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Didier Deschamps, l’homme de la situation
Après une semaine de flottement, la FFF et Didier Deschamps sont tombés d’accord dimanche pour que le capitaine des Bleus champions du monde et d’Europe en 1998-2000 prenne la succession de Laurent Blanc à la tête de l’équipe de France. Nommé pour deux ans reconductibles, l’ancien entraîneur de l’OM devrait imposer plus de rigueur et de discipline.
Capitaine des Bleus à 52 reprises en 103 sélections, Didier Deschamps dispose d’une autorité naturelle et aussi d’un palmarès - à la fois comme joueur et comme entraîneur - qui faisaient de lui l’homme de la situation pour diriger l’équipe de France. Deux ans après le fiasco de Knysna en Afrique du sud et deux semaines après un Euro en Ukraine lors duquel l’équipe de France fut encore loin d’être exemplaire, celui qui vient de passer trois ans à la tête de l’OM a finalement accepté la mission après s’être octroyé une semaine de réflexion, un délai qui était nécessaire aux deux parties pour tomber d’accord.
La teneur des négociations
« Toutes les négociations ont porté en fait sur la durée du contrat, explique Gilles Verdez, chroniqueur attitré de l’émission Radio foot Internationale et grand spécialiste de l’équipe de France. Didier Deschamps voulait un bail longue durée, une mission sur quatre ans, qui ne dépendait pas forcément des résultats du Mondial-2014 et d’une qualification qui sera dure à obtenir pour les Bleus. Donc voilà. Ça a beaucoup discuté et ça a porté là-dessus. Le bail est finalement de deux ans, plus deux ans reconductibles, en cas de qualification à la Coupe du monde. C’est très important car ‘qualification’, ça voudra dire que s’il va avec ces Bleus au Mondial-2014, automatiquement il en reprend pour deux ans ».
« Plus de droit à l'erreur » a prévenu Deschamps |
Les joueurs (de l'équipe de France) n'ont plus droit à l'erreur a affirmé Didier Deschamps lors de sa première conférence de presse en tant que sélectionneur donnée lundi après-midi à Paris avec Noël Le Graët à ses côtés. « Je ne suis pas là pour menacer ou quoi que ce soit, a-t-il annoncé. Je fais confiance mais aujourd'hui la situation du football français est telle, on sera tous unanimes là-dessus, que les joueurs n'ont plus droit à l'erreur ».
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Les modalités du contrat
« Immédiatement après le départ de Laurent blanc, ajoute Gilles Verdez, Noël Le Graët a dit : ‘je veux Deschamps’. Mais Deschamps, dans sa tête, sortait d’une négociation très compliquée avec Marseille. Il était usé, fatigué. Et il a dit à Le Graët : ‘je veux prendre du recul’. Deschamps voulait surtout s’assurer que sa famille était d’accord pour qu’il resigne immédiatement un bail, ce qui très engageant avec un club et a fortiori avec les Bleus. Donc, Deschamps a fait le point de son côté. Quand Deschamps a dit à Le Graët ‘on y va’, les deux hommes ont délégué des représentants : un cabinet d’avocats pour la Fédé et pour Didier Deschamps, son fidèle agent, Jean-Pierre Bernès, et également un avocat. Et là, on a réglé les modalités : durée du contrat, composition du staff puisque Deschamps voulait continuer à travailler avec Guy Stephan, son adjoint à l’OM ; et puis également d’autres détails comme le salaire du sélectionneur, les rémunérations du staff, l’organisation des Bleus. C’est une mission de sélectionneur mais Deschamps a mis l’accent sur la reconstruction du paysage entier, qui reste très dégradé autour de l’équipe de France ».
Deschamps comme une évidence
« Il fallait un champion du monde, assure le chroniqueur. Zidane, c’est un peu tôt. Paul Le Guen, c’est un homme de qualité, mais il n’est pas champion du monde. Pour moi, ces joueurs-là, et même si cela a été compliqué avec Blanc, il leur faut une référence, un champion du monde parce qu’ils ont le respect du titre et du palmarès. Pour les jeunes joueurs, le palmarès compte énormément. Donc Deschamps, avec son palmarès, son charisme et son organisation réunissait, pour moi, l’ensemble des paramètres pour prendre la relève et tenter de restaurer l’image dégradée de l’équipe de France ».
Ce qui va changer
« Ce qui va changer, c’est d’abord l’état d’esprit, précise notre spécialiste. Là, Deschamps imposera une discipline stricte. Ce serait facile de dire qu’avec Blanc il y a eu des dérives. Là n’est pas le problème. Ce sont des joueurs très difficiles à gérer, au sein d’une société elle-même extrêmement complexe, des joueurs starifiés avec des salaires de stars dès 19-20 ans, ce qui est très compliqué. Deschamps connaît ça, il a eu les mêmes problèmes à Marseille. Il sait gérer ça et il fera régner une discipline plus stricte. Le respect et l’amour du maillot entreront en ligne de compte. Je pense qu’il y aura une charte ou au moins des écarts qui seront sanctionnés, s’il y en a, mais il y en aura... Et ces écarts seront sanctionnés. Et puis évidemment, il y aura les résultats sportifs. Il faut se qualifier dans un groupe pour le Mondial-2014 qui est très relevé avec l’Espagne. Peut-être qu’on disputera les barrages, ce sera compliqué. Ca démarre bientôt en match amical avec l’Uruguay, dès le 15 août. Est-ce que Deschamps va ouvrir la sélection à d’autres joueurs ? C’est très possible ».

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