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Une première semaine éprouvante
Après une semaine de course, le peloton a quitté les routes nerveuses et les arrivées au sprint pour trois journées qui vont changer la physionomie de la course. Retour sur une semaine mouvementée où pas mal de leaders y ont laissé des plumes. La cause : des chutes à répétition.
De notre envoyé spécial sur le Tour de France,
Le peloton qui pensait rallier Metz en roue libre lors de la 6e étape (vendredi 6 juillet) avait visiblement mal dormi. Après cette journée apocalyptique qui a contraint plusieurs coureurs à abandonner cette édition, les visages semblaient fermés au départ à Tomblaine. Une hécatombe qui a contraint huit coureurs à dire stop au Tour de France. Le triple champion du monde, Oscar Freire, non sélectionné l'année dernière et qui venait ici disputer sa dernière Grande Boucle, était encore hospitalisé ce samedi matin. D'autres Espagnols comme les huit coureurs de la formation Movistar, avaient, eux aussi, eu droit à un vol plané. Le leader de l'équipe, Alejandro Valverde est désormais pointé à 4'50'' de Bradley Wiggins.
« Je n’avais jamais rien vu de cela »
Pour son premier Tour de France, l’Allemand Dominik Nerz, coéquipier du « Big Three », Sagan, Nibali, Basso, n’en revenait pas. Avant le départ de la 7e étape (Tomblaine-La Planche des Belles filles), le jeune coureur, couvert de pansements, expliquait : « Je n’avais jamais rien vu de cela depuis que je suis passé professionnel. Il y avait des coursiers complètement sonnés sur le bas-côté, des vélos cassés en deux et du matériel partout sur la chaussée. »
Le Tour de France qui peut vous sourire comme vous anéantir a pour l’instant épargné l’équipe italienne Liquigas, actuellement au top. Vicenzo Nibali est 3e à 16 secondes de Bradley Wiggins. « Depuis Liège, je suis sur les freins, le regard fixé deux ou trois rangs devant moi, à guetter le moindre écart », a tout de même avoué le coureur italien à notre confrère du journal L’Equipe. Yann Huguet (Argos-Shimano) qui découvre aussi la course la plus regardée au monde confie : « Quelle semaine. Des chutes, de la nervosité, de la casse. On veut tous faire le Tour, mais à quel prix ! »
La fatigue psychique de la première semaine
Alain Gallopin, directeur sportif de l’équipe RadioShack, qui connaît très bien cette course (il a dirigé entre autres Alberto Contador chez Astana) indique : « On quitte l’hôtel tôt le matin et on rentre tard le soir. On fait environ deux cent kilomètres de vélo tous les jours et surtout, les arrivées sont souvent chaotiques comme par exemple hier. Oui, il y a de la fatigue et de la nervosité comme toujours sur le Tour de France. Il y a beaucoup d’enjeu, la télévision, les risques de chute. Tout le monde connaît les risques de la première semaine et tout le monde est fatigué ».
S'il y a un premier, il y a forcément un dernier. Brice Feillu, pour l’instant lanterne rouge de cette édition, admet : « On voit bien qu’il y a de la fatigue générale avec toutes ces chutes. Cela va être difficile pour beaucoup de gars. En ce qui me concerne, je dois reprendre des forces. Je l’ai constaté hier sur un ”coup de bordure”, juste avant la chute. » Avant d'ajouter un peu dépité : « Je n’ai pas le droit de jeter l’éponge ».
« Selon moi, le peloton est plus blessé que fatigué ». C’est le constat que fait Bernard Thévenet, double vainqueur du Tour en 1975 et 1977. « Maintenant, les coureurs arrivent dans un très bon état de forme. Effectivement, un coureur qui a des blessures a du mal à dormir. Là, cela devient compliqué quand tu dors mal plusieurs nuits de suite. Mais il faut le dire, à ”frotter ” comme des malades pendant plusieurs jours, on y laisse beaucoup d’influx nerveux ».
Encore deux jours et le peloton va pouvoir profiter de son premier jour de repos. De quoi retrouver ses esprits pour la plupart des participants.

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