa première finale en 101 ans, et le champion d'Argentine, qui vise son septième succès dans l'épreuve.
Cinq ans après son dernier succès, en 2007, face à Gremio, autre équipe brésilienne, Boca Juniors tentera d'accrocher sa septième Coupe Libertadores, égalant le record détenu par Independiente, pensionnaire lui aussi du championnat argentin. Devenu le spécialiste de cette compétition, version sud-américaine de la Ligue des champions, le club de Buenos-Aires rêve même d'une triple couronne inédite. Boca Juniors est en effet en course pour remporter le Tournoi de Clôture du championnat argentin, deux points derrière les co-leaders Arsenal et Tigre à une journée de la fin, et il disputera en août la finale de la Coupe d'Argentine face au Racing Club.
Calendrier surchargé pour Boca Juniors
Vainqueur en décembre du Tournoi d’Ouverture (le championnat argentin met en jeu deux trophées par saison), le club au maillot bleu et or rêve surtout de ce sacre continental qui lui permettrait de disputer le Mondial des clubs. Confronté à un calendrier très serré, avec la 19e journée du championnat dimanche 24 juin, suivi trois jours plus tard de la finale aller de la Libertadores puis, une semaine après, de la finale retour avec, au milieu, d'éventuels barrages pour le titre national, l'entraîner Julio Cesar Falcione a clairement l'intention de ménager ses principaux joueurs en les réservant pour la finale contre Corinthians.
Parmi ces stars, l'inusable Juan Roman Riquelme qui, malgré les 34 ans qu'il va fêter dimanche, vit une nouvelle jeunesse. Mercredi, il a encore montré tout son talent à Santiago du Chili pour éliminer le dernier obstacle vers la finale, l'Universidad de Chile, tenu en échec sur sa pelouse (0-0) après la victoire de Boca au match aller (2-0). Son toucher de balle exceptionnel, sa belle frappe (un tir sur la barre) et sa vision du jeu ont encore fait merveille, même s'il a fini très fatigué. Comme lui, d'autres joueurs trentenaires seront donc ménagés, dont Clemente Rodriguez, le latéral gauche qui vient de retrouver l'équipe nationale, ou le bientôt quadragénaire Rolando Schiavi. Des pièces essentielles dans la belle campagne de Boca Juniors, qui avait déjà éliminé un autre club brésilien, Fluminense, en quarts de finale. Sans oublier Agustin Orion, le gardien qui a sauvé à plusieurs reprises son équipe face à l'Universidad de Chile...
Si l'expérience compte dans ce genre de finale, Boca est largement favori. Depuis l'an 2000, le club de Buenos Aires a déjà remporté trois finales face à des adversaires brésiliens: Palmeiras (2000), Santos (2003) et Gremio (2007). Un ascendant psychologique certain à l'heure d'aller chercher un titre que le football brésilien détient depuis deux saisons avec Internacional Porto Alegre (2010) et Santos (2011). Pourtant, Boca a manqué les deux dernières éditions de son tournoi fétiche...
Corinthians, un outsider qui en veut
S'il fait figure d'outsider, Corinthians a cependant quelques atouts à faire valoir, à commencer par l'avantage de disputer la finale retour, le 4 juillet, dans son fief de Sao Paulo. Le « Timao » (l'équipe en portugais) peut aussi se flatter d'avoir éliminé le tenant du titre, le Santos de Neymar, la jeune star du football brésilien (1-0 et 1-1) et d'être la seule équipe invaincue de cette édition, avec seulement trois buts encaissés en douze matches. De quoi se rassurer après un début de championnat calamiteux au Brasileirao, le tournoi brésilien, Corinthians occupant après cinq journées la lanterne rouge avec un seul point. Club le plus populaire de Sao Paulo et l'un des plus soutenus dans cet immense pays avec Flamengo, Corinthians pâtit d'un palmarès indigne de sa renommée. C'est particulièrement vrai dans la Coupe Libertadores, où le meilleur résultat de ce club plus que centenaire était jusqu'à présent une demi-finale perdue en 2000 face à Palmeiras.
Fort curieusement, Corinthians, qui a eu dans ses rangs de très grands noms du football brésilien, dont Ronaldo et Roberto Carlos, réussit sa plus belle campagne continentale avec une équipe sans vedettes. Sa force est plutôt dans la confiance qui l'habite et une combativité parfois brouillonne mais efficace dans ce type de tournoi à élimination directe. Il doit ses performances avant tout à une défense intraitable, avec des joueurs d'expérience. Il évolue en 4-4-2, sans avant-centre mais avec deux pointes offensives, Alex et Danilo. Etre outsider lui va très bien. Et si ses atouts sont moindres que pour Boca, il croit dur comme fer en ses chances de devenir le neuvième club brésilien à remporter la Coupe Libertadores.

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