Vincent Lavenu: «On arrive sur notre terrain de jeu»

Vincent Lavenu, manager général de l'équipe cycliste française AG2R La Mondiale, s'apprête a faire son 18e Tour de France. L'homme qui est devenu une figure dans le paysage du cyclisme français, nous livre les ambitions de ses coureurs et les enjeux cette nouvelle édition.
RFI : On est à quelques jours du début du Tour de France. Comment se présente l’équipe à l’approche de cet évènement ?
Vincent Lavenu : Je sens une équipe en mouvement, motivée, qui est prête à aller dans les échappées. Elle a d’ailleurs débloqué le compteur depuis quelques semaines. Je pense qu’on arrive sur notre terrain de jeu. Le Tour de France est l’objectif majeur de la saison. Nous avons une configuration d’équipe qui correspond tout à fait à ce type d’épreuves, avec des coureurs qui ont déjà gagné par le passé des étapes sur le Tour, et qui se sont bien comportés pour des classements généraux. On arrive juste à maturité pour faire un bon résultat sur le Tour 2012.
RFI : Justement, quelles sont les ambitions de l’équipe AG2R La Mondiale sur le Tour de France 2012 ?
Vincent Lavenu : La première ambition, c’est un bon classement général. Nous avons deux leaders : ce sera Jean-Christophe Péraud, qui a terminé 9e l’année dernière, et Nicolas Roche, qui a fait un beau Tour de Suisse (10e). Le deuxième objectif sera de gagner une étape, parce que ça libère tout le monde et que ça apporte une notoriété tellement importante que c’est absolument nécessaire. Il faudra également faire un bon classement général par équipes parce que ça correspond aux valeurs qui sont les nôtres, et celles de nos partenaires.
RFI : Comment jugez-vous l’opposition dans cette nouvelle édition ?
Vincent Lavenu : Pour moi, il y a un leader qui se détache vraiment, c’est Bradley Wiggins. Déjà, il a réussi tous ses objectifs depuis le début de saison, en remportant Paris-Nice, le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné. Il maîtrise totalement son sujet. C’est le coureur le plus fort du monde en contre-la-montre. On connaît aussi l’impact des chronos pour le classement final d’un grand Tour. Puis, il est surtout associé à une équipe surpuissante (Sky). Ils ont fait une démonstration de force sur le Dauphiné comme j’ai rarement vu. Au départ du Tour, pour moi c’est Bradley Wiggins le numéro un. Il ne faut évidemment pas enterrer Cadel Evans, qui est un coureur sérieux, appliqué et qui a également à côté de lui une équipe solide.
RFI : Pour 2012, que peut-on attendre des coureurs français après leur beau Tour 2011 ?
Vincent Lavenu : Pour l’instant, on n’a pas vraiment de grands coureurs français capables de faire la différence. On a pu s’en rendre compte sur le dernier Dauphiné. Par contre, il y a des jeunes coureurs qui ont envie de réussir avec une motivation extraordinaire. Jérôme Coppel en fait partie. Chez nous, nous avons Jean-Christophe Péraud et aussi Blel Kadri, qui seront sûrement à leur meilleur niveau. Et dans toutes les équipes, il y a des coureurs comme ça. Donc vous pouvez compter sur les jeunes Français pour essayer de dynamiter la course.
RFI : Autant de réussites qu’en 2011 ?
Vincent Lavenu : Peut-être pas, parce que Thomas Voeckler avait été évidemment extraordinaire, Pierre Rolland aussi. Mais vous pouvez compter sur les Français pour aller de l’avant.
RFI : Vous aller aborder votre 18e Tour de France. Qu’est-ce qui a profondément changé dans la Grande Boucle ?
Vincent Lavenu : La puissance des équipes. Il y a des enjeux sportifs, économiques qui sont tels, que les équipes sont organisées de manière extrêmement puissante. Avant, on pouvait arriver avec une petite équipe et espérer, pourquoi pas, gagner le Tour de France. Aujourd’hui, ça paraît illusoire.

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(1) Réaction
Emission Après-Tour ?...
Emission "Après Tour", juste un tout petit quart d'heure avec Gérard Holtz. Va-t-on vers l'agonie du Tour de France, bien orchestrée et engagée avec ce harcèlement continu des "affaires de dopage" qui, curieusement, n'existent, depuis des décennies, que dans le cyclisme sur route, alors que les cyclistes sur piste, hommes et femmes, sont manifestement anabolisés à outrance(témoin leurs cuisses et fessiers de boeufs charolais)et les records qui n'arrêtent pas de tomber dans tous les autres sports.
Pourquoi ne se pose-t-on pas de questions sur les tennismen dont la puissance et l'endurance ne cessent d'augmenter :On dépasse allègrement les 200kms heures des balles de service tout au long de matches, quel que soit la durée, souvent très longue, des matches ?...
L'explication n'est-elle pas dans le fait que nos "grands argentiers" grincent des dents en voyant constamment 12 millions de spectateurs , lâchés dans la nature et et8eLhr rapportant aucune TVA sur les places ?...